En voiture autonome, le conducteur belge risque de devoir reprendre le volant à cause de l’état des routes
Ça y est. En tournant la tête pour regarder le conducteur que vous dépassez – un réflexe courant -, vous pourrez en croiser installés devant le volant, les mains sur les genoux. Le gouvernement flamand vient d’...
Ça y est. En tournant la tête pour regarder le conducteur que vous dépassez – un réflexe courant -, vous pourrez en croiser installés devant le volant, les mains sur les genoux. Le gouvernement flamand vient d’autoriser mi-juin la libre circulation des véhicules disposant d’un système de conduite de niveau 2, c’est-à-dire pouvant circuler sans intervention humaine sous la constante surveillance d’un conducteur prêt à reprendre le contrôle à tout moment. La mesure vaudra "automatiquement" pour tout le territoire belge. Et tant pis pour certains qui y voyaient une compétence fédérale.
La Belgique emboîte ainsi le pas aux Pays-Bas, à la Lituanie, l’Estonie et au Danemark. Nos voisins ont été les premiers à accorder l’homologation à la marque américaine Tesla, après un an et demi de tests.
Ces véhicules autonomes avec conducteur, performent davantage sur des trajets calmes et habituels et manquent encore d’aisance pour des situations plus complexes nécessitant une part d’interprétation.
Monteriez-vous dans un taxi sans chauffeur? Uber va tester des voitures autonomes dans cette grande ville européenneCes véhicules restent limités dans leur autonomie
S’ils sont efficaces sur un maximum de trajets, plusieurs paramètres mettent en évidence leurs limites actuelles. À commencer par l’obstruction des caméras. “Lors d’un essai que nous avons réalisé en juin entre Anvers et Hasselt, le véhicule a demandé la reprise du volant parce qu’une averse aveuglait ses caméras”, explique Benoît Godart, le porte-parole de l’Institut de recherche indépendant en sécurité routière (VIAS). Qu’en sera-t-il cet hiver, lorsque neige et brouillard feront leur retour ?
Vient ensuite l’environnement routier. “Le volant a aussi été repris en centre-ville à cause de lignes mal tracées.” Des déficiences de marquage au sol récurrentes, que l’on peut aussi croiser dans les nombreuses zones de chantier mêlant jaune et blanc. “En plus de ça, on est un des pays qui a le plus grand nombre de panneaux au kilomètre en moyenne. Cette abondance fait difficulté”, souligne le vice-recteur à la mobilité, Pierre Duysinx.
La couverture internet de ce réseau routier, comptant encore des zones blanches, n’est, elle, pas problématique. “Sans 5G, soit le véhicule se déclare inerte s’il n’a pas assez d’informations, soit il dispose d'une capacité de navigation propre, grâce à des cellules inertielles, etc.”
L'illustration que, pour l'heure, le conducteur reste... essentiel.
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