Exit l’almond Mom, la 90’s butter mom est la nouvelle mère idéale
La “butter mom” est à Charlotte York dans Sex and The City ce que “l'almond mom” est à Bree Van de Kamp dans la série culte Desperate Housewives. Ce nouvel archétype, tout droit sorti des arcanes de TikTok, fai...
La “butter mom” est à Charlotte York dans Sex and The City ce que “l'almond mom” est à Bree Van de Kamp dans la série culte Desperate Housewives. Ce nouvel archétype, tout droit sorti des arcanes de TikTok, fait écho aux figures maternelles qui ont marqué les années 1990, une décennie qui suscite aujourd'hui une vive nostalgie. Instants en famille, pique-niques dans l'herbe, plats réconfortants… La “butter mom” est-elle la mère parfaite ?
Qu'est-ce qu'une butter mom ?
La “butter mom” est née en réaction à “l'almond mom”, cette mère qui encouragerait ses enfants, en particulier ses filles, à restreindre drastiquement leur alimentation. Or, les études médicales sont unanimes à ce sujet : les troubles du comportement alimentaire peuvent se transmettre de génération en génération. À l'image de l'étude de Berge et al., publiée dans JAMA Pediatrics en 2013, qui montre que les conversations des parents autour de l'alimentation et du poids sont associées aux comportements alimentaires désordonnés chez les adolescents. De même, une étude de Lessard, publiée dans le Journal of Pediatric Psychology, s'intéresse au rôle des commentaires, positifs comme négatifs, liés au poids dans la communication parentale autour du corps et de la santé des adolescents.
“L'almond mom” diaboliserait certains aliments et instaurerait un rapport culpabilisant à la nourriture. Gabrielle Solis, dans Desperate Housewives, en est le parfait exemple. Dans l'une des scènes de la série, la mère de famille propose à sa fille Juanita d'aller courir au parc parce qu'elle a mangé trop de gâteau lors d'une fête d'anniversaire. Le surpoids de Juanita venait d'être souligné par les autres invités, des remarques que Gabrielle avait entendues. Face au refus de sa fille de faire du sport, elle démarre sa voiture et la pousse à courir derrière elle, en lui promettant une nouvelle poupée. “C'est un nouveau jeu que j'ai inventé”, lui dit-elle. Cette scène véhicule une approche punitive de l'activité physique, tout en soulignant la pression liée au regard des autres dans la construction de l'image de soi.
Gabrielle Solis, dans Desperate Housewives
Ron Tom/Getty ImagesÀ l'inverse, “la butter mom” entretiendrait un rapport plus apaisé à son corps et à son alimentation. Elle prépare des plats équilibrés sans traquer les calories, l'indice glycémique ou les grammes de protéines à l'excès. Elle ne fait pas de la nourriture un sujet de culpabilité ou de contrôle. Au contraire, elle considère les repas comme un moment de partage et accorde davantage d'importance au bien-être émotionnel qu'à l'apparence physique à l'image de Kirsten Cohen, dans la série Newport Beach. Charlotte York, dans Sex and the City, peut également s'en rapprocher. Très investie dans son rôle de mère, elle cherche à offrir à ses enfants un environnement stable, aimant et structuré.

Kirsten Cohen dans Newport Beach
©Warner Bros/Courtesy Everett Collection“La butter mom” se distingue donc par son éducation positive qui se reflette dans l'assiette. Son vestiaire chic et minimaliste, directement hérité des années 1990, est un plus qui contribue à cette idéalisation.
Ces expressions ont le mérite de mettre des mots sur des comportements que de nombreux enfants ont pu subir, participant ainsi à libérer la parole. Mais il convient toutefois de ne pas enfermer les mères dans des catégories ni de simplifier des situations familiales complexes.