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« Entre le sportif et l’entrepreneur, le parallèle de l’engagement est proche » : à Monaco, les frères Fabien et Yannick Barel comparent leur parcours

L’aîné est un entrepreneur qui a démarré dans la Silicon Valley, le cadet a été triple champion du monde de VTT. Chacun dans leur domaine, les frères Barel ont fait l’expérience de la performance. Et ont partagé leur ressenti aux invités de The Office à Monaco, à l’occasion d’un échange inédit.

Leur complicité se remarque vite à leur manière de se partager la parole, de compléter ce que dit l’autre. Ça tombe bien, c’est pour ça que l’espace de coworking The Office a invité les frères Barel pour un échange inspirant en direction de leurs membres, sur les valeurs communes entre le sport de haut niveau et l’entrepreneuriat.

Ils parlent d’expérience. Fabien Barel a notamment été triple champion du monde de descente, imprimant son nom dans l’univers du VTT à l’international. Il accompagne aujourd’hui des équipes et des marques. Yannick Barel lui, a construit sa carrière professionnelle pendant vingt ans dans la Silicon Valley, avant de cofonder à Monaco, Lutessa, une entreprise spécialisée dans la cybersécurité.

Deux trajectoires qui se croisent. « On a tendance à évoquer l’égocentrisme du sportif de haut niveau qui se concentre sur lui-même pour sa performance. Mais on s’aperçoit qu’un sportif a un vrai besoin d’avoir des compétences autour de soi pour avancer, qu’elles soient techniques ou émotionnelles », démarre Fabien. « La nécessité aussi d’être visionnaire pour tenir dans le temps un ensemble de valeurs que l’on retrouve autant chez le sportif que chez l’entrepreneur, complète Yannick. Avec mon frère, on a la chance d’avoir eu des expériences de vie totalement différentes dans leur contenu, mais extrêmement similaires dans les compétences nécessaires pour y arriver, que ce soit la résilience ou la rigueur. »

« Il faut s’engager avec le sentiment qu’on ne va pas rencontrer l’échec »

La réussite de l’un et le succès de l’autre ont nourri la fratrie. « Yannick a été le poisson-pilote de certaines actions que j’ai pu mener. On a grandi ensemble avec nos propres expériences dans deux mondes différents. Ce qui m’a donné une approche très pragmatique et rationnelle dans le sport, c’est plutôt rare », se remémore Fabien, le cadet. « Trente ans plus tard, renchérit l’aîné, quand on se pose, on refait des connexions sur des choses qui nous paraissaient déjà évidentes. »

Avant de retracer leur parcours devant les invités de The Office, les frères Barel ont réfléchi aux parallèles qu’il existe entre leurs deux métiers. « Celui de l’engagement est proche dans la complexité stratégique : le talent, l’instinct, l’intelligence émotionnelle à avoir. Mais aussi la rigueur, le pragmatisme. L’approche de chaque action fera toute la différence entre quelqu’un qui fera un ''one shot'' pour gagner une compétition et un athlète qui veut avoir une vraie carrière à long terme », explique Fabien Barel, qui a appliqué cette règle toutes ces années au guidon de son VTT.

« Il existe des moments-clés dans une entreprise qui ressemblent à l’enjeu d’un sportif. Il peut arriver qu’une réunion, ou un échange avec un financier, détermine des années de travail, continue Yannick Barel. Il faut s’engager avec le sentiment qu’on ne va pas rencontrer l’échec, et en même temps accepter que l’échec fait partie du chemin, comme chez un sportif. »

« Je suis convaincu d’une issue positive pour le Cycling center de La Turbie »

De ses deux décennies dans la Silicon Valley aux États-Unis, Yannick Barel garde le souvenir d’une « expérience fantastique ». Sa première start-up a été rachetée par IBM. Il a connu le changement d’échelle d’un entrepreneur qui passe de zéro à cent salariés en un claquement de doigts. Un vertige, mais où il s’est accroché à la rigueur pour garder le cap. « Créativité et rigueur ne sont pas en opposition, la rigueur peut être un outil pour rassurer les équipes. »

Avec Lutessa en Principauté, il mise sur l’environnement monégasque depuis 2019 pour développer son savoir dans la cybersécurité, estimant le pays comme « parfaitement positionné au niveau technologique et législatif » pour poursuivre sa trajectoire.

Fabien Barel, lui, espère voir avancer son projet baptisé Cycling center, un centre autour de l’entraînement et la formation d’athlètes de haut niveau dans le domaine du cyclisme, qu’il veut développer dans la zone de la Tête de Chien à La Turbie, sur le site des anciennes maisons de France Télécom.

Un projet qui avait soulevé des avis contraires de Turbiasques, dont celui de Valentin Lopez, devenu en mai dernier maire de la commune. « Aujourd’hui, nous sommes dans un échange que j’espère constructif avec la collectivité en place, explique Fabien Barel. Nous avons de vraies solutions concrètes, des soutiens financiers. Je reste très positif malgré les discussions tendues, je suis convaincu qu’on aura une issue positive. »