Felix Gall n’a jamais été aussi fort avant de défier Tadej Pogacar sur la Vuelta : “J’ai gagné beaucoup de confiance cette semaine”
Felix Gall a remporté, samedi, le Tour de Burgos, la première course à étapes de sa carrière. À deux semaines de la Vuelta, l'Autrichien confirme qu'il faudra compter sur lui dans la bataille pour le podium.
Cela fait trois ans qu'il attendait cela. Depuis cette fameuse journée de juillet 2023 où il avait levé les bras à Courchevel sur le Tour de France, Felix Gall n'avait plus remporté la moindre course. En l'espace de trois jours au Tour de Burgos, l'Autrichien vient de franchir deux caps d'un coup. Jeudi, il a renoué avec la victoire en faisant exploser ses adversaires dans le Puerto del Escudo. Samedi, il a conservé cinq petites secondes sur Oscar Onley pour décrocher, à 28 ans, le tout premier classement général de sa carrière.
Deux semaines avant le départ de la Vuelta, le 22 août à Monaco, le timing pouvait difficilement être meilleur. Car si Tadej Pogacar abordera évidemment son premier Tour d'Espagne depuis 2019 avec le statut d'immense favori, Gall s'affirme de plus en plus comme l'un des hommes susceptibles de lui offrir une opposition en montagne. Ou, au minimum, de se battre pour les deux autres marches du podium.
Triple couronne, départ à la maison et tracé qui lui convient : pourquoi Tadej Pogacar a décidé de prendre le départ de la VueltaUne régularité nouvelle
Sa saison 2026 lui donne, en tout cas, de solides arguments. Cinquième de l'UAE Tour, sixième du Tour de Catalogne puis surtout deuxième du Giro derrière un Jonas Vingegaard intouchable, le leader de Decathlon CMA CGM vient d'ajouter Burgos à un ensemble de performances qui traduit une régularité nouvelle. Pour la première fois de sa carrière, Gall ne se contente plus de quelques fulgurances en montagne : il enchaîne les performances sur plusieurs jours et, désormais, sur trois semaines.
C'était précisément le sens donné à son programme en 2026. Plutôt que de revenir sur le Tour de France, l'Autrichien avait décidé de concentrer sa saison sur le Giro et la Vuelta. "C'est une bonne façon pour moi d'essayer autre chose avec l'objectif d'un podium sur un Grand Tour", expliquait-il avant même le début de l'année.
Le pari a déjà été largement validé par sa deuxième place en Italie. Et Gall avait une raison supplémentaire de miser sur le Tour d'Espagne : contrairement à ses deux précédentes participations, disputées après le Tour, il voulait cette fois y arriver spécifiquement préparé. "C'est une course qui me convient très bien, notamment avec la chaleur. Cela me motive de l'aborder avec une préparation vraiment optimale."
Le plus fort quand ça grimpe
Burgos semble justement indiquer que cette préparation porte ses fruits. Jeudi, dans le brouillard du Puerto del Escudo, Gall a montré qu'il était le grimpeur le plus fort du jour. Lorsque Ciccone, Torres puis Onley ont tenté de dynamiter la montée, il a systématiquement répondu avant de multiplier les accélérations et de finir par faire craquer ses derniers adversaires. Comme s'il avait un petit quelque chose en plus dans le moteur.
"J'avais effectué un très gros bloc d'entraînement et, pour mon retour à la compétition après le Giro, je me suis senti super, super bien, savourait celui qui avait tout de même participé à la Clasica San Sebastian (18e). Mon équipe m'a permis d'économiser de l'énergie, puis j'ai essayé d'attaquer plusieurs fois avant de réussir à faire la différence."
La dernière étape a livré un enseignement différent. Gall n'a cette fois pas dominé ses adversaires et n'a certainement pas pu gérer tranquillement son avance. Dans les six derniers kilomètres vers les Lagunas de Neila, à 9 % de moyenne, il a dû s'arracher pour sauver son maillot de leader.
Giulio Pellizzari, vainqueur de l'étape, était le plus fort dans le final. Oscar Onley n'a jamais lâché Gall et a continué à menacer sa première place jusqu'aux derniers hectomètres. L'Autrichien a souffert mais a tenu suffisamment longtemps pour préserver cinq secondes au général. "C'était une énorme bataille, c'était vraiment une étape difficile. J'ai gagné beaucoup de confiance cette semaine", reconnaissait-il avant de monter sur le podium. Gagner était une habitude qu'il avait perdue. Il la retrouve au meilleur moment.
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.