Fin des jeux physiques en 2028 : Sony est attaqué en justice dans deux pays
L’abandon des jeux physiques ne passe pas. Quelques jours après l’annonce de Sony, deux plaintes visent déjà l’entreprise aux Pays-Bas et au Mexique. Le reproche est le même. PS5 Pro // Source : Chloé Pertuis ...
L’abandon des jeux physiques ne passe pas. Quelques jours après l’annonce de Sony, deux plaintes visent déjà l’entreprise aux Pays-Bas et au Mexique. Le reproche est le même.

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe. À partir de janvier 2028, les nouveaux jeux PlayStation seront vendus uniquement en format numérique. C’est donc la fin du jeu vidéo physique sur les consoles de Sony. Une annonce très loin d’être sans conséquence.
Pour les partenaires de l’entreprise japonaise d’une part, menacés dans leur emploi (notamment ceux en lien avec les boutiques vendant des jeux). Pour les joueurs d’autre part, les plus nombreux à se retrouver le bec dans l’eau.
Plus de possibilité d’acheter des jeux moins chers en occasion, de revendre les siens, voire de s’en procurer tout court dans les pays où le PlayStation Store n’existe pas… La liste des répercussions est longue. Interpellée, l’Union européenne a déjà fait savoir qu’elle ne pouvait pas empêcher Sony d’appliquer sa décision.
Certains joueurs agissent à leur niveau, en boycottant la PlayStation 5 ou en s’intéressant de très près au piratage. D’autres ont choisi de saisir la justice en accusant Sony d’abus de position dominante. Un monopole qui lui a déjà été reproché à plusieurs reprises au fil des années.
Les Pays-Bas réclament 400 millions d’euros à Sony
Aux Pays-Bas, c’est l’association Stichting Massaschade & Consument qui porte le dossier. Elle représente 1,7 million d’utilisateurs de PlayStation et demande 400 millions d’euros de dédommagement à destination de ces derniers.
Secretlab ATLAS : l’ergonomie ultime
Restez concentré plus longtemps. Son dossier RE-CURVE™ s’adapte à votre morphologie pour un soutien lombaire total. Idéale pour le home office, elle offre un confort sur-mesure et un design moderne pensé pour la performance.
L’organisme avance un argument simple : sans autre alternative que d’acheter un jeu sur la boutique de Sony, la firme s’octroie un monopole. Elle fixe les prix comme elle l’entend et oblige tous les éditeurs à payer une commission de 30 % pour ajouter leurs titres au catalogue (notez que Steam impose la même taxe).
Quand quelqu’un accusait Sony de la sorte, la marque répondait qu’il était toujours possible d’acheter un jeu physique pour moins cher, d’occasion ou non. Une défense impossible à maintenir désormais.
À cette question du prix des jeux s’ajoute celle de leur propriété. Vous êtes libre de revendre un disque, mais pas un jeu dématérialisé. Autrement dit, il ne vous appartient pas. Sony peut décider de les supprimer de votre bibliothèque du jour au lendemain et vous ne pourrez rien faire.
Le Mexique entre dans la danse et porte plainte contre Sony
Au Mexique, la députée Iraís Reyes (connue pour défendre les joueurs) et le sénateur Luis Donaldo Colosio vont saisir la Commission nationale de la concurrence du pays. Eux aussi voient la décision de Sony comme la création d’un monopole. Une nuance à ne pas oublier : les deux élus ne déposent pas cette plainte au nom de l’État mexicain, mais à titre de simples citoyens et joueurs. La limite est réelle, puisque la Commission nationale de la concurrence reste libre de décider si le dossier justifie une enquête.
Ils appuient également sur ses conséquences économiques, avec la fermeture inévitable des boutiques physiques et la mort du marché de l’occasion, très important au Mexique.
D’un point de vue purement légal, le fait que les éditeurs et développeurs tiers n’auraient pas d’autres choix que de se soumettre aux conditions de Sony tomberait sous le coup de la « pratique monopolistique relative ». Ce qu’interdit la loi fédérale sur la concurrence économique.
Que se passerait-il en cas de défaite de Sony face à la justice ?
Il y a plusieurs conséquences possibles. Passons sur le paiement des diverses amendes et intéressons-nous à celles qui auraient un impact très concret.
Une victoire des consommateurs devant les tribunaux pourrait créer une jurisprudence concernant les boutiques de jeux dématérialisés. Sony aurait alors le choix entre maintenir un support physique, ce qui est peu probable, ou permettre à d’autres plateformes numériques que le PSN de proposer des jeux PlayStation à la vente. La libre concurrence serait respectée et chacune fixerait ses prix.
De la même manière, en reconnaissant Sony coupable des faits qui lui sont reprochés, la justice consacrerait le fait qu’un jeu vidéo dématérialisé appartient à la personne qui l’a acheté. Elle aurait donc le droit de le céder à quelqu’un d’autre, par un don ou via la revente. Une telle décision se répercuterait au-delà de l’industrie vidéoludique, par exemple dans le secteur de la musique ou des ebooks.
Mais ne nous emballons pas trop vite. Les procédures n’en sont qu’à leurs balbutiements et l’affaire promet de se dérouler sur plusieurs années, tant il est certain que Sony utilisera tous les recours possibles pour s’en sortir. En attendant, l’entreprise continue de garder le silence face à la gronde.