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Europe : Tesla ne veut surtout pas voir publiées les données de sécurité du FSD confiées à la RDW

Tesla n’en finit plus de faire parler de son Full Self-Driving en Europe. Mais cette fois, ce n’est pas directement le constructeur qui se retrouve sous le feu des critiques : ce sont les autorités chargées de vérifier la sécurité de son système. Com...

Tesla n’en finit plus de faire parler de son Full Self-Driving en Europe. Mais cette fois, ce n’est pas directement le constructeur qui se retrouve sous le feu des critiques : ce sont les autorités chargées de vérifier la sécurité de son système. Comme le rapporte Reuters, plusieurs régulateurs européens refusent en effet de publier les données ayant permis d’évaluer le FSD, invoquant le secret commercial de Tesla.

Pourquoi Tesla tient tant à cacher ses données concernant la sécurité du FSD ? Image Tesla.

Le cas le plus étonnant vient des Pays-Bas. En avril dernier, l’autorité néerlandaise RDW a donné son feu vert au FSD, avant de pousser pour une homologation à l’échelle européenne. Elle refuse cependant toujours d’expliquer précisément comment elle a évalué le système, ou de fournir les données permettant de comprendre pourquoi elle le considère suffisamment sûr pour circuler. En avril, la RDW affirmait même que le FSD était « plus sûr que les autres systèmes d’aide à la conduite », une formulation devenue en juin « au moins aussi sûr que les autres systèmes d’aide à la conduite ». Aucun chiffre permettant d’étayer ces déclarations n’a été rendu public.

La conduite entièrement autonome (supervisée) de Tesla autorisée aux Pays-Bas

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Tesla aurait fait un lobbying assez intense pour s’assurer que ses documents resteraient secrets : des échanges obtenus par Reuters montrent que le constructeur insiste depuis fin 2024 pour que certains documents restent confidentiels. En avril 2025, un représentant de Tesla est même allé jusqu’à demander confirmation qu’un document ne serait « jamais » publié, ainsi que des précisions sur la manière dont la RDW comptait s’assurer qu’il resterait inaccessible au public. Tesla indiquait ne pas pouvoir transmettre davantage d’informations tant que ce point ne serait pas éclairci.

Une situation qui commence à faire grincer quelques dents : Oliver Carsten, professeur spécialisé dans la sécurité des transports à l’université de Leeds et ayant participé à l’élaboration de réglementations européennes sur la conduite automatisée, ne voit ainsi « aucune raison pour laquelle [ces informations] ne pourraient pas être publiques ». Frank Mutze, de l’European Transport Safety Council, résume de son côté le problème : le public doit simplement croire que les autorités « ont fait leurs devoirs », ce qui n’est selon lui « évidemment pas suffisant ».

Et les Pays-Bas ne sont pas seuls : six autres autorités européennes interrogées par Reuters, notamment en Allemagne, en Norvège et au Danemark, ont également refusé de communiquer leurs données concernant les performances du FSD, toujours au nom du secret commercial. La Norvège apporte néanmoins une précision intéressante : les données examinées par ses services ne sont pas les mêmes que celles publiées par Tesla sur son site, et montrent une sécurité inférieure à celle revendiquée publiquement par le constructeur.

La conduite autonome de Tesla rate son permis en France, notamment à cause d’excès de vitesse

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Voilà qui tombe plutôt mal, alors que Reuters révélait déjà en juin que Tesla avait fourni à plusieurs régulateurs européens des statistiques américaines donnant une vision avantageuse, voire trompeuse, de la sécurité du FSD. La RDW assure ne pas s’être appuyée sur ces chiffres et avoir effectué ses propres essais sur route et circuit fermé. Impossible cependant d’en savoir beaucoup plus… puisque les résultats restent confidentiels.

L’enjeu dépasse largement les Pays-Bas : la RDW cherche désormais à obtenir une autorisation européenne pour le système. Celle-ci nécessitera le soutien de 55 % des États membres représentant au moins 65 % de la population de l’Union, avec un vote qui pourrait intervenir dès octobre. La France a déjà prévenu qu’elle ne soutiendrait pas le FSD dans sa forme actuelle, notamment en raison de problèmes concernant la vitesse et la surveillance de l’attention du conducteur.