Figure du port Vauban à Antibes, Dédé Pichala, nous a quittés à l’âge de 88 ans
Autodidacte et touche-à-tout, personnage connu et reconnu de la vieille ville et du port Vauban, Dédé Pechetto-Guillemein s’en est allé à 88 ans. Ses obsèques seront célébrés à l’athanée de la Fontonne ce vendredi.
Un sage, touche-à-tout, qui a excellé dans tous les métiers pour mettre son savoir au service des Antibois.
Le vieil Antibes vient de perdre l’un des derniers personnages emblématiques du port Vauban.
Dédé Pechetto-Guillemein, dit Pichala, est décédé à l’âge de 88 ans.
Né en 1937 dans la vieille ville, rue des Paveurs, il est, comme tous ses copains de son âge, scolarisé à l’institut Paul-Arène.
Et comme eux, il fait ses premières armes à la pêche dans l’anse Saint-Roch, aux côtés des aînés pour apprendre les ficelles du métier. Comme disait Dédé : « Il faut voler le métier des anciens. »
C’est bien ce qu’il a fait, en espionnant les papys dans les différents métiers entre la vieille ville et du port durant ses jeunes années.
Un touche-à-tout, autodidacte, qui a appris la pêche, la mécanique, la maçonnerie, sur le tas.
Il a d’ailleurs été l’un des artisans de la construction du Caméo, le restaurant de la place nationale où il a ensuite travaillé et est devenu un ami proche de la famille.
En 1957, ses trois ans de service militaire en Algérie l’ont profondément marqué et endurci.
A son retour, Dédé travaille chez un entrepreneur, puis chez un brasseur.
Une vie tournée vers la mer
En 1980, aux côtés de son ami Nistou, il pratique la pêche professionnelle sur son pointu « Apis », amarré à la porte marine.
Il faisait partie de cette grande famille de la mer, participant à la pêche à la poutine - d’où son surnom - et à la procession de Notre-Dame-de-Bon Port.
Dédé avait ses têtes. Il aimait les gens francs. Aussi, il ne parlait pas à tout le monde.
Attristé par la nouvelle, le pêcheur Julien Cépéro a perdu un ami : « Tous les matins, il venait boire le café avec moi et me racontait sa vie. Et lorsque je n’étais pas là, il venait au port pour voire si tout allait bien et n’hésitait pas à mettre les mains dans le cambouis pour aider un pêcheur en panne ! »
Dédé allait ensuite tailler la bavette avec Jean-Paul Veziano, sous l’olivier : « A chaque fois qu’il ouvrait la bouche, il vous apprenait quelque chose ! »
Son ami Pierrot Vandini décrit un homme bourru mais bougrement intelligent et, surtout, fidèle en amitié et passionné de tout !
Sa passion pour le terroir
Pichala a eu plusieurs vies ! Comme tous les bons vivant de l’époque, Dédé a fait la fête.
C’était la belle époque, comme il disait. Il a eu son fils Louis en 1985. Epicurien, il avait une passion pour la viticulture et l’œnologie.
Pendant des années, il s’est rendu dans un domaine de Sancerre (Cher) pour participer aux vendanges. C’était son hobby. Il montrait même aux professionnels, ses amis, ses techniques.
Discret, l’homme aux multiples facettes savait même lire les étoiles pour s’orienter, naviguer et pêcher. Tout un savoir qu’il a transmis à ceux qui l’ont écouté.
Les obsèques de Dédé seront célébrées vendredi à 9 heures, à l’athanée de la Fontonne, suivi de l’inhumation au cimetière Rabiac à 10 h 15.