thejournalofsierraleonestudies.com

REPORTAGE. En Syrie, le long travail de déminage dans les zones de combat, étape obligée avant la reconstruction du pays

Malgré la chute de Bachar al-Assad, les traces du régime demeurent par des mines présentes autour des habitations de plusieurs milliers de Syriens. Plus de 4 000 personnes en ont déjà été victimes.

Malgré la chute de Bachar al-Assad, les traces du régime demeurent par des mines présentes autour des habitations de plusieurs milliers de Syriens. Plus de 4 000 personnes en ont déjà été victimes.

Radio France

Publié le 31/07/2026 08:58

Temps de lecture : 1min

Des mines et autres engins explosifs dans les montages de Qasioun près de Damas en Syrie, janvier 2025. (BAKR ALKASEM / AFP)
Des mines et autres engins explosifs dans les montages de Qasioun près de Damas en Syrie, janvier 2025. (BAKR ALKASEM / AFP)

En Syrie, plus d'un an après la chute du régime de Bachar al-Assad, la terre continue de tuer dans le silence. On compte déjà plus de 4 000 victimes causées par les mines et les engins explosifs non désactivés à travers le pays. Autour de Damas, alors que les ONG tentent de sensibiliser la population et de sécuriser les villages, elles se heurtent à un obstacle de taille : les sanctions économiques internationales, qui paralysent l'importation de matériel de déminage spécialisé.

Dans une classe de la campagne près de Damas, l'exercice est une question de survie. Face à des dizaines d'écoliers attentifs, un agent pointe des images d'engins explosifs. Ici, la prévention est la toute première ligne de défense, avant même le travail de dépollution.

Ahmed, un habitant du village, a vu le fils de son voisin mourir à cause d'une mine. "Ce gamin qui est mort avait à peine 16 ans. Il était parti jouer près des oliviers et il y avait un trou où il a trouvé un engin explosif. Au lieu de s'en méfier, il a commencé à jouer avec et il a explosé, le touchant grièvement à l'abdomen et à la main. Ça lui a coûté la vie." Cette hantise quotidienne est confirmée par les chiffres dramatiques enregistrés sur le terrain depuis le changement de régime. Les restes de guerre continuent de faire des ravages au sein de la population civile.

Selon Marguerite Drilhon, responsable de l'ONG Elif en Syrie, "l'enjeu du déminage est essentiel dans la reconstruction du pays parce que, aujourd'hui, il y a cinq millions de personnes entièrement déplacées en Syrie et ces personnes ne peuvent pas rentrer chez elles parce que pour beaucoup, leurs maisons sont minées". "Il faut déjà les déminer pour qu'ensuite les habitants puissent les reconstruire et rentrer chez eux."

Chaque signalement donné par un villageois déclenche une intervention d'urgence. Sur le terrain, les démineurs avancent au millimètre dans des zones agricoles souvent truffées de munitions non explosées. Lorsqu'un engin est localisé, il est détruit sur place sous haute sécurité.

La détonation marque la fin d'un danger mais aussi l'ampleur du travail qui reste à accomplir. Car pour neutraliser ces milliers d'engins, les équipes manquent d'équipement spécialisé. Les sanctions économiques internationales compliquent l'importation du matériel de détection et de protection pourtant indispensable aux opérations de déminage.

Sur le même thème

À regarder