Eva Trobisch, réalisatrice de “Home Stories” : “Il y a beaucoup de narratifs psychologisants” sur l’Allemagne de l’Est
Dans son nouveau film "Home Stories", sorti le 29 juillet, Eva Trobisch raconte l'histoire d'une famille de Thuringe, région de l'Allemagne de l'Est, bousculée par la participation de sa fille à une émission de télé-crochet.
Dans son nouveau film "Home Stories", sorti le 29 juillet, Eva Trobisch raconte l'histoire d'une famille de Thuringe, région de l'Allemagne de l'Est, bousculée par la participation de sa fille à une émission de télé-crochet.
"Il y a beaucoup de narratifs psychologisants, simplificateurs" sur l'Allemagne de l'Est, déplore, sur France Inter, lundi 3 août, la réalisatrice Eva Trobisch. Son nouveau film Home Stories est sorti en salles le 29 juillet. Il raconte l'histoire d'une famille de la région de Thuringe, dont la fille va participer à une émission de télé-crochet tournée à Munich. "Il faut aller au-delà, dire la nuance, la complexité. On ne peut pas tout résumer de telle ou telle façon, ni tout voir de telle ou telle façon. Et c'est la mission que je me suis donnée", affirme la cinéaste.
Le film est marqué par de nombreux silences. "Dans une famille, on parle beaucoup, mais pas forcément de ce qui compte", affirme Eva Trobisch. "Les choses importantes sont souvent négociées en entre-filet, entre les mots. On dit beaucoup de choses, mais bien souvent, les choses principales sont esquissées ou tues complètement", ajoute la réalisatrice. Elle voit son film comme "une recherche autour des dynamiques au sein d'une famille et d'une société" avec cette question : "Qui est-ce qu'on est ?"
"Il faut continuer à raconter"
La réalisatrice a basé l'action de son nouveau film à Greiz, ville natale de son grand-père, dans la région de Thuringe, marquée par une forte montée de l'extrême droite ces dernières années. "Si on avait la capacité à faire changer les perspectives, je crois qu'en Europe, on n'en serait pas là où on en est aujourd'hui, malheureusement", souligne-t-elle. "J'ai eu besoin d'initier un échange et de m'intéresser à ce qui se passait. J'ai été avec curiosité, avec un cœur ouvert. J'ai parlé aux gens, j'ai été à des endroits où l'on ne va plus, des endroits qui sont oubliés ou dont l'histoire est écrasée", poursuit-elle. "Et ça a été l'un des moteurs de mon action pour que le contact ne soit pas perdu. Et pour que le dialogue continue, il faut continuer à raconter."
À écouter
France Inter
3 min
Eva Trobich note, "en Allemagne, une certaine tendance, au niveau culturel, à effacer l'histoire de l'Allemagne de l'Est". Selon elle, "on prend les vieux bâtiments, on les détruit ou alors on les rénove pour en faire ce qu'ils étaient avant l'Allemagne de l'Est, donc il y a une véritable tendance à écraser, si vous voulez, l'histoire de ce pays".