ENTRETIEN. “Le centre-ville de Toulouse n’est pas épargné” : l’alerte d’une experte en bâtiment face aux fissures dues à la sécheresse
Le retrait-gonflement des argiles touche aujourd’hui plus de la moitié du territoire français. En Haute-Garonne, ce phénomène fragilise de nombreuses habitations. Dominique Boussugue, présidente de l’Institut International des Experts et experte en pathologie du bâtiment, revient sur les causes de ces dégradations et les difficultés rencontrées par les propriétaires.
l'essentiel Le retrait-gonflement des argiles touche aujourd’hui plus de la moitié du territoire français. En Haute-Garonne, ce phénomène fragilise de nombreuses habitations. Dominique Boussugue, présidente de l’Institut International des Experts et experte en pathologie du bâtiment, revient sur les causes de ces dégradations et les difficultés rencontrées par les propriétaires.
La Haute-Garonne figure parmi les départements français les plus exposés au retrait-gonflement des argiles (RGA). À l’échelle nationale, 55 % du territoire est concerné et près de 12 millions de maisons sont exposées. Ce phénomène représenterait près d'un tiers des indemnisations pour catastrophes naturelles. Face à un risque croissant, certains experts tirent la sonnette d’alarme. Entretien avec Dominique Boussugue, présidente de l’Institut International des Experts et experte en pathologie du bâtiment.
Comment expliquer le phénomène de retrait-gonflement des argiles ?
Cette situation s’explique d’abord par le changement climatique. Il fait beaucoup plus chaud qu’auparavant et les épisodes de sécheresse sont de plus en plus fréquents dans nos régions. Plus la sécheresse est importante, plus les argiles se rétractent.
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L’origine de ces désordres est mécanique. L’argile, en gonflant et en se rétractant, exerce des contraintes sur les fondations. Celles-ci bougent, peuvent casser, et les fissures remontent ensuite dans les murs de structure.
Pourquoi les dossiers liés au retrait-gonflement des argiles sont-ils si complexes ?
Le premier problème concerne la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle. La commission interministérielle ne répond pas toujours favorablement aux demandes des communes. Mais même lorsqu’une commune est reconnue en catastrophe naturelle, cela ne signifie pas que les sinistrés seront pris en charge.
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La difficulté est avant tout assurantielle. Les experts demandent désormais aux propriétaires de prouver qu’ils ont pris des mesures de prévention avant le sinistre. Si ces précautions n’ont pas été prises, les assurances peuvent refuser la prise en charge en estimant que les mesures préventives étaient insuffisantes.
Les effondrements d’immeubles dans le centre de Toulouse peuvent-ils être liés au retrait-gonflement des argiles ?
L’effondrement de l’immeuble de la rue Saint-Rome en 2024 n’avait absolument rien à voir avec le retrait-gonflement des argiles. En revanche, cela ne signifie pas que le centre-ville de Toulouse est épargné. Au contraire, le phénomène est bien présent. On observe des fissures caractéristiques dans plusieurs secteurs, notamment autour de la rue de la Pomme ou encore de la rue Alsace-Lorraine.