‘En se retournant à gauche ou à droite, on peut perdre un collègue’ : les travailleurs de GSK désormais dans l’incertitude - RTBF Actus
Qui sera concerné ? Qui devra être recasé, partir à la retraite ou pire, qui sera licencié ? A Wavre, c’est l’incompréhension et l’angoisse pour de nombreux travailleurs qui se sont investis pendant de longues ...
Qui sera concerné ? Qui devra être recasé, partir à la retraite ou pire, qui sera licencié ? A Wavre, c’est l’incompréhension et l’angoisse pour de nombreux travailleurs qui se sont investis pendant de longues années dans l’entreprise.
Dorothée Dubois, 49 ans, technicienne de production – GSK © RTBF
Dorothée Dubois est technicienne de production depuis 18 ans. Même si elle donne le change, à 49 ans, elle n’en mène pas large : "J’ai un prêt hypothécaire, j’ai encore une enfant qui est aux études, j’ai un mari qui est invalide. C’est beaucoup de poids sur les épaules. Je pense que je me protège en étant dans le déni en fait".
Cécile Moldenaers, 55 ans, technicienne logistique – GSK © RTBF
A 55 ans, Cécile Moldenaers a déjà passé 33 ans au sein de l’entreprise comme technicienne logistique. Au début, c’était familial, rassurant. Aujourd’hui, c’est inquiétant et déstabilisant.
"Je fais partie des employés au niveau du global (les fonctions dites globales concernent tout le groupe et pas seulement les sites belges, ndlr.). Je pourrais être visée comme pas mal de mes collègues", confie-t-elle. "C’est du stress. Vu la conjoncture actuelle, à mon âge, je ne sais pas vers quoi je pourrais me retourner si ça m’arrive."
Jennifer Danne, 40 ans, senior manager – GSK © RTBF
Jennifer Danne a 40 ans et GSK, c’est sa famille. Elle y est cadre depuis plus de dix ans. Elle y a rencontré son compagnon qui a été licencié en 2020. Aujourd’hui, après avoir tout donné, elle est désabusée.
"Des gens ont sacrifié des nuits, des week-ends pour s’assurer que tout parte en heure et qu’on puisse avoir le patient qui continue à avoir le produit", explique-t-elle. "Et pour au final être remercié de telle façon ! C’est compliqué. On ne peut pas faire des milliards de bénéfices et nous dire : vous êtes le problème !"
Gaetano Morreale, agent de maintenance – GSK © RTBF
Agent de maintenance depuis 11 ans, Gaetano Morreale, en tant qu’ouvrier, n’est pas directement concerné par les licenciements. Il n’est pas rassuré pour autant.
"J’ai peur pour mon emploi", confesse-t-il. "J’ai peur pour l’emploi de tous mes collègues qui sont autour de moi, parce que potentiellement, c’est une personne sur cinq qui risque d’être touchée. Et en se retournant à gauche ou à droite, on peut perdre un collègue. C’est ma troisième fermeture et c’est compliqué de savoir où on peut aller et quel genre d’entreprise peut nous rendre une pérennité où on peut se sentir tranquille".
Qu’ils soient employés, cadres ou ouvriers, les travailleurs de GSK font front car personne ne se sent véritablement à l’abri.