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Est-ce que l’EVRAS est suffisant pour sensibiliser nos jeunes aux IST ? Elles sont en augmentation en Belgique

Dans un contexte de hausse des infections sexuellement transmissibles chez les jeunes, les enjeux d’information et de prévention s’intensifient. Comme la nécessité d’accès aux moyens de protection.

On se souvient que l'EVRAS a été généralisée à l’été 2023 par un accord de coopération wallon et bruxellois, qui impose à toutes les écoles francophones d’accorder au moins deux animations durant le cursus scolaire. Une en sixième primaire et une seconde en quatrième secondaire. Deux plages sur douze ans, ça reste peu. Et cela avait pourtant déjà soulevé une vague de contestation des milieux les plus conservateurs.

Les travailleurs et travailleuses d’O’Yes, qui participaient à la conception de ces animations, ont été jusqu’à recevoir des menaces de mort. Aujourd’hui, ce sont ceux et celles des plannings familiaux qui se rendent dans les écoles primaires et secondaires. “Un processus de label a été mis en place qui permet de pouvoir vraiment venir professionnaliser et légitimiser le secteur sur les animations, explique Léna Bonte, responsable des centres wallons à la Fédération des Centres Pluralistes de Planning Familial. Ça n’empêche qu’il y a encore tellement de choses à mettre en place. Les mouvements anti-EVRAS ont été hyper énergivores pour les acteurs de terrain, souvent les animatrices ont pris plus de temps à démentir certains propos, à rassurer les parents, les écoles, les élèves, qu’à donner leurs animations. ”

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Un projet au long cours

On lui a demandé si elle pouvait dresser un premier bilan de ces trois années. “C’est trop compliqué parce que c’est un projet qui parle d’éducation sur du long terme, qui dans l’idéal devrait avoir lieu chaque année et accompagner les élèves dans tout leur développement. Des retours de terrain, on voit que deux créneaux, ce n’est vraiment pas assez et qu’il faudrait une politique éducative intégrée à l’établissement dans lequel tous les collaborateurs qui touchent au développement de l’enfant puissent participer à ce projet EVRAS. ”

Léna Bonte ajoute que les financements restent insécurisants pour les acteurs de terrain. “C’est génial que le gouvernement ait décidé de s’emparer de ces questions, de mettre en place un cadre qui puisse permettre de professionnaliser le secteur, de le légitimiser. Mais pour l’instant, le financement n’est pas pérenne. Il doit chaque année être reconfirmé, ce qui provoque énormément d’insécurité d’emploi. ” Le cadre de l’EVRAS, si important dans un contexte marqué notamment par l’augmentation des infections sexuellement transmissibles, reste donc sous-exploité et précaire.

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