“En entrant dans la maison, j’ai fondu en larmes” : son locataire refuse de quitter son logement pendant un an et lui rend rempli de déchets… La mère célibataire est désespérée
Après son divorce, Torie Mountain pensait pouvoir repartir de zéro avec ses deux filles en emménageant dans la maison qu’elle possédait dans le Surrey, au sud de Londres. Mais son locataire a refusé de quitter les lieux, contraignant la jeune mère à vivre pendant plus d’un an dans des logements provisoires, puis dans une remorque à chevaux. Lorsqu’elle a enfin récupéré son bien, en septembre 2026, elle l’a découvert jonché de déchets. Elle raconte au *Telegraph* une année
l'essentiel Après son divorce, Torie Mountain pensait pouvoir repartir de zéro avec ses deux filles en emménageant dans la maison qu’elle possédait dans le Surrey, au sud de Londres. Mais son locataire a refusé de quitter les lieux, contraignant la jeune mère à vivre pendant plus d’un an dans des logements provisoires, puis dans une remorque à chevaux. Lorsqu’elle a enfin récupéré son bien, en septembre 2026, elle l’a découvert jonché de déchets. Elle raconte au *Telegraph* une année marquée par l’angoisse et les difficultés financières.
Lorsque Torie Mountain a pris la route, début juillet 2025, avec ses deux filles et leur chat, elle pensait tourner la page d’une période difficile. Assise au volant d’une voiture chargée de toutes leurs affaires, la jeune mère célibataire quittait le nord du Devon, dans le sud-ouest de l'Angleterre, après son divorce pour commencer une nouvelle vie dans le Surrey, au sud de Londres. C'était compter sans le locataire de sa maison qui a refusé pendant plus d'un an de quitter le bien, laissant la mère et ses deux enfants sans logement, témoigne-t-elle auprès du Telegraph ce lundi 21 septembre.
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Le projet de Torie Mountain semblait pourtant simple : rejoindre Guildford, où elle possédait une petite maison achetée dans sa vingtaine, lorsqu’elle travaillait dans la vente. En attendant le départ de son locataire, prévu quelques jours plus tard, Torie et ses filles, Grace, 9 mois, et Evie, 2 ans, devaient séjourner chez sa mère.
"Je ne pars pas"
Mais, le soir même de leur arrivée, son locataire l’a appelée pour lui annoncer qu’il ne quitterait finalement pas les lieux. "Je ne pars pas. Je n’ai nulle part où aller", lui aurait-il dit. Elle avait pourtant prévenu son locataire six mois auparavant de son intention de reprendre le logement, puis lui avait adressé un préavis officiel de deux mois en mai 2025.
Elle dit s'être d'abord montrée compréhensive : le nouveau logement de son locataire n’étant plus disponible, celui-ci avait besoin de temps pour retrouver une location. "Je ne voulais pas être responsable de mettre quelqu’un à la rue", confie-t-elle. "Sans que je m’en rende compte, cette journée allait marquer le début de l’une des pires années de ma vie. Je traversais un divorce tout en essayant de trouver un endroit où vivre avec un bébé et un enfant en bas âge", se souvient-elle.
Des mois d'incertitude
La jeune mère s'est alors tournée vers sa famille afin de trouver une solution provisoire. Mais ce qui ne devait durer que quelques jours s’est finalement prolongé pendant des mois. Elle et ses filles ont ainsi circulé entre plusieurs membres de leur famille, faisant notamment la navette entre le Surrey et le Sussex.
Au fil des semaines, Torie a commencé à craindre que son locataire ne cherche simplement à gagner du temps. En août 2025, elle a donc contacté la mairie de Guildford pour savoir si elle pouvait bénéficier d'une solution de logement temporaire. "Je suis une mère célibataire avec deux enfants. Le système doit faire quelque chose", s'est-elle alors dit. Mais la réponse, selon elle, a été négative : puisqu’elle possédait déjà un logement, même si elle ne pouvait pas y accéder, elle ne pouvait pas être hébergée par la collectivité.
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En attendant, elle a trouvé une solution pour tenter de regagner un peu d’indépendance : acheter à un ami une remorque à chevaux aménagée datant de 1994. Mais après un mois passé à voyager à bord de cette remorque, Torie Mountain a compris que cette solution ne pouvait pas durer.
En décembre 2025, elle a finalement trouvé une maison à louer pour elle et ses filles. Mais nouveau coup dur : son locataire a cessé de payer son loyer, mettant la propriétaire dans une situation financière encore plus difficile : "En plus de ne pas récupérer ma maison, j’ai dû faire face au double coup dur de devoir payer à la fois mon crédit immobilier et mon loyer."
"Une véritable mer de déchets"
Torie Mountain a finalement décidé de faire appel à un cabinet d’avocats. Après plusieurs mois de démarches, une audience a été fixée en mai 2026. La justice lui a donné gain de cause et une procédure d'expulsion a été engagée, alors que trois mois de loyers étaient dus. Il ne restait plus qu’à organiser l’intervention des huissiers. Une date a été fixée au 3 septembre 2026.
Pour Torie, cette journée devait être celle du retour à la normale. "J’étais folle de joie en me rendant en voiture vers ce qui, je l’espérais, allait enfin devenir notre maison, mais cette joie s’est rapidement transformée en horreur. En entrant dans la maison, j’ai touché le fond et j’ai fondu en larmes", raconte-t-elle. Son locataire a laissé son logement dans un état d'insalubrité extrême. "On ne voyait même pas le sol ; c’était une véritable mer de déchets et tout était recouvert de restes de nourriture répugnants, décrit-elle. On ne pouvait même pas y rester 10 minutes en toute sécurité, alors emménager avec mes filles, n’en parlons pas."
"Il faut prévoir des dispositions pour les propriétaires"
Quelques semaines plus tard, la famille vit toujours dans son camping-car. Mais grâce à une publication sur les réseaux sociaux, Torie Mountain a néanmoins reçu énormément de soutien. Des internautes ont fait des dons sur sa cagnotte en ligne tandis que d’autres se sont déplacés pour l'aider à nettoyer le logement. La maison a ainsi été presque entièrement vidée grâce à cette mobilisation.
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Traumatisée par cette expérience, cette mère célibataire ne se voit pas relouer son logement pour l'instant, même si cela l'aiderait financièrement. Elle fustige notamment les lois protégeant les locataires. "Les locataires doivent bien sûr être protégés, mais il faut aussi prévoir des dispositions pour les propriétaires afin que la situation ne soit pas aussi déséquilibrée", estime-t-elle.
Au-delà de la question immobilière, Torie Mountain dit surtout mesurer le temps qu’elle estime avoir perdu avec ses enfants. "Avec tout ce stress, j’ai l’impression d’avoir raté un an et demi de l’enfance de mes filles", confie-t-elle. Désormais, elle aspire avant tout à retrouver une vie stable. "La plus grande leçon que j’ai apprise, c’est que le foyer ne se résume pas à des briques et du mortier : c’est un sentiment intérieur", conclut-elle.