En Afrique du Sud, deux fusillades font au moins 27 morts
Par Le Nouvel Obs avec AFP Publié le 27 septembre 2026 à 13h25 Lecture : 3 min. Des habitants se tiennent derrière un ruban de la police, près du lieu où des hommes ar...
Par Le Nouvel Obs avec AFP
Publié le 27 septembre 2026 à 13h25
Lecture : 3 min.
Des habitants se tiennent derrière un ruban de la police, près du lieu où des hommes armés de fusils d’assaut ont fait une descente dans un bar de Johannesburg le 27 septembre 2026, y tuant 17 personnes. Une autre fusillade la même nuit, au Cap, a fait au moins 10 morts. L’Afrique du Sud a un taux d’homicide de 62 par jour, un des plus élevés du monde. EMMANUEL CROSET / AFP
Des hommes armés ont tué au moins 27 personnes lors de deux fusillades de masse dans les deux principales villes d’Afrique du Sud, a annoncé la police ce dimanche 27 septembre, dans un nouvel épisode de violence dans un pays gangréné par la criminalité.
La première attaque s’est produite vers 21h30 (même heure qu’en France métropolitaine) samedi, lorsque huit hommes armés de fusils d’assaut ont surgi dans un bar à l’ouest de Johannesburg et abattu 17 personnes, en blessant 15 autres.
Les suspects ont ouvert le feu sur des clients qui buvaient à l’extérieur, puis sont entrés dans l’établissement pour continuer à tirer, a indiqué la police.
Les victimes décédées sont 13 hommes et quatre femmes, ont précisé les forces de l’ordre, qui a ajouté que le motif de la fusillade reste inconnu et que les suspects avaient incendié deux véhicules avant de prendre la fuite.
Dans l’attaque de Johannesburg, « il semble que (les assaillants) aient fouillé certains clients, s’emparant de leurs téléphones portables avant de fuir à bord de deux voitures non identifiées », ont indiqué les forces de l’ordre, expliquant que le motif de la fusillade restait pour l’heure inconnu.
La police a « des images nettes » des suspects
Selon la police, une des victimes était recherchée en lien avec un incident survenu dans le même établissement le mois dernier, au cours duquel une personne avait été tuée et une autre blessée.
« Nous avons réussi à obtenir des images nettes des suspects et nous les attraperons », a déclaré sur place le commissaire de police provincial adjoint Fred Kekana, ajoutant que l’attaque semblait être un règlement de compte.
« Les criminels pensent que c’est une mode. Ils veulent en faire une chose à laquelle nous devrions nous habituer, mais on ne peut pas laisser passer ça ni le tolérer », a-t-il ajouté.
La fusillade a eu lieu dans un township semi-rural composé de maisons en briques et de petites entreprises, entouré de vastes étendues de terrain marquées par l’exploitation minière.
Massacre dans un établissement de nuit
La zone a également été au cœur d’une offensive du gouvernement contre l’extraction minière illégale, des soldats ayant été déployés aux côtés de la police pour s’attaquer aux réseaux criminels opérant autour de puits de mines abandonnés.
Dans un autre massacre survenu dans un établissement de nuit d’un township du Cap à Lwandle à 01h46 du matin, des hommes armés « ont tiré sur les clients » tôt ce dimanche. Dix personnes ont été exécutées et 11 autres blessées, a précisé la police sud-africaine.
Cinq des victimes ont été déclarées mortes sur place, tandis que les autres ont succombé à leurs blessures pendant leur transport à l’hôpital, ont détaillé les forces de l’ordre.
Aucun suspect n’a été arrêté dans l’une ou l’autre affaire, a indiqué la police.
Ces attaques surviennent dans une Afrique du Sud saturée d’armes à feu, détenues légalement et illégalement, et confrontée à une violence armée persistante, souvent liée à des rivalités entre gangs et à la concurrence dans le secteur informel.
60 meurtres par jour
Le pays d’environ 62 millions d’habitants enregistre en moyenne 60 meurtres par jour, l’un des taux les plus élevés au monde.
En mars, des soldats ont été déployés dans les zones les plus touchées par la violence à Johannesburg pour soutenir les efforts de la police contre une criminalité endémique, décrite par le président Cyril Ramaphosa, réélu en 2024, comme l’une des plus grandes menaces auxquelles le pays est confronté.
L’Afrique du Sud a à plusieurs reprises fait appel à l’armée en temps de crise, qu’il s’agisse de faire respecter les stricts confinements liés au Covid-19 en 2020 ou de déployer des troupes lors des émeutes meurtrières déclenchées par l’incarcération de l’ancien président Jacob Zuma en 2021. Les fusillades et autres crimes violents demeurent une menace constante.
Dix femmes tuées à Johannesburg
À Johannesburg, 10 femmes ont été tuées dans une même municipalité en deux mois, la dernière ayant été retrouvée samedi, semi-nue et lapidée à mort.
Un suspect a été placé en garde à vue, a indiqué la police. Les neuf autres victimes étaient pour la plupart âgées de 20 à 30 ans, certaines ayant été retrouvées dénudées et présentant des signes d’agression sexuelle.
La police a offert une récompense de 400 000 rands (21 500 euros) pour toute information conduisant à l’arrestation du ou des meurtriers. A l’approche d’élections locales prévues en novembre, Alliance démocratique, deuxième plus grand parti politique d’Afrique du Sud, a promis de plus que doubler la mise.
Par Le Nouvel Obs avec AFP