Emmanuel Grégoire, Grégory Doucet… plusieurs maires font front commun pour défendre l’encadrement des loyers avant le vote au Sénat
Réunis à Paris ce vendredi 11 septembre, plusieurs maires de grandes villes ont appelé à prolonger et améliorer l’encadrement des loyers, à l’approche de la fin de l’expérimentation prévue en novembre.
« L’encadrement des loyers est devenu essentiel à la lutte contre la crise du logement, il faut le prolonger. » Emmanuel Grégoire sait que le sprint final sera déterminant. Ce vendredi 11 septembre, le maire de la capitale (Parti socialiste) avait réuni à l’Hôtel de ville de Paris plusieurs élus, pour la plupart orientés à la gauche de l’échiquier politique, dont le maire de Lyon, Grégory Doucet (Les Écologistes), la maire de Grenoble, Laurence Ruffin (sans étiquette, mais proche des Écologiste), et le maire de Lille, Arnaud Deslandes (Parti socialiste). Tous ont affiché un front commun pour défendre le dispositif, à quelques semaines de l’examen au Sénat de la proposition de loi visant à le prolonger. L’urgence est d’autant plus grande que son expérimentation arrive à son terme en novembre prochain.
« Nous sommes venus partager notre expérience et les réussites permises par cette mesure, explique Grégory Doucet. Notre priorité est de protéger les habitants de nos communes et de leur permettre de continuer à se loger à des prix raisonnables. »
Vidéo
Prolonger, mais aussi corriger les failles du dispositif
Également présent, le député socialiste des Pyrénées-Atlantiques Iñaki Echaniz, à l’origine de la proposition de loi adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale en décembre 2025, se souvient que c’était, à ses débuts, un texte qui « soulevait beaucoup de polémiques, beaucoup d’opposition », mais qui a finalement fini par « faire l’unanimité dans la classe politique ». Un dispositif qu’il faut cependant encore « améliorer parce qu’il y a des failles, parce qu’il y a encore des difficultés ».
Lire aussi
Ces difficultés concernent notamment sa bonne application. Car au-delà de sa pérennisation, les élus réunis à l’Hôtel de Ville souhaitent aussi rendre le dispositif plus efficace. Le 3 septembre, la Fondation pour le logement pointait ainsi dans son baromètre que près de quatre annonces sur dix ne respectaient pas l’encadrement des loyers dans les villes concernées, notamment en raison de pratiques de contournement comme les compléments de loyer abusifs.
« On souhaite que la loi évolue et que, parmi les limites du dispositif actuel, on puisse en corriger certaines, comme les compléments de loyer abusifs, plaide Grégory Doucet. C’est un constat que l’on fait dans beaucoup de territoires, surtout après plusieurs années. Pour les villes qui s’y sont mises plus récemment, les mauvaises pratiques n’ont pas forcément encore eu le temps de s’enraciner. »
À l’épreuve du Sénat, les élus affichent leur confiance
Interrogés sur leur capacité à dégager une majorité sur ce texte, dans un Sénat dominé par la droite qui a pu se montrer hostile au dispositif par le passé, les élus présents se veulent confiants. « Sur la réglementation des meublés de tourisme (loi Le Meur de novembre 2024, ndlr), par exemple, la droite et l’extrême droite étaient au départ opposées au texte, avant de se raviser face à la mobilisation de la société civile, rappelle Iñaki Echaniz. Il a finalement été largement voté au Sénat et, aujourd’hui, de nombreux maires proactifs dans son application sont de droite et du centre. Les sénateurs sont parfois difficiles à convaincre, mais nous avons réussi à le faire sur les meublés de tourisme, je suis convaincu que nous y arriverons aussi sur la prolongation de l’encadrement des loyers. »
Lire aussi
Emmanuel Grégoire souligne à ce titre la présence à l’événement du jour d’Alain Lacassagne, adjoint à l’urbanisme de la mairie de Bayonne, ancrée au centre. Une preuve, selon lui, que le sujet dépasse désormais les clivages politiques et n’est plus l’apanage de la gauche.