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« Elle avait été blacklistée par Jacques Médecin parce qu’elle avait soutenu Mitterrand en 81 » : les confidences de Jean-Michel, le frère de Marie-Paule Belle

Jean-Michel, l’un des deux frères de Marie-Paule Belle, morte ce samedi à l’âge de 80 ans, raconte pourquoi sa sœur a très peu donné de représentations à Nice, la ville de son enfance : « elle le regrettait ».

Jean-Michel, l’un des deux frères de Marie-Paule Belle, morte ce samedi à l’âge de 80 ans, raconte pourquoi sa sœur a très peu donné de représentations à Nice, la ville de son enfance : « elle le regrettait ».


E.G

Éric Galliano

Créé le 25 juillet 2026 • 18:09

Mis à jour le 25 juillet 2026 • 20:02


Marie-Paule Belle adolescente à Nice. Pianiste de formation, elle a appris seule à jouer de la guitare.
Marie-Paule Belle adolescente à Nice. Pianiste de formation, elle a appris seule à jouer de la guitare.
Photo Collection privée famille Belle/DR

Jean-Michel se souvient. « Ce devait être il y a deux ans », témoigne le frère de Marie-Paule Belle. La chanteuse qui vient de s’éteindre à l’âge de 80 ans était de retour à Nice. « Elle avait donné un récital à l’auditorium du conservatoire ». Une manifestation organisée par le conseil départemental et son adjoint à la culture d’alors, Auguste Vérola. L’occasion pour la plus azuréenne des Parisiennes de revenir sur les lieux de son enfance.

« Elle avait voulu que l’on passe devant notre ancien appartement. Notre père était médecin. Il s’était installé à Nice en 1946. Marie-Paule devait avoir 8 ans, se remémore celui qui est son cadet de 18 mois. Nous occupions un grand appartement au 22 avenue Clemenceau. » Et logiquement c’est à l’école Auber que la future vedette a suivi sa scolarité. « Si ce n’est qu’à l’époque c’était un établissement réservé aux filles », précise Jean-Michel qui retrace son parcours scolaire : « Le lycée Calmette jusqu’au baccalauréat, puis la faculté qui venait d’ouvrir à Nice dans ces années soixante. Marie-Paule y a fait sa psycho, du moins les trois premières années. Après il fallait partir. C’était soit Aix, soit Paris. Elle a choisi Paris pour pouvoir continuer à chanter tout en poursuivant ses études. »

Son dernier concert devait avoir lieu au Cannet en octobre

La suite on la connaît. Les cabarets de la capitale, L’Échelle de Jacob ou encore L’Écluse, et puis un radio-crochet de RMC qui la fera connaître dès 1969. L’année même de son arrivée dans la capitale. Lorsque Marie-Paule Belle revient à Nice dans les années soixante-dix c’est pour assurer la première partie de Serge Lama, avec qui elle nouera une fidèle amitié, ou pour ses propres concerts. Du moins jusqu’à ce que des considérations politiciennes ne l’éloignent de ses origines azuréennes.

« Ma sœur faisait plus de 300 dates par an en France. Elle a tourné partout, y compris à Menton, Cannes ou Cagnes… » Mais finalement peu à Nice où elle a pourtant grandi. « Elle avait été blacklistée par Jacques Médecin parce qu’elle avait soutenu Mitterrand en 1981 », rapporte son frère Jean-Michel, qui durant cinquante ans a tenu la librairie L’Escurial, rue Alphonse Karr à Nice. « Elle le regrettait », souffle-t-il. Même si Marie-Paule Belle avait gardé des liens avec la capitale azuréenne.

 La chanteuse, compositrice et pianiste Marie-Paule Belle, est décédée à l'âge de 80 ans ce samedi.
La chanteuse, compositrice et pianiste Marie-Paule Belle, est décédée à l'âge de 80 ans ce samedi.
COADIC GUIREC / BESTIMAGE

« Elle était encore en contact avec des amis de l’époque. De l’école ou de la faculté, mais aussi du club alpin français. Elle partait avec le CAF pour aller skier à Auron. Elle était très sociable et faisait partie de nombreuses associations. » La maladie avait fini par émousser cette énergie qui l’animait. « Elle avait moins ce désir sacré de monter sur scène. Elle nous avait annoncé qu’elle allait faire ses adieux, même si on ne voulait pas y croire. On lui disait tu reviendras, dans un an ou deux… Mais elle nous assurait que non. D’ailleurs elle avait intitulé son dernier récital “Au revoir et merci”. C’est assez prémonitoire… »

Après quinze jours au théâtre de Passy en mai dernier, Marie-Paule Belle avait encore une date prévue, le 4 octobre prochain, à la salle de la Palestre au Cannet. « Ce devait être son dernier concert », souffle Jean-Michel.



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