thejournalofsierraleonestudies.com

Face à la guerre hybride russe, l’Europe affiche son unité

Publié le 02/09/2026 - 12:53 UTC+2•Mis à jour 12:56 Les ministres européens des Affaires étrangères se di...

Publié le 02/09/2026 - 12:53 UTC+2•Mis à jour 12:56

Les ministres européens des Affaires étrangères se disent prêts à faire bloc face à la recrudescence des attaques hybrides menées par la Russie sur l'ensemble du continent, et se rangent derrière l'Allemagne après sa décision de tenir officiellement Moscou pour responsable d'un incident impliquant un drone survenu le mois dernier à l'aéroport de Leipzig.

Cette démonstration d'unité est intervenue lors d'un sommet des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Wicklow, en Irlande, auquel participaient également des ministres d'Ukraine, du Canada, de Suisse et du Royaume-Uni.

Lors de l'incident survenu le 4 août à l'aéroport de Leipzig, les autorités allemandes ont intercepté un drone transportant des explosifs de qualité militaire. Berlin a été sans ambiguïté en attribuant cette intrusion au Kremlin.

"Les moyens utilisés, qu'il s'agisse de la configuration du drone, de ses composants, des explosifs ou des systèmes de mise à feu, nous sont connus d'autres opérations hybrides de la Russie", a déclaré mardi le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, présentant cette attaque comme faisant partie d'une longue série d'opérations de déstabilisation contre l'Europe.

Paris a apporté son plein soutien à Berlin ce mercredi, "la France réaffirme sa pleine solidarité avec l’Allemagne qui vient d’établir la responsabilité de la Russie dans les graves incidents survenus à l’aéroport de Leipzig, (...) "Face à l’escalade que choisit la Russie, nous devons rester unis et déterminés", écrit le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

En outre, le Quai d'Orsay a décide de convoquer le chargé d’affaires de l’ambassade de Russie.

Dans une intervention condamnant les activités de la Russie, le ministre britannique des Affaires étrangères, Ed Miliband, a évoqué l'expérience de son pays face aux attaques russes de ces dernières années, notamment la tentative d'assassinat chimique de l'ancien agent du KGB russe Sergueï Skripal à Salisbury.

"Nous sommes pleinement solidaires de l'Allemagne et de l'Ukraine", a déclaré Miliband aux journalistes. "Nous savons, à la lumière des attaques russes menées par le passé sur notre sol, que ces tentatives de nous diviser ne fonctionneront pas, mais c'est un signal dangereux: la Russie tente de nous diviser et de faire croire qu'elle peut dissuader les pays européens de soutenir l'Ukraine face à l'agression russe."

Le ministre lituanien des Affaires étrangères, Kestutis Budrys, a pour sa part estimé que la Russie semble intensifier le rythme de ses attaques hybrides.

"Nous constatons qu'elles se multiplient et que les attaques contre nous ont été multipliées par quatre l'an dernier", a-t-il déclaré. "Notre objectif est de montrer que ces activités ne nous intimideront pas et ne nous empêcheront pas de soutenir l'Ukraine."

Autre sujet à l'ordre du jour de cette réunion informelle dite de Gymnich: des propositions visant à ce que la Commission européenne rouvre le débat sur l'utilisation des avoirs souverains russes immobilisés pour financer l'Ukraine, une idée défendue par la Suède, l'Espagne, la Pologne et les Pays-Bas.

La ministre finlandaise des Affaires étrangères, Elina Valtonen, a déclaré que "l'Europe doit soutenir l'Ukraine à l'approche de l'hiver".

"C'est le bon cadre et le bon moment pour parler des avoirs gelés", a-t-elle indiqué avant le sommet. "Nous devons examiner toutes les options sur la table."