EXCLUSIF. Le vieux silo de Gaillac figure emblématique de la ville, va renaître en hôtel haut de gamme avec spa et rooftop spectaculaire
Visible à des kilomètres, le silo de Gaillac, figure emblématique de la troisième ville du Tarn, s’apprête à changer de vie. Un groupe toulousain veut y implanter un hôtel quatre étoiles de 74 chambres avec spa, restaurant et rooftop avec vue spectaculaire sur le vignoble. Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce chantier hors norme qui devrait débuter début 2027.
l'essentiel Visible à des kilomètres, le silo de Gaillac, figure emblématique de la troisième ville du Tarn, s’apprête à changer de vie. Un groupe toulousain veut y implanter un hôtel quatre étoiles de 74 chambres avec spa, restaurant et rooftop avec vue spectaculaire sur le vignoble. Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce chantier hors norme qui devrait débuter début 2027.
Le regard est inévitablement attiré par lui. Dressé au-dessus des toits de Gaillac, le vieux silo céréalier domine la ville de ses 26 mètres de hauteur. Avec ses façades de briques rouges, ses créneaux qui lui donnent des allures de forteresse médiévale et sa silhouette reconnaissable entre toutes, il fait partie du paysage gaillacois depuis près d'un siècle. Bientôt, ce monument industriel classé pourrait connaître une seconde vie. Plus question d'y stocker des milliers de tonnes de céréales : ce sont désormais des voyageurs que ses murs accueilleront.
Le projet est porté par Elaïa, la filiale de promotion du groupe toulousain Socotrap, qui travaille sur cette reconversion depuis 2022. L'entreprise est aujourd'hui sous compromis de vente avec Arterris, propriétaire des lieux, et se montre confiante. "Tous les feux sont au vert", se félicite Stéphane Curien, directeur général d'Elaïa, qui assure que la finalisation de l'opération avec l'investisseur et l'exploitant - dont l'identité n'a pas été révélée - est imminente.
Un rooftop panoramique
À terme, le bâtiment accueillera un hôtel quatre étoiles de 74 chambres, dont certaines modulables pour les familles. Mais les promoteurs veulent aller bien au-delà d'un simple établissement hôtelier. Le projet comprend un restaurant ouvert au public, un rooftop panoramique offrant une vue sur le Tarn et les toits de la ville, des salles de séminaire, des espaces événementiels ainsi qu'un vaste spa avec piscine intérieure et extérieure, hammam, sauna, salle de soins et espace bien-être. Une partie de ces équipements pourra d'ailleurs être accessible aux habitants, afin de faire vivre le site toute l'année.
Car l'objectif affiché est aussi de reconnecter cet ancien îlot industriel à la ville. Les deux entrées du futur complexe resteront ouvertes en journée pour permettre aux piétons de traverser le parc entre le centre-ville, le cinéma, la salle des fêtes et les parkings voisins.
Un exemple rare de l'architecture industrielle agricole des années 1930
Cette reconversion s'inscrit dans un bâtiment chargé d'histoire. Construit en 1937, au moment où le chemin de fer supplante progressivement le transport fluvial sur le Tarn, le silo occupait alors un emplacement stratégique, à proximité de la gare et des quais. Pendant des décennies, des milliers d'agriculteurs du Tarn y ont livré leurs récoltes. Resté en activité jusqu'en 2019, avant d'être "désarmé" par Arterris, il constitue aujourd'hui un exemple rare de l'architecture industrielle agricole des années 1930, ce qui lui a valu son inscription au titre des Monuments historiques.
Cette protection patrimoniale constitue aussi l'une des principales difficultés du chantier. Les façades seront intégralement conservées, tout comme les célèbres cônes en béton situés au rez-de-chaussée, qui serviront de décor à un espace retraçant l'histoire du lieu. Les nouvelles ouvertures respecteront strictement la trame des fenêtres existantes, conformément aux prescriptions de l'Architecte des Bâtiments de France. À l'intérieur, la transformation des 32 alvéoles de béton nécessitera une méthode de démolition et de reconstruction particulièrement minutieuse afin de préserver la stabilité de cet édifice de plusieurs milliers de tonnes.
L'objectif ? Une ouverture en 2029
À contre-courant d'un marché hôtelier actuellement fragilisé, les promoteurs affichent leur confiance. Les différentes études commandées concluent toutes au même constat : Gaillac souffre d'un déficit d'hébergement hôtelier alors que son attractivité touristique progresse, entre le vignoble, les bastides, la proximité d'Albi et de Cordes-sur-Ciel. "Gaillac est très attractive mais n'arrive pas à garder les touristes plus d'un jour ou deux, faute d'hébergement adapté", affirme Stéphane Curien, convaincu qu'une offre quatre étoiles aux tarifs maîtrisés trouvera sa clientèle, là où les visiteurs doivent aujourd'hui souvent se tourner vers les gîtes ou les hôtels des communes voisines.
Si le calendrier est respecté, les derniers actes de vente pourraient être signés d'ici la fin de l'année. Après plusieurs mois de préparation technique, les premiers travaux sont attendus au début de 2027. Deux années seront ensuite nécessaires pour mener à bien cette spectaculaire métamorphose, avec une ouverture espérée entre la fin de l'année 2028 et le début de 2029. Les tarifs, eux, ne sont pas encore arrêtés, mais les porteurs du projet promettent d'emblée une ambition claire : proposer un établissement haut de gamme sans pratiquer les prix des grandes métropoles.