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Espace. Une première pour une Française : l’astronaute Sophie Adenot va effectuer une sortie spatiale

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À un mois de son départ de l’ISS, l’astronaute française a été choisie par la Nasa pour participer à la prochaine sortie extra-véhiculaire, destinée à remplacer une antenne défaillante. Une première pour une Française.

Jean-Michel Lahire -

Aujourd’hui à 20:05 | mis à jour aujourd’hui à 21:02

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Elle sera la première Française à s’aventurer dans le vide spatial. La Nasa a confirmé que Sophie Adenot participera à la prochaine sortie extra-véhiculaire (EVA 97), programmée pour ce mardi 18 août. Elle fera équipe avec l’astronaute américain Anil Menon pour remplacer une antenne chargée d’assurer la communication haut débit entre la Station spatiale internationale (ISS) et la Terre, dont le fonctionnement s’est progressivement dégradé.

Une vidéo de la Nasa détaille toute la procédure, à laquelle tout l’équipage se prépare. Reconnaissable à sa parabole motorisée de près de deux mètres, l’antenne est fixée sur le segment Z1, au milieu de la station. Une fois sortis avec leur boîte à outils, Sophie Adenot et Anil Menon la rejoindront par deux chemins différents. L’Américain s’arrimera au bras robotique canadien de l’ISS, que ses collègues restés à l’intérieur de la station manipuleront pour l’amener au niveau de l’antenne. Pendant la majeure partie des opérations, Anil Menon devrait y rester solidement attaché par les pieds. Sage précaution : sans appui solide, tenter de dévisser un boulon dans l’espace est la meilleure manière de se transformer en hélice humaine.

Sophie Adenot, elle, devra rejoindre l’antenne en s’agrippant aux mains courantes présentes le long de la station. Les deux astronautes devront ensuite détacher l’antenne défectueuse, puis utiliser le bras robotique pour aller chercher l’antenne de remplacement, s’occuper de la fixation et des branchements, puis repartir fixer l’ancienne antenne dans la zone de stockage, et enfin rejoindre le sas. Durée prévue pour l’ensemble de l’opération : environ six heures et demie.

Sophie Adenot avec l’astronaute américain Chris Williams, le 29 juin à la veille de l’EVA 95. Mardi prochain, ce sera au tour de la Française d’enfiler le scaphandre pour sa première sortie dans l’espace. Photo ESA/Nasa

Sophie Adenot avec l’astronaute américain Chris Williams, le 29 juin à la veille de l’EVA 95. Mardi prochain, ce sera au tour de la Française d’enfiler le scaphandre pour sa première sortie dans l’espace. Photo ESA/Nasa

Trois sorties en un mois

Alors que sa mission touche déjà à sa fin, cette sortie est une belle consécration pour l’astronaute française de 44 ans, qui effectue son premier séjour en orbite. Elle n’est pas non plus une grande surprise. Sophie Adenot a suivi la préparation intensive aux sorties extra-véhiculaires à Houston, où les astronautes peuvent s’entraîner sur une réplique à l’échelle des principaux modules de la station, immergée dans une piscine. La Française a également dirigé les opérations intravéhiculaires à bord de l’ISS lors des dernières sorties.

Fin juillet, son nom ainsi que celui de Jessica Meir avaient d’ailleurs été cités par la Nasa dans une vidéo de présentation de l’EVA 98 qui aura lieu le 25 août. Erreur de communication ? Un peu embarrassée, l’agence spatiale américaine avait précisé que les noms des astronautes chargés des prochaines sorties seraient communiqués plus tard. Il est possible que l’anomalie rencontrée le 6 août ait conduit la Nasa à ajuster son planning. Le capteur de CO2 du scaphandre d’Anil Menon, qui effectuait sa première sortie, avait indiqué des valeurs incohérentes. L’incident avait contraint l’agence à décaler l’EVA 97 de cinq jours, le temps de vérifier les équipements. Trois EVA ont été programmées pour le seul mois d’août.

Un quotidien très chargé

Si elles sont très médiatisées, les sorties extra-véhiculaires reflètent pourtant assez peu le quotidien des astronautes. L’essentiel de leur travail est scientifique. De la botanique à la physique fondamentale, environ 200 expériences sont au programme de la mission de Sophie Adenot, dont 10 développées ou coordonnées au sein du CNES (Centre national d’études spatiales). Les astronautes testent aussi régulièrement de nouveaux équipements, jouant parfois le rôle de cobaye. Sophie Adenot a notamment testé un prototype d’échographe, une combinaison intravéhiculaire européenne ou un nouvel appareil de fitness compact. Pour minimiser les conséquences de l’impesanteur sur les muscles et le système cardio-vasculaire, les astronautes sont astreints à deux heures d’exercice par jour.

La communication fait également partie du job. Sophie Adenot publie régulièrement des petites vidéos sur les réseaux sociaux, pour faire partager son quotidien d’astronaute ou expliquer certaines de ses expériences.

Pour Sophie Adenot, un probable retour en septembre

Arrivée le 14 février à bord d’un vaisseau Crew Dragon de SpaceX, Sophie Adenot doit séjourner environ sept mois dans l’ISS. Son retour coïncidera avec la prochaine rotation d’équipage et l’arrivée du Crew-13 à la mi-septembre - les deux équipages devant cohabiter quelques jours dans la station, le temps de passer le relais. Elle redescendra sur Terre avec ses trois collègues du Crew 12 (les Américains Jessica Meir et Jack Hathaway, le Russe Andreï Fediaïev) à bord de la même capsule qui l’avait emmenée jusqu’à l’ISS. Les assises des sièges sont réalisées sur mesure.

Native de Cosne-Cours-sur-Loire (Nièvre), Sophie Adenot est ingénieure aéronautique de formation. Devenue pilote d’hélicoptère dans l’armée de l’Air à la fin des années 2000, puis première femme pilote d’essai d’hélicoptère, elle a intégré le quatrième groupe d’astronautes en 2022. Elle est la deuxième femme astronaute française depuis Claudie Haigneré - dont elle n’a jamais caché qu’elle avait inspiré sa vocation.

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