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Environnement. « Ils sont tous là » : pourquoi le mois de septembre est « favorable » aux moustiques

« J’ai eu zéro moustique en juillet-août et maintenant ils sont tous là », « trois moustiques dans ma chambre TROIS, on est en septembre je rappelle », « il y a encore des moustiques en septembre », « j’entends...

« J’ai eu zéro moustique en juillet-août et maintenant ils sont tous là », « trois moustiques dans ma chambre TROIS, on est en septembre je rappelle », « il y a encore des moustiques en septembre », « j’entends un moustique dans ma chambre alors qu’on est en septembre »… Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes font part ces derniers jours de leur surprise quant à la présence de moustiques. Vous aussi, vous avez peut-être l’impression de voir des moustiques partout ces derniers jours, avec plus de piqûres que d’ordinaire à cette période ? La météo de septembre est en effet « particulièrement favorable » à ces insectes, avec des températures dépassant les 20 °C sur une large partie du territoire, souligne un communiqué récent de La Chaîne Météo.

« Après avoir été freinés par la chaleur extrême et la sécheresse en juin-juillet, les moustiques profitent désormais des pluies récentes et de températures toujours douces pour retrouver de l’activité », précise le météorologue Régis Crepet dans ce post. Les moustiques ont effectivement souffert, comme nous, des canicules successives de cet été exceptionnel. « Le développement du moustique-tigre est optimal entre 20 et 35 °C. Au-delà de 35 °C, les processus biologiques sont moins efficaces et à partir de 40 °C, ils sont plutôt dans la survie, comme les humains », explique au Monde Frédéric Simard, directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement à Montpellier. La sécheresse, qui a touché l’ensemble de la France et perdure encore, leur est aussi défavorable.

Un rattrapage en cours

La surveillance renforcée des maladies vectorielles et du moustique-tigre, mise en place par Santé publique France à partir du 1er mai, semble attester de cette présence inférieure au cours de l‘été. Au 14 septembre 2026, 13 épisodes de transmission vectorielle autochtone de chikungunya - et quatre et dengue - ont été identifiés en France hexagonale, bien moins qu’en 2025 où 65 foyers avaient été recensés mi-septembre. Par ailleurs, cette année, entre le 1er mai et le 13 septembre, 561 cas importés de chikungunya, de dengue et de zika ont également été identifiés (143 de chikungunya, 403 de dengue, 15 de zika), contre 1 911 cas en 2025. Seuls les cas autochtones d’infection à virus du Nil occidental sont en augmentation par rapport à l’année passée (92 cas au 14 septembre 2026, contre 32 en septembre 2025).

Un rattrapage semble désormais s’opérer. « Avec le retour des épisodes de pluie, les densités de moustiques-tigres sont désormais identiques à celles observées à la même période en 2025 », souligne l’Agence régionale de santé d’Auvergne Rhône-Alpes. « Peut-être qu’avec la multiplication des canicules en été et la survenue de printemps et d’automnes de plus en plus doux, ce sont ces dernières saisons qui vont devenir plus favorables aux moustiques », prédit dans Le Monde Yannick Simonin, professeur de virologie à l’université de Montpellier et à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale.

Bientôt des moustiques toute l’année ?

Plus qu’un déplacement de la saison des moustiques, le réchauffement climatique pourrait même allonger le cycle de vie de ces bêtes. En France métropolitaine, la saison des moustiques s‘étend actuellement de mai à novembre. « Si l’hiver finit par disparaître, le fait même de parler de “saison des moustiques” n’aura plus de sens », prévient auprès de BFMTV Frédéric Simard. Cette année, une première larve de moustique a été identifiée dès le 26 février dans le département de l’Hérault, ce qui constitue un nouveau record de précocité. Le département avait été marqué par une douceur exceptionnelle en février et des pluies records.

Une étude de modélisation sur l’évolution du moustique-tigre et du risque de dengue en France jusqu’en 2085, publiée en août dans la revue Global Change Biology, estime d’ailleurs que le moustique-tigre et la dengue devraient s‘étendre partout sur l’Hexagone d’ici 50 ans sous l’effet du réchauffement climatique, sauf dans les zones de montagnes. La saison de transmission de la maladie s’étendrait progressivement, débutant plus tôt au printemps et se prolongeant davantage en automne. Dans certaines zones méditerranéennes et basques, le vecteur pourrait même « devenir actif toute l’année », estiment les chercheurs.