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En quoi le télescope spatial Nancy Grace Roman de la NASA est-il si exceptionnel?

Dimanche, la NASA lancera son nouveau fleuron, le télescope spatial Nancy Grace Roman. Une fusée de SpaceX propulsera cet engin extrêmement coûteux depuis la Floride vers l’espace, où il devra percer certains des plus grands mystères de notre univers. L’expert scientifique Martijn Peters explique ce qui rend ce télescope si particulier.

À la NASA, tout est prêt pour le lancement d’un nouveau fleuron de l’agence: le télescope spatial Nancy Grace Roman. Martijn Peters, expert scientifique chez HLN, donne son éclairage sur les promesses de ce nouvel appareil spatial. © NASA / Sydney Rohde (Rocz)

Dimanche, la NASA lancera son nouveau fleuron, le télescope spatial Nancy Grace Roman. Une fusée de SpaceX propulsera cet engin extrêmement coûteux depuis la Floride vers l’espace, où il devra percer certains des plus grands mystères de notre univers. L’expert scientifique Martijn Peters explique ce qui rend ce télescope si particulier.

Martijn Peters

Source: HLN

29 août 2026, 22:17

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Un télescope véritablement impressionnant

Le télescope spatial Nancy Grace Roman est un engin imposant. Au total, il mesure 12,7 mètres de long et 4,4 mètres de large. Ce chef-d’œuvre technologique pèse environ 8.000 kilogrammes, soit autant qu’un T-Rex. Pour fonctionner, le télescope est équipé de six panneaux solaires de 2 mètres sur 3 et d’environ 32.000 câbles électriques. Si l’on alignait ces derniers les uns à la suite des autres, on obtiendrait une longueur de 72 kilomètres.

Le télescope est doté d’un miroir très spécial. © NASA

À l’intérieur se trouve un miroir d’un diamètre de 2,4 mètres qui est aussi grand que celui du télescope spatial Hubble. Mais grâce à une nouvelle technologie, la NASA a réussi à réduire le poids de ce miroir à un quart de celui de Hubble. Son objectif: renvoyer la lumière vers deux instruments spéciaux.

Le premier est un instrument à grand angle. Il se compose de 18 détecteurs, totalisant 300 millions de pixels. Ces détecteurs ultrasensibles peuvent photographier d’immenses portions du ciel en une seule prise, sans perte de détail. Cela permet au nouveau télescope spatial de cartographier l’univers plus rapidement et avec une précision inégalée.

Le télescope est équipé d’un instrument grand angle comportant 18 détecteurs, qui totalisent 300 millions de pixels. © NASA

Le deuxième instrument est le coronographe. Jamais un appareil aussi sophistiqué n’avait été envoyé dans l’espace pour observer des planètes. Il bloque la lumière intense des étoiles afin de pouvoir détecter la faible lumière réfléchie par les planètes.

Bien sûr, le télescope spatial doit pouvoir transmettre toutes ces informations vers la Terre. Pour cela, il utilise une antenne dotée d’une parabole de 1,7 mètre, aussi grande qu’un réfrigérateur.

Le télescope transmettra toutes ses informations à la Terre à l’aide de cette antenne. © NASA

Chaque jour, le télescope enverra environ 1,4 To de données vers des installations situées au Nouveau-Mexique, au Japon et en Australie. Ces sites ont été choisis afin que la NASA puisse rester en liaison permanente avec l’appareil. Toutes ces données seront librement accessibles à la communauté scientifique. Il n’y aura pas de créneaux horaires réservés à un accès exclusif. Tout le monde pourra consulter ces données via une plateforme cloud en ligne appelée Roman Nexus.

Voici comment se déroulera la mission du télescope

La NASA lancera le télescope spatial depuis le Centre spatial Kennedy, en Floride, à l’aide d’une fusée Falcon Heavy de SpaceX. Quelques heures plus tard, le Nancy Grace Roman sortira de la fusée et déploiera ses panneaux solaires ainsi que son pare-soleil. Au cours des jours suivants, d’autres éléments seront déployés, comme l’antenne. Le coronographe sera alors également mis en service. Après quelques semaines, le télescope spatial activera enfin son instrument grand angle. Des tests supplémentaires suivront pour s’assurer que tout se déroule comme prévu.

Le télescope spatial Nancy Grace Roman prendra des images à 1,5 million de kilomètres de la Terre à des fins scientifiques. © NASA

Le voyage jusqu’à la destination finale du télescope, une orbite située à environ 1,5 million de kilomètres de la Terre, prendra d’ailleurs plusieurs mois. Début 2027, le Nancy Grace Roman entamera véritablement sa mission scientifique. Celle-ci durera au moins cinq ans, même si la NASA espère qu’elle s’étendra sur une dizaine d’années. Le coût total de cette initiative s’élève à environ 4,3 milliards de dollars (3,7 milliards d’euros). Ce montant couvre le développement, le lancement et l’exploitation du télescope spatial.

Ce que les scientifiques espèrent découvrir

Si le célèbre James Webb peut être comparé à une loupe géante permettant de scruter l’espace, le télescope spatial Nancy Grace Roman serait l’objectif grand angle panoramique de l’astronomie. Ce télescope spatial dispose d’un champ de vision 100 fois plus large que celui de Hubble. Il permettra ainsi de capturer 50 fois plus d’images que Hubble ne l’a fait en 30 ans.

Si le célèbre James Webb (en-dessous) est une loupe géante, le Nancy Grace Roman (au-dessus) serait l’objectif grand angle panoramique de l’astronomie. © NASA

Grâce à toutes ces données, les scientifiques souhaitent cartographier des milliards de galaxies et ainsi tenter de comprendre comment la matière noire influence notre univers. Environ un quart de notre univers est constitué de cette substance invisible. Nous ne pouvons détecter sa présence qu’à travers son influence sur la forme des galaxies. En étudiant des changements infimes dans la forme des galaxies, le télescope aidera les astronomes à cartographier avec précision la répartition de la matière ordinaire et de la matière noire dans l’univers.

Le Nancy Grace Roman se penchera également sur la façon dont l’univers se dilate. Cette expansion semble s’accélérer, et la matière noire pourrait en être responsable. Environ 70% de notre univers serait constitué de matière noire. Et pourtant, celle-ci reste pour l’instant entourée de mystère.

Le télescope spatial Nancy Grace Roman tentera de comprendre comment la matière noire et l’énergie noire influencent notre univers. © NASA

Mais la matière noire n’est pas le seul élément que le télescope spatial étudiera de près. Il partira également à la recherche de planètes situées au-delà du système solaire. À ce jour, nous en avons découvert un peu plus de 6.000. Le Nancy Grace Roman pourrait porter ce nombre à 100.000. Enfin, le télescope observera des objets cosmiques extrêmes, par exemple pour découvrir comment naissent exactement les trous noirs.

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