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En Italie, le procès de l’effondrement du pont Morandi à Gênes accouche de nombreuses condamnations

Le verdict comptait parmi les plus attendus dans l’histoire récente de l’Italie. Il a été prononcé jeudi 16 juillet, huit ans après la tragédie de l’effondrement du pont Morandi, à Gênes, qui avait coûté la vie...

Le verdict comptait parmi les plus attendus dans l’histoire récente de l’Italie. Il a été prononcé jeudi 16 juillet, huit ans après la tragédie de l’effondrement du pont Morandi, à Gênes, qui avait coûté la vie à 43 personnes. “Giovanni Castellucci, l’ancien directeur général d’Aspi [Autostrade per l’Italia], la société d’autoroutes gestionnaire du viaduc, a été condamné à douze ans de prison contre une demande du parquet de dix-huit ans et demi”, annonce dans ses colonnes Il Giornale.

Le média milanais indique ensuite que l’homme, condamné notamment pour négligences d’entretien et délits d’homicides routiers, “se trouvait déjà actuellement en prison depuis plus d’un an pour ses responsabilités dans la tragédie du viaduc d’Acqualonga”. Un autre drame lors duquel un autocar avait brisé les barrières d’un viaduc du sud de l’Italie et plongé dans le vide, tuant 40 personnes.

La condamnation de Castellucci pour la tragédie du pont Morandi est celle qui attire le plus l’attention des médias – l’intéressé avait affirmé se sentir “responsable mais pas coupable”. Néanmoins, comme le rappelle Il Foglio, “57 autres personnes, parmi lesquelles des dirigeants et techniciens d’Aspi, de Spea [une autre société chargée de la gestion du viaduc] et du ministère des Infrastructures, se présentaient à la barre dans le cadre de ce procès”.

Au total, trente-deux accusés ont été condamnés dans le cadre de ce procès fleuve qui s’était ouvert en 2022. Outre Castellucci, le jugement le plus attendu était celui qui concernait Mauro Coletta. Comme le précise le média libéral, il “était à l’époque des faits responsable de la surveillance des concessions autoroutières au ministère des Infrastructures”. Il a écopé de cinq ans de prison, contre les dix années requises par le parquet.

En général, raconte depuis Rome La Repubblica, “le parquet a tenté de mettre en lumière à travers ce procès le modus operandi des sociétés Aspi et Spea : des contrôles bidon sur le pont, voire inexistants à certains endroits cruciaux du viaduc, un entretien quasi inexistant et des structures délabrées”. Un comportement d’autant plus grave, développe le média de gauche, lorsque l’on considère que, “pendant ce temps, les recettes de la société concessionnaire ne cessaient d’augmenter”.

Enfin, Il Sole 24 Ore rapporte les paroles d’Egle Possetti, présidente du Comité en souvenir des victimes de l’écroulement du pont Morandi. “Nous sommes très contents. Nous sommes surtout satisfaits que des responsabilités aient été établies, car il était inacceptable que cette affaire, avec tous les éléments qui étayaient l’accusation, puisse se terminer sans sanctions sévères.” L’avocat de Castellucci a néanmoins déjà fait savoir qu’il fera appel de la décision.