Équipes de nuit, recrutements, nouvelles brigades… Face à l’impatience des Hyérois, la maire annonce des mesures pour renforcer la sécurité
Réorganisation de la Police municipale, brigade cynophile, nouveaux postes, présence en soirée ou encadrement des maraudes : devant la demande de sécurité des Hyérois, la maire détaille sa feuille de route avec une promesse : « On ne fait pas rien. »
Depuis début septembre, une publication réclamant davantage de sécurité dans le centre-ville anime les réseaux sociaux hyérois. Une activité qui en rappelle une autre puisque l’an dernier, à la même époque, une pétition des commerçants de la haute ville sur la même question faisait parler d’elle. « Je suis suffisamment sur le terrain pour me rendre compte qu’effectivement, il y a un sujet, commente la maire. Les Hyérois sont impatients parce qu’ils ne sont pas sécures et que la situation ne date pas d’hier ».
Élue depuis mars, Véronique Bernardini, qui avait fait de cette thématique un axe fort de sa campagne apporte cependant un distinguo à la bronca actuelle : « La sécurité est la priorité du mandat et l’absence de communication immédiate ne signifie pas absence d’action. On ne fait pas rien. La municipalité travaille à un plan global, avec plusieurs mesures qui nécessitent des délais. »
Premier chantier : la police municipale. Aujourd’hui le service compte quelque 80 agents. La municipalité a prévu l’arrivée de quelques personnes supplémentaires dans les prochains mois. Elle annonce en particulier le recrutement pour décembre d’un « adjoint opérationnel » chargé d’épauler le chef de la Police municipale.
Autre projet : la création dans le courant du premier trimestre 2027 d’une brigade cynophile en misant sur le caractère dissuasif d’un chien spécialement dressé.
« On va aussi renforcer les équipes de nuit, avec probablement la création d’une brigade qui travaillerait de la fin d’après-midi à 2 heures du matin, envisage la maire. C’est le créneau durant lequel on rencontre le plus de difficultés ».
Pour dégager du temps de terrain chez les agents, la mairie compte les soulager de deux tâches annexes.
D’abord la surveillance de la sortie de quelques écoles (sans problème de circulation notoire) où ils seront remplacés par des « papy et mamie school ». En clair, une quinzaine de retraités vont être recrutés pour veiller à ce que les bambins traversent la rue en sécurité. « C’est prévu pour être en place juste après les vacances de la Toussaint, précise Véronique Bernardini. On lance l’expérience à Guynemer, Dolto, Saint-Exupéry, Paul-Long et Excelsior et on l’étendra peut-être. »
Autre piste pour concentrer les policiers sur les missions prioritaires : élargir celles confiées aux ASVP (Agent de Surveillance de la Voie Publique). « Ils vont être formés et monter en compétence » annonce la maire qui compte leur demander de s’occuper de diverses incivilités (déjections canines, voiture ventouses, dépôts sauvages ou navires échoués).
Bornes d’appel et vidéosurveillance renforcée
P.-H.C.
L’installation de bornes d’appel et directement reliées à la Police municipale figurait parmi les promesses de campagne. « C’est un engagement et on a bien avancé » sourit Véronique Bernardini sans avoir cependant de date précise pour la mise en service. Le marché avec l’entreprise spécialisée est en cours et la mairie compte en positionner « trois ou quatre » en centre-ville et à la gare. « Et en fonction de l’intérêt, on développera ou pas ».
Au rayon technologique, la maire annonce aussi vouloir se pencher sur la vidéosurveillance. Avec plus de 500 caméras dispersées sur la ville, le centre de surveillance a atteint ses limites. « Aujourd’hui, la vidéo sert surtout à la Police nationale pour ses enquêtes, soupire Véronique Bernardini. Il nous faut un nouvel aménagement et nous allons lancer des recrutements sur des spécialistes de la vidéosurveillance qui vont nous aider à préparer le futur CSU (Centre de supervision urbaine, NDLR) ».
Deux postes fermés… et deux autres en projet
Autre sujet de réflexion : les antennes décentralisées de la Police municipale. Depuis le mois de mars, la municipalité a fermé les deux postes qui existaient, au Val-des-Rougières et à Riondet. Paradoxal quand on fait de la sécurité une priorité ? Absolument pas pour Véronique Bernardini. « L’ouverture de ces postes, c’était uniquement de la communication politique, grince-t-elle. Personne n’entrait au bureau du Val-des-Rougières et à Riondet, le poste avait uniquement été ouvert pour canaliser le problème des mineurs non accompagnés qui étaient logés à l’hôtel des Orangers et passaient la soirée dehors. Le problème a été réglé depuis et le poste, qui n’était ouvert qu’en journée, mobilisait deux agents pour rien. On a fait le choix de les remettre sur le terrain ».
Décentraliser la présence de la Police municipale n’est cependant pas une stratégie abandonnée, loin de là. La maire annonce avoir l’intention de poursuivre l’idée de l’équipe précédente consistant à ouvrir un poste à la gare. « Mais pour l’instant, le local livré par la SNCF a besoin de gros travaux », soupire Véronique Bernardini qui n’imagine pas une mise en service avant la fin de l’année. Elle ajoute avoir aussi l’objectif d’ici début 2027 d’un « point d’accueil en centre-ville, dans un endroit particulièrement tendu aux alentours de la place de la République. »
Police nationale : effectif et partenariat
Par ailleurs, alors que la dernière augmentation d’effectifs au commissariat de Police nationale remonte à 2024, le sujet est une nouvelle fois posé. « J’ai demandé des renforts », annonce Véronique Bernardini qui précise avoir écrit au ministère de l’Intérieur le 10 août. Pas de réponse pour l’instant.
Toujours côté police nationale, la municipalité souligne cependant fonder beaucoup d’espoirs dans les groupes de partenariat opérationnels. Des rencontres qui permettent les échanges entre policiers et acteurs d’un quartier. Les CIL, bailleurs sociaux, commerçants, associations ou habitants sont invités à évoquer avec les forces de l’ordre les problématiques rencontrées. « L’idée c’est de se retrouver autour d’une table, de faire un diagnostic et de dire qui peut faire quoi pour améliorer la situation » résume Véronique Bernardini.
Maraude et tolérance zéro
Enfin, consciente que la présence de sans domicile fixe dans le centre-ville a un impact direct sur le sentiment d’insécurité ressenti par les Hyérois, la mairie compte continuer de s’appuyer sur l’arrêté municipal du 10 juin 2025, qui encadre les « occupations du domaine public » et ses dérives (sollicitations des passants, état d’ébriété, …). « Et c’est tolérance zéro, tonne la maire. Parallèlement, je vais recevoir toutes les associations et être très ferme sur les accueils de jour et les maraudes. Je veux que les distributions de repas soient organisées et regroupées dans un lieu fermé et protégé des intempéries. » En clair, plus question de constater que les SDF viennent à Hyères de très loin parce qu’ils savent qu’ici les associations prendront soin d’eux et qu’ils seront tranquilles. Un effet pernicieux de la solidarité dénoncé par la mairie.