États-Unis. Jeune mariée, maman… Qui était Erin Piacenti, la banquière tuée au hasard à Times Square ?
Il était environ 16 h 30, lundi 31 août, lorsqu'une femme munie de deux couteaux s'en est prise à des passants près de la 42e rue, en plein Times Square, à New York. En une vingtaine de secondes, elle a blessé ...
Il était environ 16 h 30, lundi 31 août, lorsqu'une femme munie de deux couteaux s'en est prise à des passants près de la 42e rue, en plein Times Square, à New York. En une vingtaine de secondes, elle a blessé à l'abdomen un touriste de 68 ans, avant de poignarder mortellement Erin Piacenti. La jeune femme, seule victime décédée, a succombé à ses blessures ; l'homme a été hospitalisé dans un état stable.
L'assaillante, Pamela Cisneros, 49 ans, a ensuite été abattue par la police. Selon les autorités new-yorkaises, l'attaque était aléatoire et sans lien avec le terrorisme.
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L'assaillante était armée de deux armes blanches. Photo NYPD
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L'attaque a eu lieu dans le quartier touristique de Times Square. Photo Sipa/Kyle Mazza
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Zohran Mamdani, maire de la ville, a remercié les policiers qui sont intervenus « et ont empêché cette attaque effroyable de prendre une ampleur encore plus tragique ». Photo Sipa/Kyle Mazza
D'une chorale universitaire au barreau de New York
Originaire de Chester, dans le New Jersey, Erin Piacenti, née Guiltinan, avait étudié à la Villa Walsh Academy, un établissement catholique pour filles de Morristown, avant d'intégrer l'université de Pennsylvanie, l'une des prestigieuses institutions de l'Ivy League. Diplômée en sciences politiques en 2016, elle y était aussi choriste : membre du groupe a cappella Dischord, elle s'y produisait comme soliste alto, après avoir chanté au sein d'un chœur de jeunes du New Jersey.
Elle s'était ensuite tournée vers le droit, à la faculté Fordham de New York, dont elle est sortie diplômée en 2021. C'est là qu'elle avait rencontré son mari, Frank, aujourd'hui avocat dans un cabinet new-yorkais. Côté carrière, elle avait travaillé au cabinet Davis Polk & Wardwell, dans les fusions-acquisitions, ainsi qu'à la banque Morgan Stanley, avant de rejoindre Bank of America début 2025. Elle y occupait le poste de vice-présidente du pôle juridique « Business Selection and Conflicts ». Le siège new-yorkais de la banque se situe à quelques pas de Times Square.
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Mariée le 10 août 2024 à Manahawkin, dans le New Jersey, elle venait de fêter son deuxième anniversaire de mariage. Le couple était devenu parents. De retour depuis peu d'un congé maternité de cinq mois, Erin Piacenti avait récemment fait baptiser sa fille. Quatre jours seulement avant sa mort, elle avait publié en ligne une photo d'elle, souriante, aux côtés de son mari et de leur bébé, disant tout son bonheur, rapportent nos confrères du New York Times. Sa grand-mère l'a décrite comme « une fille magnifique, vraiment magnifique ».
Depuis le drame, les hommages ne cessent de se multiplier dans l'ensemble du pays. « Nous sommes sous le choc et profondément attristés par la perte tragique de notre collègue », a réagi Bank of America, saluant « une collaboratrice très appréciée ». Dans une note interne, l'un de ses dirigeants, Matthew Koder, a évoqué « une coéquipière et une amie chère ». La faculté de droit de Fordham s'est dite « le cœur brisé » par cette disparition « tragique et insensée ».
L'assaillante, de longue date en proie à la maladie mentale
Rien ne reliait Erin Piacenti à celle qui l’a tuée. Selon la police, l’attaque a été commise au hasard. L'assaillante, Pamela Cisneros, était fragilisée depuis des années par la maladie mentale. Âgée de 49 ans, elle vivait seule depuis cinq ans dans un immeuble d'une rue tranquille de Woodside, dans le quartier du Queens. « Elle disait bonjour et au revoir, payait son loyer à temps. Je n'ai jamais eu de problème avec elle », a notamment témoigné le gérant de sa résidence auprès du New York Times.
Son père, Mario Cisneros, 78 ans, a décrit au même journal des décennies de troubles psychiques sévères. En 2019, sa fille avait tenté de se jeter sous une rame de métro dans le Queens. La famille était alors intervenue : le père l'accompagnait chaque mois à l'hôpital pour des injections qui la stabilisaient. En avril, elle avait refusé qu'il l'y conduise, assurant pouvoir s'y rendre seule. « Ne t'inquiète pas pour moi », lui avait-elle dit. Elle ne voulait plus, confiait-elle, dépendre de son traitement.
Ancienne étudiante en psychologie, mère de trois enfants, Pamela Cisneros avait traversé un divorce, une bataille pour la garde de sa fille cadette et des difficultés professionnelles répétées. Les messages affectueux qu'elle continuait d'adresser à ses filles restaient sans réponse. Connue de la police pour des incidents liés à ses troubles, elle n'avait, selon son père, jamais montré de violence. « Ce qu'elle a fait n'a aucun sens », confie-t-il, dévasté. « Personne ne devrait ôter une vie. »