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Filtres spéciaux, capteurs hypersensibles : les astronomes peuvent-ils vraiment observer le ciel nocturne sur le littoral de la Côte d’Azur, malgré la pollution lumineuse ?

Des passionnés du Groupement astronomique populaire de la région d’Antibes traquent les galaxies et autres corps célestes. Quid de la pollution lumineuse, très présente sur la Côte d’Azur ? Ces observateurs assurent pouvoir la neutraliser à l’aide de caméras ultrasensibles et de filtres spéciaux, pr

« Certaines des plus belles images de Jupiter et de Saturne au monde ont été réalisées en plein centre-ville de Paris. » C’est ainsi que Denis Huber coupe court à la croyance selon laquelle la pollution lumineuse empêcherait les astronomes d’observer le ciel nocturne.

Sur la Côte d’Azur, pourtant confrontée à un fort éclairage sur son littoral, visible depuis l’espace, le président du Groupement astronomique populaire de la région d’Antibes (GAPRA) parvient lui aussi à immortaliser d’incroyables clichés de la voûte céleste.

Il peut dire merci à la technologie ! « Si l’optique de nos télescopes est restée globalement identique à celle d’il y a vingt ans, les capteurs de nos caméras ont fait des progrès spectaculaires », révèle le passionné.

Et d’ajouter : « Des filtres nous permettent de supprimer la pollution lumineuse, que ce soit la lumière bleue des LED ou la lumière orange des anciennes lampes à vapeur de sodium. »

Une atmosphère parfois gênante

La galaxie du Tourbillon M51, immortalisée depuis Antibes, par l’astronome passionné et président du Gapra, Denis Huber.
La galaxie du Tourbillon M51, immortalisée depuis Antibes, par l’astronome passionné et président du Gapra, Denis Huber.
Photo Denis Huber / DR

Un obstacle d’ampleur peut toutefois mettre en péril les efforts des astronomes amateurs : l’instabilité de l’atmosphère.

« Quand on monte sur les coteaux de Biot ou à Saint-Jeannet, on peut voir des nappes de brouillard rétroéclairées par la pollution lumineuse, illustre Denis Huber. Cela crée un voile qui nous empêche d’observer correctement le ciel étoilé. »

Hormis ces épisodes gênants, ces passionnés peuvent admirer une bonne partie de l’année l’espace depuis leur observatoire situé sur le toit du lycée Léonard-de-Vinci, à Antibes, où ils parviennent à réaliser des photos de galaxies « absolument fantastiques ».

Seuls les recherches scientifiques professionnelles de pointe imposent de rechercher des « ciels parfaits », ce qui explique l’installation de grands observatoires professionnels dans des zones isolées à très haute altitude, comme au Chili.

Comment faire le meilleur cliché du ciel ?

Denis Huber, président du Groupement astronomique populaire de la région d’Antibes, photographié à l’occasion des 50 ans de l’association en 2024.
Denis Huber, président du Groupement astronomique populaire de la région d’Antibes, photographié à l’occasion des 50 ans de l’association en 2024.
Alice Patalacci / Nice-Matin

Le président du Gapra ne veut cependant pas minimiser le fléau de l’éclairage urbain : « Les progrès techniques nous sauvent pour l’astrophotographie, mais la préservation de l’environnement nocturne reste un combat de chaque instant. »

Avec le matériel adéquat, il est donc possible de faire honneur à notre système solaire et au-delà. Mais certains clichés, comme celui de la Voie lactée pris par la photographe Tane au cap d’Antibes, exigent de s’éloigner un peu du halo urbain.

« Le secret réside dans l’orientation : si l’on regarde vers la terre ferme et les zones urbanisées, la qualité est médiocre, admet l’astronome passionné. En revanche, si l’on pointe l’appareil vers la mer, en direction de la Corse et de l’Afrique du Nord, l’horizon est très sombre et la Voie lactée apparaît distinctement. »

Si vous souhaitez mettre toutes les chances de votre côté, mettez le cap près de l’héliport de Biot, le plateau de Caussols ou les environs du massif de l’Estérel et du mont Ours.