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Reportage international - En Allemagne, l’archipel des Halligen, sanctuaire pour les oiseaux, est menacé par la montée de la mer

Comment stopper la destruction de la nature ? C'est la question à laquelle devra répondre la COP17, les négociations internationales sur la biodiversité, qui se tient à Erevan en Arménie du 19 au 30 octobre. Les aires protégées sont particulièrement importantes pour freiner le déclin du vivant, et notamment des oiseaux, dont une espèce sur huit est menacée d'extinction. Tout au nord de l'Allemagne se trouve un tel sanctuaire ornithologique, l'un des derniers d'Europe : les Halligen. Dix petites

Comment stopper la destruction de la nature ? C'est la question à laquelle devra répondre la COP17, les négociations internationales sur la biodiversité, qui se tient à Erevan en Arménie du 19 au 30 octobre. Les aires protégées sont particulièrement importantes pour freiner le déclin du vivant, et notamment des oiseaux, dont une espèce sur huit est menacée d'extinction. Tout au nord de l'Allemagne se trouve un tel sanctuaire ornithologique, l'un des derniers d'Europe : les Halligen. Dix petites îles menacées par le changement climatique. 

De notre envoyée spéciale dans les Halligen, 

La famille de Ruth Kruse vit depuis plus de 300 ans sur l’île de Nordstrandischmoor. Et depuis toujours, c’est le passage des oiseaux migrateurs et nicheurs qui rythme son quotidien. L’oiseau symbole des Halligen — ailes noires, ventre blanc et bec orange — c’est lui : l’huîtrier pie. 4 % de la population mondiale de cette espèce nichent sur ces îles. « Ici, rien que sur cette Hallig [le nom donné à chaque îlot de cet archipel, NDLR], nichent plus de 10 000 mouettes rieuses. J’ai aussi compté 400 couples de sterne pierregarin, ainsi que des sternes naines, des pluviers grand-gravelot, liste Ruth Kruse. Si vous essayez de traverser notre île à pied, vous allez forcément marcher sur un nid. »

Il est l’oiseau symbole des Halligen : l’huîtrier pie.
Il est l’oiseau symbole des Halligen : l’huîtrier pie. © Léo Bernard / RFI

L’ornithologue Elisabeth Kirchhoff souligne : « Cela ne semble peut-être pas grand-chose. Mais si l’on compare la superficie de ces minuscules îlots aux immenses étendues ailleurs en Europe, on se rend compte que les Halligen représentent une toute petite tête d’épingle, qui a pourtant une influence considérable ! »

« Ici, sur les Halligen, les huîtriers pies ont encore régulièrement un très bon taux de reproduction. Ils dépassent donc le seuil nécessaire au maintien de la population, poursuit l'ornithologue. Il y a des huîtriers pies qui couvent également sur le continent. Mais ceux-là n’ont souvent pas autant de succès avec la reproduction et ne parviennent plus à dépasser ce seuil. Du coup, les Halligen constituent une sorte de population source pour les oiseaux qui nichent sur le continent. »

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« La Hallig est comme morte. On n’entend plus aucun oiseau »

Depuis 50 ans, les habitants des Halligen comptent les oiseaux tous les quinze jours. Mais depuis une quinzaine d’années, certaines espèces voient leurs populations fortement diminuer. Parmi les multiples raisons : l’élévation du niveau de la mer due au changement climatique. Désormais, il arrive que la mer du Nord submerge ces petites îles plates et sans digues durant le printemps. Or, toutes les espèces d’oiseaux qui se reproduisent ici construisent leur nid à même le sol. Julian Winkelmann, responsable de la surveillance ornithologique sur la Hallig de Norderoog, décrit la scène : « Lorsque l’eau arrive, les oiseaux adultes s’agitent frénétiquement. Ils essaient d’éloigner leurs oisillons du danger en poussant des cris. Mais ils ne peuvent pas les prendre dans leur bec et s’envoler ailleurs. Beaucoup de nids sont détruits. Et des oisillons meurent, même encore un ou deux jours après la submersion. Parce que, comme leur plumage n’est pas encore imperméable, ils sont victimes d’hypothermie. »

L’ensemble des espèces d’oiseaux qui nichent sur les Halligen construisent leurs nids à même le sol, dans les prés salés.
L’ensemble des espèces d’oiseaux qui nichent sur les Halligen construisent leurs nids à même le sol, dans les prés salés. © Stefanie Schüler / RFI

Sur la Hallig de Ruth Kruse, une telle submersion a emporté une grande partie des nids au mois de juin. Elle confie, émue : « Et là, en pleine période de reproduction… la Hallig est comme morte. On n’entend plus aucun oiseau. Et ça, ça rend quand même… très triste. »

Si les autorités allemandes et l’Union européenne mènent différents programmes d’adaptation pour tenter de sauver les Halligen de la disparition face à la montée de la mer, c’est parce que ces dix petites îles occupent un rôle charnière pour de nombreuses espèces. Elisabeth Kirchhoff avertit : « Bon, on pourrait dire : "Peu importe ! Ça n’en vaut pas la peine. Laissons-les couler ! On ne les protège plus." Mais alors, on accepte que, tôt ou tard, les oiseaux aussi disparaîtront. »

Le chevalier gambette est l’une des espèces migratrices qui se reproduisent sur les Halligen.
Le chevalier gambette est l’une des espèces migratrices qui se reproduisent sur les Halligen. © Léo Bernard / RFI

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