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Embaucher les plus de 65 ans coûterait plus cher

Les modifications à la loi albertaine sur la santé inquiètent les employeurs parce que, si elles entrent en vigueur à l'automne, ceux-ci devront prendre en charge les prestations de santé de leurs employés âgés...

Les modifications à la loi albertaine sur la santé inquiètent les employeurs parce que, si elles entrent en vigueur à l'automne, ceux-ci devront prendre en charge les prestations de santé de leurs employés âgés de plus de 65 ans, plutôt que le gouvernement provincial. Ce dernier fait valoir qu’il ne doit pas rester le premier payeur en toutes circonstances.

La province indique que, en 2025-2026, elle a dépensé environ 1,1 milliard de dollars en prestations pharmaceutiques et complémentaires de santé pour plus de 843 000 Albertains âgés de 65 ans et plus.

En vertu de la loi actuelle, les employeurs peuvent mettre fin aux régimes d'avantages sociaux collectifs pour les salariés de cette catégorie d’âge; ils sont alors transférés vers le régime provincial d'assurance maladie.

Le nouveau texte de loi propose que les employeurs ne soient plus autorisés à faire cela et qu’ils prennent en charge eux-mêmes les coûts liés aux soins de santé de leurs employés sexagénaires.

Des produits pharmaceutiques sont exposés sur les rayons d'une pharmacie.

L'Alberta dit avoir dépensé, en 2025-2026, plus de 1 milliard de dollars en prestations de santé, y compris des médicaments pharmaceutiques, pour plus de 840 000 Albertains de plus de 65 ans.

Photo : La Presse canadienne

Un épouvantail pour les embaucheurs

Peter Hurd-Watler, un entrepreneur de Calgary qui accompagne les petites entreprises dans leur développement, affirme qu’il ne prenait pas en compte l’assurance maladie destinée aux travailleurs de 65 ans et plus dans le cadre du processus de recrutement.

Selon lui, avec la nouvelle loi, il sera alors obligé de prendre cet aspect en considération, ce qui, dit-il, aura des conséquences sur les décisions d’embauche de son entreprise.

Si une partie ou la totalité du régime d’assurance maladie devait incomber à l’employeur, cela augmenterait les coûts pour ce dernier, qui ne serait donc plus en mesure d’embaucher autant de gens ni de développer ses entreprises de la même manière.

Un homme vêtu d'une chemise blanche en dessous d'une veste grise regarde devant lui, l'air sérieux.

Peter Hurd-Watler craint que le nouveau texte de loi décourage les entreprises à embaucher des sexagénaires.

Photo : Radio-Canada / CBC

À en croire la compagnie d'assurance Hub International, le changement attendu en Alberta devrait entraîner une augmentation de 2 % à 5 % des demandes de remboursement de médicaments et de soins de santé pour les salariés en activité.

Hub International dit s’attendre également à ce que, lorsqu’une demande de remboursement est admissible à la fois au régime d’avantages sociaux d’entreprise et au régime public, la demande en question sera alors facturée en priorité au régime privé.

Kenneth MacDonald, vice-président associé de l’assureur, ne croit pas, par ailleurs, que la nouvelle politique que le gouvernement de Danielle Smith compte mettre en place suffirait à dissuader les entreprises de proposer des régimes d'avantages sociaux.

Alors que tous les types de coûts augmentent, il s'agit simplement d'une source de contrariété supplémentaire pour les employeurs.

Une femme portant des lunettes et une chemise rayée regarde devant elle.

Erin Strumpf, de l'Université McGill à Montréal, estime que, face aux changements à venir en Alberta, les employeurs pourraient être contraints de réduire le montant maximal des prestations qu'ils offrent à leurs salariés.

Photo : Radio-Canada / CBC

Erin Strumpf, professeure d’économie à l’Université McGill, à Montréal, abonde dans le même sens et avertit que cela pourrait donner lieu à une hausse des primes d’assurance et inciter les employeurs à devenir moins généreux en matière de couverture.

Elle croit également que, avec le vieillissement croissant de la population, la réforme de l’Alberta pourrait constituer un frein à l’embauche des 65 ans et plus, soit des personnes qui sont plus susceptibles de présenter un risque plus élevé d’événements médicaux coûteux et de besoins de soins de santé onéreux.

Les données de Statistique Canada montrent que, entre 2021 et 2025, en Alberta, la proportion de la population active chez les 65 ans et plus a oscillé entre 17 et 18 %.

Évoquant le projet du gouvernement de Danielle Smith, le Dr Danyaal Raza, médecin généraliste et professeur à l’Université de Toronto, l’a qualifié de précédent dangereux.

Craignant que cela n’inspire d’autres provinces, il appelle le gouvernement fédéral à agir, sinon, cela reviendrait à donner tacitement le feu vert à l’Alberta pour aller de l’avant avec ce projet.

Une dame devant un lutrin avec de l'équipement médicale autour d'elle.

Le ministère provincial des Services hospitaliers et chirurgicaux, que dirige Adriana LaGrange, estime que le changement est nécessaire. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Sam Brooks

La province défend la pertinence de sa réforme

Dans un communiqué, le ministère provincial des Services hospitaliers et chirurgicaux précise que la mesure vise à garantir que les travailleurs de plus de 65 ans conservent l’accès aux prestations de santé dont ils bénéficient actuellement dans le cadre de leur emploi.

Les régimes financés par l’État sont destinés à servir de filet de sécurité lorsqu’aucune autre couverture n’est disponible, et non à être le premier payeur lorsqu’une couverture financée par l’employeur ou une couverture privée existe déjà.

Le même texte de loi comprend une multitude d’autres changements dans le système de santé albertain, notamment un modèle de double exercice, soit le fait de permettre à des médecins de pratiquer à la fois dans le public et dans le privé.

D’après un texte (nouvelle fenêtre) de Lauren Battagello, avec les informations de Christine Birak et de Melanie Glanz