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En Russie, la justice interdit au seul parti opposé à la guerre en Ukraine de présenter des candidats aux législatives de septembre

La Cour suprême prive ainsi les électeurs opposés au conflit de la possibilité de réclamer d'y mettre fin via leur bulletin de vote. ...

La Cour suprême prive ainsi les électeurs opposés au conflit de la possibilité de réclamer d'y mettre fin via leur bulletin de vote.

France Télévisions

Publié le 10/08/2026 20:26

Mis à jour le 10/08/2026 20:38

Temps de lecture : 1min

Le leader du parti libéral russe Iabloko, Nikolaï Rybakov, s'exprime devant la presse après l'interdiction de sa formation en vue des législative de septembre, le 10 août 2026, à Moscou. (IGOR IVANKO / AFP)
Le leader du parti libéral russe Iabloko, Nikolaï Rybakov, s'exprime devant la presse après l'interdiction de sa formation en vue des législative de septembre, le 10 août 2026, à Moscou. (IGOR IVANKO / AFP)

C'est une décision symbolique à l'encontre du seul parti de Russie à défendre le principe d'une trêve avec l'Ukraine. La Cour suprême russe a interdit, lundi 10 août, au parti pacifiste Iabloko ("Pomme" en russe) de participer aux élections législatives de septembre. Ces derniers mois, huit responsables de cette petite formation libérale ont déjà été jetés en prison, pour divers motifs, et une quarantaine de militants sont visés par des procédures.

La justice avait été saisie par le parti extrémiste Rodina, qui réclamait l'interdiction de Iabloko, seul parti libéral encore en activité en Russie. Au cours de l'audience, qui a duré huit heures, la commission centrale électorale a notamment affirmé qu'une douzaine de candidats avaient bénéficié de fonds étrangers entre 2021 et 2024. Nikolaï Rybakov, président du parti, a répondu que ces sommes provenaient de la vente d'actions étrangères avant les élections, précisément pour se mettre en conformité avec la loi qui le réclamait.

Le parti a également été reconnu coupable de faire la promotion de symboles extrémistes et d'avoir violé plusieurs droits d'auteur, notamment pour avoir cité en interview les paroles d'une chanson de l'époque soviétique.

Plusieurs centaines de personnes ont passé la journée devant le bâtiment du tribunal, à Moscou, afin d'exprimer leur soutien à Iabloko, avant d'être dispersés. Après l'annonce de la décision, le parti a annoncé qu'il ferait appel de cette décision. "Quelle que soit la conclusion de cette affaire, nous avons un long chemin à parcourir ensemble pour l'avenir de la Russie", a commenté Nikolaï Rybakov dans un message posté sur Telegram. "Le plus important est que les gens cessent de s'entretuer."

Un sondage réalisé plus tôt cette année créditait Iabloko de seulement 3% des intentions de vote, un score inférieur au seuil de 5% nécessaire pour entrer à la Douma. Sur fond de renforcement par le Kremlin de son contrôle sur les élections, Iabloko n'a pas obtenu de sièges à la Douma depuis 2003.

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