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Face aux menaces, les dirigeants de l’IA craignent pour leur vie et investissent en masse pour se protéger

L’intelligence artificielle (IA) inquiète de plus en plus le public, et cette défiance vire parfois à la violence. Menaces, intrusions, tentatives d’agression… Les dirigeants du secteur se ruent désormais sur les gardes du corps tandis que les budgets liés à la sécurité explosent.

L’intelligence artificielle (IA) inquiète de plus en plus le public, et cette défiance vire parfois à la violence. Menaces, intrusions, tentatives d’agression… Les dirigeants du secteur se ruent désormais sur les gardes du corps tandis que les budgets liés à la sécurité explosent.

Sam Altman, patron d'OpenAI. ©FotoField / Shutterstock.com

Sam Altman, patron d'OpenAI. ©FotoField / Shutterstock.com

Ces derniers mois, l’opinion publique s’est nettement retournée contre l’IA. Selon un sondage réalisé en mars par l’université de Quinnipiac auprès d’environ 1 400 adultes américains, 55 % estiment que l’IA fait plus de mal que de bien à la société. De même, on décompte quatre fois plus de personnes inquiètes par la technologie que d’optimistes.

Le 10 avril dernier, un homme a jeté un cocktail Molotov sur la maison de Sam Altman, le patron d’OpenAI. La police a ensuite retrouvé un manifeste on ne peut plus équivoque chez lui, appelant à tuer des dirigeants et investisseurs de l’IA. Il est aujourd’hui poursuivi pour tentative de meurtre et d’incendie volontaire.

Cinq jours plus tard, un individu est parvenu à s’introduire dans les locaux d’Anthropic en suivant un employé, et a indiqué à un vigile qu’un dirigeant de l’entreprise serait assassiné. Mais ce n’est pas tout : un candidat ayant postulé chez l'entreprise sous une fausse identité a menacé de s’en prendre aux enfants des salariés car son travail a été « volé ». Plus récemment, en juin, un homme réclamant un remboursement a écrit à la société, assurant qu’il se rendrait dans ses locaux avec une arme. Aucun de ces épisodes n’a fait de blessé, mais tous ont été signalés à la police.

D’après la société de surveillance Liferaft, spécialisée dans le suivi des menaces sur les réseaux sociaux et le dark web, les menaces numériques visant les dirigeants d’IA et leurs centres de données ont été multipliées par sept entre fin février et mai. Et les acteurs moins connus du grand public n’y échappent pas. À San Francisco, la compagnie d’assurance IA Corgi voit régulièrement des passants insulter son personnel devant le café de son entreprise, tandis que son bus de transport a été vandalisé.

De plus en plus de personnes s'inquiètent de la l'impact de l'IA, sur l'emploi notamment. ©Stock-Asso / Shutterstock

De plus en plus de personnes s'inquiètent de la l'impact de l'IA, sur l'emploi notamment. ©Stock-Asso / Shutterstock

Des dirigeants sous protection renforcée

Face à cette tendance, les entreprises d’IA renforcent discrètement leurs dispositifs de sécurité. Chez Anthropic, par exemple, une surveillance est active en continu depuis 2024, avec un suivi des comportements préoccupants qui permet, selon l’entreprise, de repérer les signaux d’escalade avant qu’ils ne dégénèrent.

Certaines entreprises vont jusqu’à déconseiller à leurs salariés de porter des vêtements floqués du logo de la société, de peur qu’ils ne deviennent des cibles. Les dirigeants de la tech, eux, font dorénavant appel à des gardes du corps discrets, et évoquent moins les possibles effets néfastes de la technologie.

Dans ce contexte, 38,1 % des entreprises technologiques inscrites à l’indice S&P 500 ont déclaré des dépenses liées à la protection de leurs dirigeants en 2025, contre 26,8 % quatre ans plus tôt. Un poste de dépense qui a bondi de 150 % en un an chez Palantir pour atteindre près de 3 millions de dollars. Oracle a vu les siennes grimper de 85,5 %, à 5,6 millions de dollars, en grande partie pour sécuriser le domicile de son fondateur, Larry Ellison. Salesforce, de son côté, y consacre désormais environ 4 millions de dollars, soit 1 million de plus qu’en 2024, étaye le Wall Street Journal. Et si l’on se fie à l’actualité, il paraît peu probable que cette dynamique s’inverse de sitôt…