L’UEFA étrille Gianni Infantino et son projet avorté « miteux » (et ça risque d’aller bien plus loin)
Sport 01/08/2026 18:55 Actualisé le 01/08/2026 19:04 Malgré le retrait de son projet d’ouvrir les compétitions aux investisseurs privés, le patron du foot mondial est toujours critiqué pa...
Sport 01/08/2026 18:55 Actualisé le 01/08/2026 19:04
Malgré le retrait de son projet d’ouvrir les compétitions aux investisseurs privés, le patron du foot mondial est toujours critiqué par les fédérations aux quatre coins de planète.
Par Maxime Dhuin avec AFP

David Swanson via Reuters
L’UEFA étrille Gianni Infantino et son projet avorté « miteux » (et ça pourrait aller bien plus loin). (Photo d’illustration du patron de la Fifa en mai 2022 à Los Angeles)
L’air est de plus en plus irrespirable pour Gianni Infantino. Le patron italo-suisse de la Fifa est toujours sous le feu des critiques, malgré le retrait de son projet controversé d’ouverture des compétitions internationales à des investisseurs privés. La très puissante UEFA, qui regroupe 55 fédérations européennes de football, en a remis une couche dans un communiqué cinglant ce samedi 1er août. Au-delà des mots, très durs, se dessine surtout un possible départ du patron du foot mondial.
À sept mois de l’élection de mars 2027 pour laquelle il est à l’heure actuelle le seul candidat déclaré, l’UEFA a accusé Gianni Infantino d’avoir renié ses engagements avec ce « projet miteux, opaque et fomenté en coulisse ». Et de l’assurer : l’ancien dirigeant… de l’UEFA a « perdu la confiance » de l’instance européenne comme « de nombreux autres membres de la famille du football ».
Le projet de Gianni Infantino visait à créer une société ouverte aux investisseurs privés, la Fifa Forward Enterprise, qui aurait été chargée de gérer les activités commerciales et événementielles de l’instance, y compris la Coupe du monde. Une proposition révélée dans la presse à la surprise générale et qui a dans la foulée été massivement rejetée au niveau mondial. L’UEFA a d’ailleurs mené la charge, menaçant jeudi « à l’unanimité » de ne pas participer aux prochaines compétitions de la Fifa, y compris le Mondial, si le projet allait à son terme.
Des critiques qui continuent de pleuvoir
Sans surprise, l’abandon annoncé ce samedi est donc salué par l’UEFA, qui y voit une « victoire pour l’ensemble du football ». Mais l’instance ajoute dans son communiqué que cette résolution ne doit pas « marquer la fin de l’histoire ». « La tâche consistant à rétablir la confiance dans la Fifa ne fait que commencer », poursuit l’instance, qui s’en prend directement à Gianni Infantino, affirmant qu’il avait, avant son élection en 2016, prôné la transparence et assuré que l’argent de la Fifa était celui des associations membres. « Il n’a pas tenu ces deux promesses », accuse le communiqué.
Le ton n’est pas plus amène du côté des différentes fédérations européennes. Il est « temps de procéder à un examen approfondi et rigoureux de la direction et de la gouvernance de la Fifa pour garantir que le football mondial soit géré de façon transparente », a ainsi jugé la Fédération anglaise (FA). Gianni Infantino « a agi de manière irresponsable », enfonce de son côté le président de la Fédération allemande de football (DFB), réclamant une « enquête complète » sur l’élaboration du projet porté par le patron de la Fifa.
Plus tôt ce samedi, le retrait du projet avait aussi été salué par la Confédération asiatique de football (AFC). « Le futur du football mondial doit toujours être organisé autour des consultations appropriées, du dialogue collectif et du respect pour les structures de gouvernance de notre sport », commentait son président Shaikh Salman, en appelant à davantage de « transparence ».
Le propos est encore plus sec du côté de la Concacaf, qui regroupe 41 fédérations caribéennes et nord-américaines et d’Amérique centrale. Elle s’est félicitée de « l’abandon du projet Fifa Forward Enterprise », mais a également appelé à un « examen complet » de la direction de la Fifa, étrillant un « acte unilatéral et flagrant de mauvaise gouvernance et de manque de leadership ». Le ton est donné.
Infantino sur le départ ?
Toutes ces polémiques posent la question d’un possible départ de Gianni Infantino. « C’est une question de quand plus qu’une question de si », ironise le journaliste Rob Harris, qui travaille pour Sky News et affirme que « des initiatives visant à évincer » le patron de la Fifa « sont officiellement en cours et s’accélèrent ». Il fait notamment état d’un « effort soutenu » au « plus haut niveau du football européen » pour « faire en sorte qu’Infantino ne reste pas à la tête de la Fifa ».
Ces informations vont dans le même sens que des révélations d’un autre média britannique, le Telegraph, selon qui les pays membres de l’UEFA « vont lancer une motion de censure » contre Gianni Infantino – sauf à ce qu’il « démissionne de lui-même », ce qui semble peu crédible à ce stade. Un article paru ce samedi dans le journal britannique affirme que « l’ensemble des 55 pays membres » de l’association européenne accepteraient de participer à une telle manœuvre.
Comme le rappelle Sky News, les statuts de la Fifa prévoient qu’il suffit que 20 % de ses membres – soit 43 pays – s’entendent pour provoquer un congrès d’urgence. La mobilisation de toute l’UEFA, telle que décrite par le Telegraph, serait donc amplement suffisante. La chaîne britannique ajoute qu’en dehors d’une éventuelle défaite lors de l’élection de mars 2027, le seul autre moyen d’évincer Gianni Infantino contre son gré est dans les mains de la commission d’éthique de la Fifa.
Celle-ci peut enquêter et sanctionner le président s’il a « enfreint le code d’éthique », décrit Sky News… tout en rappelant que « ce scénario est peu probable » faute de « violation manifeste » de ce code. Il semble donc que la balle soit dans le camp des différentes fédérations qui ne font déjà plus mystère de leur hostilité à Gianni Infantino.
Reste que le dirigeant est un habile politicien, capable de frayer avec Donald Trump comme d’obtenir le soutien indéfectible de nombreux petits pays (à l’échelle du football mondial) en élargissant le nombre de participants à la Coupe du monde. De quoi promettre un affrontement dantesque entre pro et anti Infantino.