“Elle ronflait encore” : Christa Pike survit à deux injections létales lors de son exécution dans le Tennessee
Elle devait devenir la première femme exécutée dans le Tennessee depuis plus de deux cents ans. Mercredi 30 septembre, après deux injections létales, Christa Pike respirait toujours et a dû être hospitalisée.
l'essentiel Elle devait devenir la première femme exécutée dans le Tennessee depuis plus de deux cents ans. Mercredi 30 septembre, après deux injections létales, Christa Pike respirait toujours et a dû être hospitalisée.
L'exécution devait être historique. Christa Pike, 50 ans, condamnée à mort pour un meurtre commis en 1995, a été hospitalisée mercredi septembre après avoir reçu deux injections létales dans sa prison du Tennessee. Selon ses avocats, près d'une heure et demie après le début de la procédure, la détenue respirait toujours et ronflait "bruyamment".
Seule femme dans le couloir de la mort de cet État du sud des États-Unis, Christa Pike, devait être la première femme exécutée depuis plus de 200 ans. Sa mise à mort par injection létale, initialement prévue à 10 heures, heure locale, avait pourtant été suspendue une heure plus tôt par une cour d'appel. Mais dans la soirée, la Cour suprême des États-Unis a annulé cette décision par six voix contre trois, sans donner de motif, permettant à la procédure de reprendre.
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Toujours consciente après la première injection
À 19 h 27, attachée sur une civière, Christa Pike a reçu une première dose de pentobarbital, mais celle-ci n'a pas eu l'effet attendu. La condamnée est restée consciente et a même relevé la tête pour demander aux responsables de la prison si l'état de son bras était normal.
Une deuxième dose de pentobarbital lui a ensuite été administrée à 20 h 26. Vingt-sept minutes plus tard, lorsque le micro permettant aux témoins d'entendre ce qui se passait dans la chambre a été coupé, Christa Pike ronflait. "Il semble que cela ne se soit pas déroulé comme prévu", a raconté John North, journaliste d'investigation pour la chaîne WBIR. "Quand nous avons quitté le bâtiment, pour autant que nous sachions, elle était probablement encore en vie", a-t-il ajouté.
La quinquagénaire a finalement été évacuée en ambulance vers un établissement hospitalier voisin. "Christa reçoit des soins dans un hôpital à proximité. Nous n'avons pas été informés de son état", ont indiqué ses avocats. Robin M. Maher, directrice générale du Centre d'information sur la peine de mort, a de son côté qualifié la situation de "singulière et sans précédent".
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"Veines rompues, pentobarbital dégradé"
Les avocats de Christa Pike dénoncent plusieurs défaillances au cours de la procédure. Dans un communiqué, ils font notamment état de "difficulté d'accès aux veines, veines rompues, pentobarbital dégradé, absence de soins médicaux d'urgence", le tout dans le cadre d'un protocole qui demeure, selon eux, "enveloppé de secret".
Ils ont déposé une requête d'urgence auprès de la Cour suprême des États-Unis afin d'obtenir la suspension immédiate de l'exécution, estimant que leur cliente subissait des souffrances inutiles et que son droit à ne pas subir de peine cruelle et inhabituelle était bafoué.
Un précédent avait déjà eu lieu quelques mois plus tôt dans le Tennessee. En mai, les autorités pénitentiaires n'étaient pas parvenues à exécuter Tony Carruthers, condamné pour l'enlèvement et le meurtre de trois personnes en 1994. Pendant plus d'une heure, l'équipe chargée de l'exécution avait tenté sans succès de lui poser une perfusion pour lui administrer du pentobarbital.