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FIFA : Infantino face à la révolte, l’UEFA agite la menace du boycott - Sport.fr

Le projet d'ouvrir le capital des Coupes du monde à des investisseurs privés déclenche une fronde mondiale. Trois confédérations ont déjà dit non, et le bras droit d'Infantino a démissionné. Zurich vit des heures agitées. Depuis le début de la semaine, les confédérations se relaient pour exprimer leur refus, et…

Le projet d’ouvrir le capital des Coupes du monde à des investisseurs privés déclenche une fronde mondiale. Trois confédérations ont déjà dit non, et le bras droit d’Infantino a démissionné.

Zurich vit des heures agitées. Depuis le début de la semaine, les confédérations se relaient pour exprimer leur refus, et le siège de la FIFA encaisse coup après coup. Rarement un montage financier aura provoqué pareille levée de boucliers dans le football mondial.

L’idée ? Créer une structure commerciale, baptisée FIFA Forward Enterprise, chargée de céder des parts des Coupes du monde à des investisseurs privés. Certains d’entre eux, murmure-t-on, ne seraient pas étrangers à l’entourage de Donald Trump. Autant dire que le dossier est explosif.

Vendredi, l’instance a tenté d’éteindre l’incendie par communiqué. Elle assure respecter les inquiétudes exprimées, revendique une consultation ouverte et démocratique, et impute la confusion actuelle à une couverture de presse qu’elle juge erronée. La conclusion se veut rassurante : personne, jure la FIFA, ne vend le football. Le message a-t-il porté ? Pas vraiment.

Cordeiro claque la porte

Coup de théâtre — ou plutôt confirmation d’un malaise déjà palpable en interne : Carlos Cordeiro a démissionné avec effet immédiat de ses fonctions de conseiller principal du président. Ancien banquier, l’Américain affirme n’avoir jamais été associé à ce projet et le rejette sans la moindre nuance.

Ses interrogations, il les a listées publiquement : pourquoi cet accord, pourquoi maintenant, quels contrôles, quels bénéficiaires, quelle gouvernance, et surtout à quel prix pour le football ? Aucune réponse convaincante, à l’en croire. Pour Infantino, la pilule est dure à avaler : le désaveu vient de son propre bureau.

L’Europe ne fait pas dans la dentelle

Nyon a dégainé l’arme la plus lourde de son arsenal. Aucune fédération européenne ne prendra part à une compétition de la FIFA tant que ces propositions resteront sur la table, prévient l’UEFA, qui réclame un abandon total du projet et la garantie qu’aucun investisseur privé ne remettra jamais un pied dans ses tournois.

Concrètement, la menace vise le Mondial féminin programmé au Brésil l’été prochain. Et, échéance nettement plus rapprochée, la Coupe Intercontinentale de décembre (où le Paris Saint-Germain est attendu). Certaines choses sont trop précieuses pour être mises en vente, résume en substance l’instance présidée par Aleksander Ceferin. En voilà une sortie qui va faire du bruit dans les couloirs zurichois.

La CONCACAF et l’AFC en renfort

Le front s’élargit. La CONCACAF et ses 41 associations membres ont rejeté la proposition, dénonçant un calendrier artificiellement resserré, un processus expéditif et l’absence de validation par les organes de gouvernance compétents. Seule fausse note dans le concert nord-américain : le Mexique, qui s’est désolidarisé un peu plus tard, souhaitant laisser sa chance au projet.

L’Asie a emboîté le pas. L’AFC dit suivre avec une profonde préoccupation les développements de ces derniers jours et se range aux côtés de l’UEFA et de la CONCACAF. Son argument tient en une ligne : tout ce qui fragilise l’unité et l’universalité de la compétition doit être remis à plat.

Trois confédérations en trois jours. Restent la CAF, la CONMEBOL et l’OFC, dont le silence commence à peser. Si elles rejoignent la contestation, Infantino n’aura plus guère d’échappatoire. Le feuilleton, lui, ne fait que débuter.