Équipe de France : Zidane fait-il de meilleurs débuts que ses prédécesseurs ?
L’équipe de France a fini par s’imposer contre la Belgique (4-1), lundi 5 octobre 2026. Ce succès illustre les débuts réussis du nouveau sélectionneur des Bleus, Zinédine Zidane. Aimé Jacquet, Didier Deschamps, Raymond Domenech… Après quatre matchs, comment s’en étaient-ils sortis ?
Le large succès des Bleus contre la Belgique, lundi 5 octobre confirme les débuts réussis de Zinédine Zidane. Les premiers matchs constituent une étape complexe pour les nouveaux sélectionneurs : s’ils sont à prendre avec des pincettes en raison des nouveautés amorcées sur le plan tactique et dans les effectifs, ils permettent néanmoins de montrer le nouveau virage pris par les Bleus. Avec trois victoires et un nul, le nouveau patron des Bleus a pris un bon départ, même s’il n’égale pas les débuts tonitruants d’un certain Aimé Jacquet.
Zinédine Zidane (2026) : 3 victoires, 1 nul
La plupart des sélectionneurs ont été nommés après une période de crise sportive, ou à tout le moins, de résultats en deçà des attentes. Pour Zinédine Zidane, l’enjeu est différent et la pression d’autant plus forte : jugé sur un renouvellement du style de jeu de l’équipe, la légende des Bleus devra faire au moins aussi bien que son prédécesseur.
S’il n’a pas tout révolutionné lors des premiers matchs, il a toutefois convoqué de nouveaux visages (Adrien Truffert, Lucas Da Cunha, Esteban Lepaul…) et adopté des changements tactiques. Un pari gagnant pour ses premiers matchs en Ligue des nations, une compétition où les adversaires des Bleus affichent un niveau élevé. Les joueurs de « Zizou » se sont en effet imposés en Turquie (0-1) et en Belgique (1-0). Puis, après un match nul un peu frustrant face à l’Italie (1-1), ils ont largement battu les Belges (4-1) ce lundi.
Didier Deschamps (2012) : 2 victoires, 1 nul, 1 défaite
Après le départ de Laurent Blanc à la suite d’un Euro 2012 jugé plutôt décevant, Didier Deschamps signe en équipe de France en juillet 2012. Fort d’une solide expérience en club en tant qu’entraîneur (Monaco, Juventus de Turin, Olympique de Marseille), il se voit confier une lourde mission : redorer pour de bon l’image de la sélection. Pour celui qui décrochera avec son équipe une deuxième étoile en 2018, l’objectif aura été plus que rempli.
Rien n’était pourtant écrit d’emblée après les premiers pas timides : un nul (0-0) face à l’Uruguay en match amical, suivi de deux victoires en éliminatoires de Coupe du monde (0-1 face à la Finlande et 3-1 contre la Biélorussie), puis d’une défaite le mois suivant en amical face au Japon (0-1).
Laurent Blanc (2010) : 2 victoires, 2 défaites
L’ancien entraîneur des Girondins de Bordeaux est officiellement nommé le 2 juillet 2010 pour faire oublier le fiasco des Bleus lors de la Coupe du monde en Afrique du Sud, le triste épisode de la grève de Knysna. Il doit donc « remettre l’équipe de France sur les rails au point de vue sportif et moral », selon les mots de Jean-Pierre Escalettes, président alors démissionnaire de la Fédération française de football.
À la tête d’un effectif très largement remanié, il ne peut obtenir mieux qu’une défaite pour ses deux premiers matchs, en amical face à la Norvège (2-1), puis contre la Biélorussie (0-1) en éliminatoires de l’Euro 2012. De quoi raviver de mauvais souvenirs. « La France humiliée et mal partie », titrait par exemple Ouest-France après ce revers. Les deux matchs suivants ont toutefois remis les Bleus sur les rails – une victoire face à la Bosnie-Herzégovine (0-2) et contre la Roumanie (2-0 en éliminatoires) – et amorcé une large période de succès.
Raymond Domenech (2004) : 1 victoire, 3 nuls
Après avoir été sélectionneur de l’équipe de France Espoirs entre 1993 et 2004, Raymond Domenech prend officiellement les rênes de l’équipe A en juillet 2004. Il doit notamment faire face au départ de plusieurs cadres de l’équipe après la déroute de la France en quarts de finale de l’Euro 2004. Et ainsi trouver de nouveaux piliers dans la nouvelle génération.
Si Raymond Domenech n’a pas connu la défaite pendant près de dix-huit mois après sa signature, les premiers matchs de ses joueurs pointent un manque de réalisme devant le but : un nul face à la Bosnie-Herzégovine (1-1) pour son premier match amical, deux scores nuls et vierges en éliminatoires de la Coupe du monde 2006 (face à Israël et l’Irlande). Seule exception dans ces premiers matchs officiels : la victoire des Bleus face à l’équipe – au niveau difficilement comparable – des Îles Féroé (0-2).
Jacques Santini (2002) : 3 victoires, 1 nul
L’entraîneur de l’OL est nommé sélectionneur en juillet 2002 après l’échec cuisant des Bleus en Coupe du monde en Corée du Sud et au Japon. Son « objectif prioritaire » : se qualifier pour l’Euro 2004.
Après un premier match laborieux face à la Tunisie (1-1) en amical, l’équipe de France retrouve le chemin du succès. Son équipe enchaîne trois précieuses victoires lors des matchs d’éliminatoires de l’Euro qui suivent : face à Chypre (1-2), la Slovénie (5-0) et Malte (4-0).
Roger Lemerre (1998) : 2 victoires, 2 nuls
Adjoint d’Aimé Jacquet, depuis le début de l’année, qu’il accompagnera jusqu’au succès des Bleus au Mondial, Roger Lemerre prend les rênes de l’équipe en juillet 1998. Ses objectifs : faire aussi bien sur la scène européenne – une attente qui se réalisera puisque la France ajoutera à son palmarès l’Euro 2000.
Ses premiers résultats – certes sans défaite – sont pourtant quelque peu poussifs : un nul en Autriche en amical (2-2), un second face à l’Islande (1-1) en éliminatoires de l’Euro 2000, suivis d’une courte victoire face à la Russie (2-3) et d’un succès contre Andorre (2-0).
Aimé Jacquet (1993) : 4 victoires
En 1993, les Bleus sont minés par une non-qualification pour la Coupe du monde 1994. Après ce fiasco, Gérard Houllier démissionne, et son adjoint Aimé Jacquet est nommé sélectionneur de l’équipe de France en décembre 1993. D’abord nommé à titre provisoire, il finira par s’installer à la tête des Bleus, décrochant une première victoire historique en Coupe du monde, en 1998.
Lors de ses premières rencontres en tant que numéro 1 sur le banc il réalise un sans-faute : victoire en Italie (0-1), face au Chili (3-1), en Australie (0-1) et contre le Japon (1-4). Lors de son cinquième match face à la République tchèque, un de ses nouveaux joueurs, Zinédine Zidane, entrera d’ailleurs dans la légende en inscrivant un doublé pour sa première sélection.