Florennes: un nouveau permis délivré à Carmeuse pour sa carrière d’Hemptinne
Cela fait maintenant plus de trente ans que ce dossier est en cours et que Carmeuse tente d'ouvrir et d'exploiter une nouvelle carrière de calcaire entre Hemptinne et Saint-Aubin. Au fil du temps, ce projet a c...
Cela fait maintenant plus de trente ans que ce dossier est en cours et que Carmeuse tente d'ouvrir et d'exploiter une nouvelle carrière de calcaire entre Hemptinne et Saint-Aubin. Au fil du temps, ce projet a connu de nombreux rebondissements et aléas, entre octrois de permis et recours devant le Conseil d'État. Le 10 mars dernier, le Comité Régional Anti-Carrière (CRAC) de Florennes pouvait crier victoire: son action au Conseil d'État avait abouti à l'annulation du permis unique délivré à Carmeuse, le 26 mars 2024, par un arrêté des ministres wallons de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement. Mais ce n'était certainement pas la fin de l'histoire. En avril, Frédéric De Visscher, secrétaire général de Carmeuse, avait fait part de son intention de se tourner vers le Gouvernement wallon afin qu'il délivre un nouveau permis, répondant aux exigences du Conseil d'État et rectifiant les illégalités relevées dans le texte qui avait été attaqué.
"Un soutien fort des autorités wallonnes"
C'est désormais chose faite puisque Carmeuse, par le biais d'un communiqué, annonce que, ce 20 juillet, "un nouveau permis unique vient d'être délivré à Carmeuse par le ministre Desquesnes, pour l'exploitation d'une nouvelle carrière et de ses dépendances au nord du village d'Hemptinne, à Florennes. Cette décision fait suite à l'annulation par le Conseil d'État d'un précédent permis du 26 mars 2024 qui avait fait l'objet de deux recours."
Pour Carmeuse, "l'octroi de ce nouveau permis réitère le soutien fort des autorités wallonnes à ce projet industriel structurant et conforte Carmeuse dans sa volonté de poursuivre celui-ci."
Conseiller juridique chez le carrier, Guillaume Burton rappelle que les travaux sur le site avaient été interrompus depuis que le Conseil d'État avait cassé le permis. Auparavant, des travaux avaient toutefois pu être entrepris comme l'aménagement des voies d'accès, des tirs de mines, le découvrement de terres pour atteindre la roche calcaire, la réalisation de merlons de protection…
L'ouverture de la carrière d'Hemptinne vise à assurer l'approvisionnement en calcaire du site de Carmeuse à Aisemont où il sera transformé en chaux pour approvisionner à son tour un ensemble d'autres acteurs économiques, "jouant ainsi un rôle clé dans le paysage industriel wallon".
Pour les fours à chaux d'Aisemont
"Ce nouveau permis constitue évidemment une bonne nouvelle pour nous, poursuit Guillaume Burton. Nous allons l'analyser et reprendre les travaux à Hemptinne. Nous allons également reprendre contact avec Infrabel." Pour rappel, de son côté, Infrabel, le gestionnaire de l'infrastructure ferroviaire belge, a obtenu le permis définitif en août 2024 pour le raccordement du site de Carmeuse à Hemptinne à la ligne 132 Charleroi-Mariembourg. Il s'agit de réinstaller une infrastructure ferroviaire sur une portion de l'ancienne L136 (Yves-Gomezée-Walcourt) à Florennes, afin de transporter les pierres par le rail jusqu'aux fours à chaux de Carmeuse à Aisemont. Aucun recours n'a été déposé contre ce permis.
Un nouveau recours pas exclu
Face à ce nouveau rebondissement, le Comité Régional Anti-Carrière ne s'avoue toujours pas vaincu. "Nous nous y attendions, assure Cécile Reman, responsable du CRAC. À partir de la notification officielle de la décision du ministre dans les Communes concernées, nous disposerons de soixante jours pour analyser le nouveau permis et éventuellement introduire un nouveau recours devant le Conseil d'État. Nous allons posément réfléchir à tout cela."
Cécile Reman ne cache pas que l'aspect financier joue également un rôle. "Si nous introduisons un recours, ce sera notre sixième, explique-t-elle.En fonction du travail des avocats, de la complexité du dossier, chaque recours nous coûte de 6 000 € à 12 000 € ! Ce n'est pas rien et, au total, cela représente le prix d'une petite maison. Mais nous n'excluons aucune option."
De son côté, le groupe Carmeuse assure qu'il mettra en œuvre, à Hemptinne, "les meilleures pratiques industrielles et environnementales afin de garantir une intégration réussie dans son environnement et tout en conservant un dialogue ouvert et constructif avec les autorités locales et les riverains".
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.