Espagne. Incendie en Andalousie : une Française parmi les disparus, le bilan monte à douze morts
Une Française figure « parmi les personnes disparues » dans l'incendie qui a dévasté un massif boisé près d'Almería, en Andalousie, a annoncé samedi soir le ministère français des Affaires étrangères. « L'ident...
Une Française figure « parmi les personnes disparues » dans l'incendie qui a dévasté un massif boisé près d'Almería, en Andalousie, a annoncé samedi soir le ministère français des Affaires étrangères. « L'identification est en cours par les autorités espagnoles », a précisé le Quai d'Orsay, indiquant que l'ambassade de France à Madrid et le consulat général de Séville étaient « en lien constant » avec les autorités espagnoles et « pleinement mobilisés » auprès de la famille. « Nous n'avons pas la confirmation de son décès pour le moment », a-t-on souligné de même source, précisant que ce sont les autorités espagnoles qui l'établiront après identification.
La victime a très probablement péri dans sa voiture en tentant de fuir les flammes, a témoigné son mari, Jérôme Navarro, sur TF1. Le couple venait d'arriver dans sa maison de vacances, située dans un quartier résidentiel. « J'ai dit à ma femme : "Sors vite, tu laisses tout." Et le temps de dire ça, j'étais entouré d'une boule de feu. J'ai pu que partir en courant », a-t-il raconté, les larmes aux yeux. Après avoir perdu le contact avec son épouse Stéphanie, il dit avoir dû se jeter dans un ravin puis ramper pour survivre. Il affirme n'avoir reçu aucun ordre d'évacuer. « Personne n'est venu prévenir. On s'est retrouvés coincés, piégés. Quand on a vu le feu, c'était déjà trop tard. »
Un feu parmi les plus meurtriers du siècle en Espagne
Déclenché jeudi en fin de journée près de Los Gallardos, le feu a parcouru quelque 6.600 hectares et fait au moins douze morts, ce qui en fait l'incendie le plus meurtrier qu'ait connu l'Espagne depuis 1984. Vingt-trois personnes n'avaient toujours pas été localisées et huit autres ont été blessées, dont quatre grièvement. Ces derniers, victimes de brûlures étendues, ont été transférés par hélicoptère vers l'unité des grands brûlés de l'hôpital Virgen del Rocío, à Séville.
La plupart des victimes seraient des résidents étrangers, principalement britanniques et belges, dans cette zone où vivent de nombreux retraités venus du nord de l'Europe. L'état des corps, carbonisés, ne permet pas encore d'établir avec certitude leur identité : les prélèvements ont été transmis à Madrid pour des analyses ADN. Plusieurs personnes ont péri en tentant de fuir, quatre dans un véhicule et sept à pied. « Ce fut un véritable piège », a résumé Antonio Sanz, conseiller andalou aux Urgences, expliquant que les victimes avaient emprunté des chemins qui n'étaient pas ceux prévus pour l'évacuation. Un câble électrique tombé sur une route nationale pourrait être à l'origine du sinistre.
Après deux jours de lutte, la situation évoluait « relativement favorablement » samedi, selon les responsables du dispositif espagnol. Le feu a stoppé sa progression, mais près de 500 pompiers restaient mobilisés au sol, appuyés par des moyens aériens, tandis que plus de 1.400 personnes avaient été évacuées. L'Andalousie a entamé une période de trois jours de deuil officiel. Le Premier ministre Pedro Sánchez, qui a promis la pleine collaboration de l'État, est attendu lundi sur place.