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Trump fait planer le doute sur une exécution en direct qui indigne l’Amérique

En diffusant en direct l’exécution de Nidal Hasan, les Etats-Unis adopteraient une pratique associée à l’Iran, l’Afghanistan ou la Corée du Nord. Donald Trump entretient le doute sur sa retransmission

20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Publié le 10/10/2026 à 01h36 • Mis à jour le 10/10/2026 à 01h37

L'essentiel

Les Etats-Unis pourraient bientôt rejoindre l’Iran, l’Afghanistan des talibans ou encore la Corée du Nord parmi les pays qui organisent des exécutions publiques, sans oublier l’organisation terroriste Daesh. Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, envisage de retransmettre en direct la mise à mort de Nidal Hasan, condamné pour avoir tué 13 personnes, dont 12 militaires, sur la base de Fort Hood, au Texas, en novembre 2009. Une initiative qui suscite une vive indignation, jusque dans les rangs républicains.

Nidal Hasan doit être fusillé le 3 décembre, sur les lieux mêmes de son attentat inspiré par Al-Qaïda, qui avait également fait plus de 30 blessés. Il s’agirait de la première exécution réalisée par l’armée américaine depuis 1961 et de la première par peloton d’exécution depuis 1945. Donald Trump, qui a personnellement approuvé la méthode, a entretenu le doute vendredi sur sa retransmission. « Ils sont en train de prendre une décision, mais il sera tué, par peloton d’exécution », a-t-il déclaré.

Réactions indignées dans le camp républicain

L’annonce de Pete Hegseth a provoqué de nombreuses réactions au sein du camp présidentiel. « Je soutiens totalement la condamnation à mort, mais diffuser des exécutions en direct est ce que font les djihadistes. L’Amérique vaut mieux que ça », a dénoncé le représentant républicain Austin Scott. Même réserve chez le vice-président J.D. Vance, qui a assuré ne pas savoir si la retransmission aurait lieu, avant d’ajouter : « Si c’est diffusé en direct, je ne regarderai pas. »

Côté démocrate, le sénateur Mark Kelly a établi un parallèle avec les régimes autoritaires pratiquant les exécutions publiques. « Mais une exécution publique ? Ici aux Etats-Unis ? C’est le genre de choses que font l’Iran et les talibans. Est-ce à eux que nous voulons être associés ? », s’est-il interrogé. Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme a également condamné cette perspective, estimant qu’une telle diffusion constituerait une forme de « torture ».

« Promotion barbare d’une culture de la mort »

Les organisations de défense des droits humains et l’Eglise catholique américaine ont aussi exprimé leur opposition. Pour Justin Mazzola, responsable d’Amnesty International aux Etats-Unis, une retransmission « ne ferait qu’aggraver la cruauté de la peine de mort et perpétuer le cycle de violence auquel les autorités disent vouloir mettre fin ». L’archevêque Paul Coakley, président de la Conférence des évêques catholiques américains, a dénoncé une « promotion barbare d’une culture de la mort ».

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Mercredi, Pete Hegseth avait pourtant clairement affiché son intention de rendre cette exécution accessible au public. Nidal Hasan « sera fusillé par des soldats, comme il se doit, et nous veillerons à ce que le public puisse y assister, à ce que ce soit public », avait-il affirmé lors d’une interview filmée. Reste à déterminer comment une éventuelle retransmission pourrait être organisée. YouTube, Meta et X n’ont pas répondu aux sollicitations de l’AFP. TikTok a rappelé sa politique interdisant les images montrant une personne se faisant abattre.