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Face à un puits de pétrole inexploitable, l’amertume des habitants d’un village japonais

Reportage. Depuis le XVIIᵉ siècle, les habitants du district d’Akiha vivent près d’une “eau malodorante” qui s’est révélée un puits de pétrole brut. Mais après avoir fait la fortune de la région pendant l’...

Reportage.

Depuis le XVIIᵉ siècle, les habitants du district d’Akiha vivent près d’une “eau malodorante” qui s’est révélée un puits de pétrole brut. Mais après avoir fait la fortune de la région pendant l’ère industrielle, cet or noir n’est plus compétitif et n’apporte plus que pollution et “fastidieuses corvées”, explique l’“Asahi Shimbun”.

Après la seconde guerre mondiale, le Japon a libéralisé ses importations de pétrole brut et sa production a diminué de plus de moitié. Ici, un tanker chargé de brut en provenance d’Azerbaïdjan arrive à Yokohama, en mai 2026. DAISUKE URAKAMI/THE YOMIURI SHIMBUN/AFP

Dans le paisible paysage de maisons disséminées parmi les rizières où résonne le chant des rossignols japonais, une odeur d’huile de machine flotte dans l’air. Une pellicule aux reflets irisés marbre la surface du canal qui coule à nos pieds.

L’ancienne ville de Niitsu, aujourd’hui l’arrondissement Akiha de la ville de Niigata [au nord-ouest de Tokyo], était au début du siècle dernier la première productrice de pétrole du Japon, ce qui lui a valu le surnom de “village du pétrole”. Si l’extraction a cessé, du pétrole brut continue de jaillir du site de l’ancien gisement.

Une cuve de séparation a été installée dans le canal pour séparer le pétrole de l’eau, et une ou deux fois par semaine, une entreprise vient récupérer le pétrole qui s’y est accumulé. Ce dernier n’est cependant pas utilisé comme combustible ou matière première et n’approvisionne pas les habitants ; il est traité comme déchet industriel.

“Ce serait bien de pouvoir l’utiliser”, estime une riveraine. Autrefois, certains l’appliquaient sur les murs d’enceinte de leur maison pour les protéger de l’humidité et des insectes, mais cela ne se fait plus aujourd’hui en raison du risque d’incendie.

D’ordinaire, le pétrole ne s’échappe pas de la cuve de séparation, mais lors de fortes pluies, il déborde avec l’eau. Et lorsqu’

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Asahi Shimbun (Tokyo)

Fondé en 1879, chantre du pacifisme nippon depuis la Seconde Guerre mondiale, le “Journal du Soleil-Levant” est une véritable institution. Trois mille journalistes, répartis dans 300 bureaux nationaux et 30 à l’étranger, veillent à la récolte de l’information.

Pour un intellectuel japonais, écrire dans l’Asahi Shimbun est une consécration. Fondé en 1879, à Osaka, il a d’abord été un quotidien populaire. Après avoir été le défenseur de la démocratie, il a été, comme tous ses confrères, inféodé au pouvoir militaire durant la Seconde Guerre mondiale. Le groupe Asahi est présent dans tous les secteurs des médias (radio, télévision, édition) et publie de nombreux journaux.

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