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Éruption de joie en Inde après la démission du ministre de l’Éducation

The Indian Express décrit “un moment de victoire sur l’esplanade Jantar Mantar de New Delhi”. Depuis plusieurs jours, les manifestants du “parti du peuple des cafards” (CJP) campaient jour et nuit au cœur de la...

The Indian Express décrit “un moment de victoire sur l’esplanade Jantar Mantar de New Delhi”. Depuis plusieurs jours, les manifestants du “parti du peuple des cafards” (CJP) campaient jour et nuit au cœur de la capitale indienne pour réclamer la démission du ministre de l’Éducation, Dharmendra Pradhan. Ce dernier, critiqué après la découverte de fraudes massives ayant entaché un examen national d’accès aux études de médecine en mai, a annoncé samedi 25 juillet via son compte X qu’il quittait ses fonctions.

“Aux alentours de 14 h 30, après l’annonce de la démission de Pradhan […], sur l’esplanade Jantar Mantar, épicentre et cœur battant de la contestation, l’incrédulité se mêlait à la liesse”, poursuit le quotidien de Noida. “Certains manifestants ont éclaté de joie, d’autres ont fondu en larmes, et quelques-uns semblaient perdus, incapables de croire en cette victoire de la Gen Z indienne contre un gouvernement qui a la réputation de ne pas céder sous la pression.”

Deux millions de candidats s’étaient présentés au concours d’entrée en faculté de médecine, mais les examens avaient été annulés après que les sujets ont fuité. Selon les médias locaux, l’événement avait entraîné le suicide d’une vingtaine d’étudiants. Dans la foulée, un mouvement de contestation s’était formé, donnant lieu à des affrontements avec la police.

La fin du mouvement ?

“Le mouvement des ‘cafards’ a appelé à la fin des manifestations à Jantar Mantar, qui ont duré plus d’un mois”, annonce The Times of India. Lors d’une conférence de presse, le porte-parole du CJP, Ashutosh Ranka, a fait valoir que “toutes [les] demandes [avaient] été acceptées” et qu’il demandait à tous les participants de rentrer chez eux pacifiquement.

“Mais maintenant qu’une bataille a été gagnée, que va-t-il se passer ?” s’interroge The Indian Express qui est parti à la rencontre de la foule rassemblée au cœur de la capitale. Manisha, une participante interrogée par le titre, affirme : “J’ai le sentiment que l’objet de la contestation va plus loin que la seule personne de Dharmendra Pradhan pour s’étendre à l’ensemble du gouvernement et des dirigeants.”

Le mouvement a un temps laissé penser qu’il allait évoluer vers une remise en cause de l’autorité du Premier ministre nationaliste, Narendra Modi, et des revendications concernant les conditions de vie des jeunes Indiens.

Dans The Wire India, la militante, autrice et danseuse Anishaa Tavag écrit : “Les étudiants à travers le pays jubilent – et c’est bien normal. Ils ont montré un extraordinaire courage et une irrévérence qui leur ont permis de mettre le gouvernement à genoux. Mais ce n’est que le début. Avant qu’ils retournent [aux reels sur les réseaux sociaux], avant que les lieux de protestations soient vidés, nous nous devons d’avoir une réflexion sur les événements du mois passé.”

Elle suggère ainsi que de nombreux combats restent à mener, citant en exemple la lutte contre l’autoritarisme de Modi et la libération du militant pour les droits des musulmans Umar Khalid.