France - Espagne : “L’Espagne aura la possession ? Ce n’est pas sûr…” L’entraîneur Philippe Montanier décrypte la demi-finale de la Coupe du monde et voit les Bleus s’imposer
Ancien entraîneur de Rennes, de Lens ou de Toulouse, avec qui il a remporté la Coupe de France, Philippe Montanier décrypte la demi-finale de la Coupe du monde, ce mardi 14 juillet, entre la France et l’Espagne, un pays qu’il connaît bien pour y avoir entraîné la Real Sociedad d’Antoine Griezmann. Pour le coach récemment passé par Saint-Étienne, rien ne dit que l’Espagne aura la possession... Impressionné par l’équipe de France, il estime aussi qu’elle peut marquer l’histoire de la Coupe du mond
l'essentiel Ancien entraîneur de Rennes, de Lens ou de Toulouse, avec qui il a remporté la Coupe de France, Philippe Montanier décrypte la demi-finale de la Coupe du monde, ce mardi 14 juillet, entre la France et l’Espagne, un pays qu’il connaît bien pour y avoir entraîné la Real Sociedad d’Antoine Griezmann. Pour le coach récemment passé par Saint-Étienne, rien ne dit que l’Espagne aura la possession... Impressionné par l’équipe de France, il estime aussi qu’elle peut marquer l’histoire de la Coupe du monde, au même titre que le Brésil en 1958 ou les Pays-Bas en 1974.
Quand nous vous avons proposé cette interview, vous avez répondu que vous étiez d’accord pour décrypter cette "finale avant l’heure". Cela sous-entend que pour vous, la France et l’Espagne sont les deux meilleures équipes du tournoi ?
Je trouve. Celles qui sont les plus complètes, qui ont une forme de domination et que l’on sent supérieures. Je vois l’Argentine qui souffre quand même beaucoup, qui s’en remet à Messi, alors que les collectifs de l’équipe de France et de l’Espagne sont plus complets.
Au vu des styles de jeu des deux équipes, à quel scénario de match vous attendez-vous ?
On met souvent en avant le jeu de position et la maîtrise collective de l’Espagne, mais on s’est aperçu que la France performait bien à ce niveau également. Si on imagine que l’Espagne est plutôt dominatrice dans la possession, dans le camp de l’équipe de France, ça peut être un vrai danger pour la Roja, parce qu’on a vraiment un quatuor offensif performant, et en attaque rapide, on est presque inarrêtables. Et durant cette Coupe du monde, on s’est aperçus qu’avec ce quatuor offensif, on est aussi très habiles en attaques placées. Je trouve qu’on a vraiment les arguments pour contrarier cette équipe championne d’Europe.
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Si on imagine une Espagne avec la possession, elle peut, comme vous le soulignez, s’exposer dans son dos. Comment jugez-vous le niveau défensif de l’Espagne dans ce domaine ?
On a vu que c’était une super défense, qui n’avait pas encaissé le moindre but avant le quart de finale face à la Belgique. Mais lors de ce match, elle a aussi été en difficulté sur quelques contre-attaques. Et si les Belges ont des arguments, la France en a peut-être encore plus dans ce domaine. Et puis, on est aussi extrêmement solides défensivement au milieu. On a vraiment une équipe qui a peu de points faibles…
L’Espagne d’aujourd’hui est-elle moins forte que l’Espagne qui a remporté l’Euro en 2024 ?
Lors de l’Euro 2024, l’Espagne avait toujours son jeu de possession, mais avait ajouté une force en attaque rapide, avec Lamine Yamal et Nico Williams. Yamal reste le facteur X de cette équipe. Le premier match contre le Cap-Vert (0-0), forcément l’Espagne est dominante, mais sans Yamal, il n’y avait pas cette étincelle offensive. Et Williams est forfait. À l’Euro, on se disait que les Espagnols étaient vraiment injouables, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Ils sont toujours bons dans la maîtrise, ils ont une grosse défense, mais l’équipe de France, armée comme elle est, peut forcément les mettre en difficulté.
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Êtes-vous impressionné par l’équipe de France, notamment au regard de la crainte que l’on pouvait avoir avant le début du tournoi de voir une équipe déséquilibrée ?
Je n’en étais pas persuadé. C’est un 4-2-3-1. Forcément, ça tranche avec le 4-3-3 classique qu’on avait auparavant, avec un milieu très fourni avec Tchouaméni – Rabiot – Kanté comme à l’Euro. Aujourd’hui, on a un quatuor (Dembélé, Olise, Mbappé, Doué/Barcola) que l’on est presque dans l’obligation d’aligner, mais la très bonne nouvelle, c’est que ces quatre-là font un travail défensif énorme. Donc le déséquilibre n’existe pas.
Quelles seront les clés de ce match ? Si l’Espagne a le ballon…
(il coupe) Ce n’est pas sûr ! Ce n’est pas sûr qu’ils aient plus le ballon. On le suppose, mais j’ai trouvé que la France avait, techniquement, un niveau très élevé et qu’en jeu de possession, pendant le tournoi, elle a été à un très bon niveau aussi. Je pense que quand la France aura le ballon, ce ne sera pas si simple de le récupérer.
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Un pronostic pour terminer ?
2-0 pour la France. Je suis optimiste. L’équipe me plaît beaucoup, et surtout l’état d’esprit. Là, il faut rendre hommage à Didier Deschamps. Il y a un état d’esprit exceptionnel. Les joueurs veulent faire briller leurs copains, les attaquants défendent comme des chiens. Ça, c’est quand même un gage de qualité qu’il y a eu tout le long du tournoi. Et puis, on a des individualités hors normes… Non seulement ils sont dans le collectif, puis à un moment donné, ils vont faire un exploit individuel. Si ça coince, on sait qu’on a non pas un, mais quatre joueurs qui peuvent faire un exploit.
A-t-on déjà vu une équipe aussi forte ?
On va attendre la demi-finale et l’éventuelle finale, mais peut-être que ce sera une équipe qui marquera l’histoire de la Coupe du monde, comme ça a été le cas pour les Pays-Bas en 1974, la Hongrie en 1954, le Brésil en 1958. Il y a sept ou huit équipes qui ont marqué l’histoire de la Coupe du monde. La France peut rejoindre cette classe, en tout cas, je le souhaite à Didier Deschamps. Pour sa dernière, ce serait formidable.