Équipe de France. Comment Zinédine Zidane s’est imposé comme entraîneur
Zinédine Zidane va devenir le nouveau sélectionneur de l’équipe de France de football, ce mardi. À 54 ans, l’ancien N.10 des Bleus peut s’appuyer sur son expérience au Real Madrid et ses trois Ligue des champions remportées entre 2016 et 2018.
Zinédine Zidane va devenir le nouveau sélectionneur de l’équipe de France de football, ce mardi. À 54 ans, l’ancien N.10 des Bleus peut s’appuyer sur son expérience au Real Madrid et ses trois Ligue des champions remportées entre 2016 et 2018.
Alexandre Guitton -
Aujourd’hui à 06:30
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Son histoire avec les Bleus s’était arrêtée le 9 juillet 2006. Un soir de finale de Coupe du monde face à l'Italie, qu’il a quittée précipitamment après avoir donné un coup de tête à Marco Materazzi lors de la prolongation. Vingt ans plus tard, Zinédine Zidane va faire son retour en équipe de France, cette fois avec le costume de sélectionneur pour succéder à Didier Deschamps. Son officialisation est attendue, ce mardi (11h), lors d’une conférence de presse au siège de la Fédération française de football.
Épris du maillot tricolore, ''Zizou'' attendait son heure depuis 2021. Patiemment. Sans un mot plus haut que l’autre - comme il en a l’habitude -, et fort d’un palmarès déjà bien rempli. Sur le banc du Real Madrid (2016-2018, 2019-2021), il a tout gagné dont trois Ligue des champions . « En tant que joueur c’est quelqu’un qui faisait bien jouer les autres, c’est la même fonction qu’un entraîneur (sourire). Il avait des aptitudes sensorielles sur le métier dès ses débuts », loue Guy Lacombe, qui l’a lancé à Cannes à la fin des années 80 avant d’être un de ses formateurs lors de l’obtention de son diplôme d’entraîneur professionnel de football (DEPF) en 2014-2015.
« Je ne suis pas un magicien… »
Être un virtuose sur le terrain n’offre aucune garantie sur la capacité à être un grand tacticien. Loin de là. « Je ne suis pas un magicien… », rappelait le natif de Marseille alors qu’il était dans le dur avec le club merengue à l’automne 2016. ''Zizou'' s’est imprégné de ses multiples expériences aux côtés des plus grands coaches (Lippi, Del Bosque, Mourinho…) pour trouver le bon équilibre au sein de son équipe et faire preuve de pragmatisme, loin du dogmatisme d’un Pep Guardiola par exemple.
L’importance de la communication
L’attente est énorme sur les épaules de la légende tricolore, qui aura les projecteurs braqués sur lui avec une obligation de résultat. Lui, le taiseux devra être habile dans sa communication, un domaine qu’il a travaillé dès ses débuts. Guy Lacombe se souvient d’une anecdote, il y a plus de 10 ans, au moment de la formation de Yazid en tant que coach : « Je me rappelle d’une session à Marseille, alors entraîné par Bielsa, où le thème principal était la communication. Il y avait un amphithéâtre avec un parterre de journalistes. À un moment, c’est au tour de Yaz’ de passer. Il s’est fait filmer et après on lui a montré. Il a dit : ‘’Ok, j’ai compris, je vais bosser’’ (rires). À la Castilla (équipe réserve du Real Madrid), il n’était pas obligé de répondre aux médias après les rencontres, mais il avait demandé à le faire pour progresser. » Ses premiers mots en tant que sélectionneur des Bleus seront scrutés.
A.G.
« Il est proche de la philosophie de Carlo Ancelotti, notamment concernant les relations avec les joueurs », souligne Guy Lacombe. Sa proximité avec son groupe est souvent mise en avant, sur et en dehors du terrain.
Malgré son poste de N.10, Zidane n’est pas obnubilé par le jeu offensif. Le rôle de Casemiro, devant la défense, était prépondérant dans son organisation pendant ses années madrilènes.
Un potentiel offensif important
La tâche est loin d’être aisée pour le champion du monde 1998 : faire aussi bien, voire mieux que son prédécesseur, resté 14 ans à la tête de la sélection et sacré lors du Mondial en 2018. « Je ne souhaite pas le malheur, je souhaite à l’équipe de France et à mon successeur que ça se passe le mieux possible. Ce qui est sûr, c’est que comme je l’ai dit, après, je deviendrai un supporter silencieux », avait annoncé Didier Deschamps après son dernier match perdu face à l’Angleterre (6-4).
Zinédine Zidane (au centre), avec Laurent Blanc (à droite) lors d'un match de charité en 2019. Photo Sipa
Alors que le Basque a parfois été pointé du doigt pour un jeu peu attrayant, l’attente sera également importante de ce point de vue-là sur les épaules de ''Zizou''. Le potentiel offensif tricolore est impressionnant : de Kylian Mbappé à Ousmane Dembélé en passant par Michael Olise. Hugo Ekitike ou encore Rayan Cherki pourraient également avoir un rôle majeur sous l’ère Zidane, qui devra assembler au mieux ces ingrédients pour faire rêver des millions de supporters.