Fortes chaleurs : comprendre et prévenir les risques de noyade - Lyon Capitale
Action de prévention contre les noyades. (CM) Alors que les fortes chaleurs poussent à chercher la fraîcheur dans l’eau, les noyades s’intensifient en France. Mais, l’enjeu qui se pose main...

Action de prévention contre les noyades. (CM)
Alors que les fortes chaleurs poussent à chercher la fraîcheur dans l’eau, les noyades s’intensifient en France. Mais, l’enjeu qui se pose maintenant c’est de savoir comment prévenir ces accidents, (très) souvent évitables.
À Lyon, trois décès par noyade en deux jours. Un quatrième dans le département ce mercredi 12 août. C’est le constat édifiant de cet été de tous les records à Lyon et partout en France. Des milliers de morts des canicules successives, des insolations à la pelle, le soleil brille et s’embrase. Naturellement, la population, qui veut retrouver un semblant de fraîcheur en se baignant, se précipite vers tous les courants possibles. Piscine, fleuve, mer, océan, rivière : qu’importe, du moment que l’eau est au rendez-vous.
Mais cette recherche de fraîcheur n’est pas sans danger. En cas de noyade, ce qui pose problème, c’est le choc thermique entre la température chaude de l’atmosphère et celle plus fraîche de l’eau. L’hydrocution, comme on l’appelle, cause les noyades dites syncopales et provoque un cocktail de symptômes chez les victimes : démangeaisons, frissons, crampes, maux de tête, troubles visuels, sensation d’angoisse voire un malaise.
Santé publique France a recensé au cours de sa première période de surveillance des noyades, entre le 1er mai 2026 et le 15 juillet 2026, 925 noyades dont 237 cas entraînant la mort, soit près d’un tiers. La plupart des décès par noyade, près de 80%, se sont produits lors des périodes caniculaires, autrement dit, fin mai, fin juin et lors de la première moitié de juillet.
Personne n’est épargné
Mais alors qui sont les victimes ? Santé publique France l’affirme : personne n’est épargné. Les enfants restent vulnérables d’être emportés par le courant, de se débattre dans l’eau en oubliant ou en ne sachant pas comment nager. Pour autant, dans son bulletin de la première période estivale 2026 de surveillance des noyades, l’agence nationale pour la santé est catégorique, les majeurs représentent 87% des décès par noyade. Une autre enquête de Santé publique France, de juin 2025, constatait que les + 65 ans étaient les plus à risque de mourir ou de garder de graves séquelles d’une noyade.
Personne n’est à l'abri de se noyer donc, mais c’est aussi le cas pour le lieu des accidents. En Auvergne-Rhône-Alpes, 90 noyades ont été comptabilisées, dont 27 entraînant la mort, avec une surreprésentation dans le Rhône avec près d’un tiers des cas (27), suivi de l’Isère (14), la Drôme (12) et la Loire (10). La région incarne alors le quatrième cluster de noyades, derrière la Provence-Alpes-Côte d’Azur (152 cas), la Nouvelle-Aquitaine (128) et l’Occitanie (104).
La Bourgogne-Franche-Comté, elle, recense 43 personnes noyées qui ont survécu dont la Saône-et-Loire sort en tête de cette triste course, avec 12 cas.
Comment éviter le pire ?
Face au risque de noyade, la prévention reste le premier réflexe. Il est important de s’assurer de bien savoir nager, d’adapter sa baignade à ses capacités physiques et aux conditions extérieures, mais aussi de rester particulièrement vigilant avec les enfants et les personnes les plus fragiles.
Autre élément à prendre en compte : le respect des zones de baignade. Mieux vaut ne pas tenter le diable en s’opposant aux interdictions. À Lyon, par exemple, il est formellement interdit de se baigner dans le Rhône. Une carte interactive disponible sur Baignades France recense les zones de baignade, les éventuelles interdictions, jour par jour, ainsi que les analyses de la qualité de l’eau.
Des initiatives locales sont portées par des collectivités et des associations pour développer l’apprentissage de la nage dès le plus jeune âge. A Annecy, le Sou des écoles, soutenu financièrement par l’Etat, propose tout l’été des séances de natation et d’aisance aquatique gratuite destinées aux enfants.
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30% ne nagent pas 50 mètres
Car la question dépasse les seuls comportements individuels. Axel Lamotte, membre du comité directeur de Fédération française des maîtres-nageurs sauveteurs, a déclaré fin mai au micro de Sud Radio, qu’en France, “le niveau général de nage dans la population est trop faible.” La dernière grande étude nationale sur le sujet remonte à 2016. À l’époque, 30 % d’un panel représentatif de 15 000 personnes n’étaient pas en mesure de nager 50 mètres.
À cela s’ajoute un autre problème : le manque de maîtres-nageurs sauveteurs. Comme de nombreux secteurs dépendant des emplois saisonniers, la profession peine à recruter. En France, toutes les baignades ne peuvent donc pas être placées sous surveillance, renforçant, une nouvelle fois, l’importance de la prévention et de l’apprentissage de la nage.
Pour rappel, si vous êtes témoins d’une noyade, contactez immédiatement les urgences : le SAMU en composant le 15, et les sapeurs-pompiers au 18.
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