États-Unis : Donald Trump menace de ne pas rouvrir le Kennedy Center si son nom n’y est pas apposé
Le Kennedy Center, haut lieu culturel de Washington, a fermé ses portes mardi 15 septembre après un vote quasi unanime de son conseil d’administration. Donald Trump conditionne sa réouverture à l’apposition de son nom sur l’édifice, qu’un juge fédéral lui interdit.
Le conseil d’administration du Kennedy Center a voté mardi 15 septembre la fermeture immédiate de ce haut lieu culturel de Washington que Donald Trump, qui le tient sous sa coupe depuis 2025, menace de ne pas rouvrir s’il n’obtient pas d’y faire figurer son nom.
L’annonce de la fermeture, faite par le président américain lui-même sur sa plateforme Truth Social et doublée de sa mise en garde, est intervenue peu après qu’un juge fédéral a statué que le nom de Donald Trump ne pouvait pas être réinscrit sur l’imposant bâtiment blanc sans l’accord du Congrès. La décision du conseil d’administration – qui lui est largement acquis – de fermer « immédiatement » l’institution culturelle a été votée « à la quasi-unanimité » et se fonde sur des « raisons de sécurité », a écrit Donald Trump.
Il a dans la foulée conditionnée des travaux de rénovation à une décision de justice favorable en ultime ressort à ce que son nom soit affiché sur cet édifice qui accueille du théâtre, de l’opéra, des comédies musicales et des concerts de musique classique. « Si la décision est négative (…) et n’est pas cassée par la Cour suprême américaine, la reconstruction et la rénovation du Kennedy Center n’auront pas lieu », a-t-il menacé.
Quelques heures plus tôt, à l’issue d’une audience en référé, le juge Christopher Cooper a statué qu’il était « interdit à la défense d’inscrire + Rénové et restauré par Donald Trump + sur le bâtiment principal ». « Pour faire simple, la défense ne peut pas installer d’hommage au président Trump (…) au Kennedy Center sans l’accord du Congrès », a-t-il tranché.
« Pas woke »
Donald Trump a pris le contrôle du Kennedy Center – baptisé en souvenir de l’ancien président démocrate assassiné John F. Kennedy – peu après son retour à la Maison-Blanche en 2025 en plaçant largement des fidèles dans son conseil d’administration, avec la volonté de « le remettre dans le droit chemin » et la promesse d’une programmation « pas woke ». Son nom avait été accolé à celui de JFK sur la façade en décembre dernier.
Mais une première décision du juge Cooper fin mai avait ordonné de retirer toute référence « au président Trump ou à tout individu autre que le président Kennedy » sur le bâtiment, son site Internet et ses marques déposées.
Le Kennedy Center avait annoncé en juin s’être exécuté. Son conseil d’administration est toutefois revenu à la charge au cours de l’été avec un nouveau projet visant à rendre hommage, par une inscription sur l’édifice, à l’engagement de Donald Trump pour la rénovation de l’institution culturelle.
Ses membres arguent que, face à l’état précaire des finances du Kennedy Center et de son bâtiment, seul Donald Trump est en mesure de lever des fonds et de mettre sur pied une réhabilitation d’envergure, et qu’à ce titre il est légitime que son nom figure sur la salle de spectacle.
Salle boudée
Le juge Cooper y a de nouveau fait obstacle mardi. Le Kennedy Center a « l’intention de faire appel » et va s’efforcer de « faire reconnaître la contribution historique de Donald Trump pour (sa) revitalisation », a fait savoir à l’AFP sa vice-présidente chargée des relations publiques, Roma Daravi.
Dans sa décision de mai, le même magistrat avait également suspendu à titre provisoire une fermeture pour deux ans, considérant que le conseil avait manqué à son « devoir de prudence » en ne tenant pas compte des retombées négatives qu’elle générerait.
Il avait néanmoins autorisé la poursuite des travaux de réparation prévus, dont « le besoin apparaît criant », et précisé qu’il ne s’opposerait pas à une nouvelle décision de fermeture si elle était prise au terme d’une évaluation plus approfondie.
Depuis qu’elle est passée sous la coupe de Donald Trump, nombre d’artistes – comme la très populaire comédie musicale « Hamilton » sur la naissance de la démocratie américaine – boudent la salle de spectacle. Selon la presse américaine, les ventes de billets et les collectes de fonds se sont effondrées. S’il ne s’est prononcé que sur sa fermeture, le conseil d’administration devait initialement examiner dix propositions visant à faire référence à Donald Trump.