“Elle est condamnée parce qu’elle s’appelle D’Ettore” : après le scandale de la voyante, l’épouse de l’ex-maire d’Agde sanctionnée
Géraldine D’Ettore a été condamnée ce mercredi 9 septembre par le tribunal de Béziers à 90 jours-amende à 10 € pour outrage envers l’ancienne commissaire d’Agde. Poursuivie pour des messages malveillants après l'incarcération de son mari, l'ex-épouse de l'ancien maire envisage de faire appel.
Géraldine D’Ettore a été condamnée ce mercredi 9 septembre par le tribunal de Béziers à 90 jours-amende à 10 € pour outrage envers l’ancienne commissaire d’Agde. Poursuivie pour des messages malveillants après l'incarcération de son mari, l'ex-épouse de l'ancien maire envisage de faire appel.
Géraldine D’Ettore comparaissait ce mercredi 9 septembre devant le tribunal de Béziers pour des faits d’outrage à une personne dépositaire de l’autorité publique, à savoir l’ancienne commissaire d’Agde, mais aussi pour des appels malveillants. La représentante du ministère public a requis une peine de trois mois de prison assortie d’un sursis simple et 1 500 € d’amende.
Elle a été condamnée à 90 jours-amende à 10 € et 1 € de dommages pour la commissaire d’Agde.
"Condamnée parce qu’elle s’appelle D’Ettore"
"Je suis déçu, a insisté Me Jordan Dartier qui défendait Géraldine D’Ettore. Elle est condamnée parce qu’elle s’appelle D’Ettore. Cette décision est juridiquement contestable. Elle est convoquée pour des faits du 25 juillet 2024 le tribunal rectifie son erreur pour la condamner quand même. Je ne comprends pas. Par ailleurs, elle est condamnée au fond pour outrage, alors qu’elle ne s’est jamais adressée à la commissaire, mais à la personne privée. L’outrage n’était pas caractérisé. Le tribunal est allé en deçà des réquisitions du parquet. C’est bien, mais nous réfléchissons à faire appel."
Elle le dit elle-même et on le sent immédiatement, Géraldine D’Ettore n’était franchement pas à l’aise devant le tribunal. "Je suis humiliée d’être aujourd’hui devant vous. J’ai un profond respect pour les policiers et je ne me serais jamais permis d’envoyer quelque message que ce soit si je n’avais pas eu une relation particulière avec la commissaire d’Agde. Nous avions des rapports amicaux. Je me suis livrée et tout a dérapé sur l’affaire D’Ettore (L’affaire de la Voyante qui a conduit à la démission de l’ancien maire et à son emprisonnement en mars 2024, NDLR.) Je me suis sentie trahie, abandonnée après toutes ces confidences."
Sur son portable personnel
Parmi de très nombreuses personnes à Agde, Géraldine D’Ettore recevait des messages “de l’au-delà”. Elle a appelé la commissaire d’Agde pour savoir quoi faire. Cette dernière lui a conseillé de déposer plainte. De cette plainte sont nées des écoutes téléphoniques qui ont mis au jour l’affaire D’Ettore.
"Je ne considère pas ces messages outrageants. Je voulais discuter de tout ce qui se passait et je ne le peux pas aujourd’hui encore car elle n’est pas là. Je m’adressais à une amie. J’ai culpabilisé en lui faisant une entière confiance", explique encore Géraldine D’Ettore.
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"Un écran ne fait disparaître ni l’uniforme, ni l’autorité, insiste la représentante du ministère public. Vous avez envoyé ces messages car elle avait envoyé votre mari en prison. Vous ne l’avez pas supporté. L’outrage est là. Il n’y a pas de propos entre amies. Nous ne sommes pas dans une relation d’amitié. Vous outragez la patronne du commissariat et vos propos ne portent que sur l’affaire. L’infraction est caractérisée." Elle a requis trois mois de prison avec sursis.
"Ces réquisitions sont très violentes, insiste Me Dartier. Elles avaient toutes les deux une relation extraordinaire qui date de bien avant l’affaire. Elles échangeaient des messages très personnels sur le téléphone privé de la commissaire. Cette dernière lui racontait ses vacances, elle l’avait assuré la tenir au courant de l’avancée de l’affaire D’Ettore et tous les messages se terminaient par “Bises”. C’est très personnel. Elles se tutoyaient et c’est même la commissaire qui a rédigé la plainte de ma cliente. Ma cliente a l’impression d’avoir été utilisée, instrumentée. L’infraction n’est pas caractérisée." Il a plaidé la relaxe de sa cliente.