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Elections législatives en Israël, un durcissement des positions vers la droite

Nicolas Poincaré aborde aujourd'hui les élections législatives capitales en Israël.Et dans cette dernière ligne droite, on assiste à un durcissement des positions.Un durcissement des positions quasiment en sens...

Nicolas Poincaré aborde aujourd'hui les élections législatives capitales en Israël.

Et dans cette dernière ligne droite, on assiste à un durcissement des positions.
Un durcissement des positions quasiment en sens unique : vers la droite. Benjamin Netanyahu dirige déjà actuellement le gouvernement le plus à droite de l’histoire du pays. Mais il a réussi à encore polariser le débat. “C’est moi ou le chaos” dit il, ou plutôt, “c’est moi ou les Palestiniens”. Il accuse tous ses opposants d'être prêts à pactiser avec l'ennemi.
Pour espérer pouvoir garder son siège, Netanyahu devra de nouveau former une coalition avec l'extrême droite. Dont deux des leaders connaissent des fortunes différentes.
Bezalel Smotrich le ministre des finances, le défenseur absolu des colons de Cisjordanie est en recul. Son parti pourrait même n’avoir aucun élu.
Alors que l’autre grande figure de la droite dure, Itamar Ben Gvir, au contraire, semble prêt à ramasser la mise.
Ben Gvir, c’est le ministre de l’intérieur. L’homme qui en mai dernier s'était fait filmer, triomphant au milieu des militants européens de la flottille pour Gaza, tout juste arrêtés, menottés et agenouillés. C’est en raison de ces images d'humiliation qu’il est désormais interdit de séjour en France.
C’est lui aussi qui, en août dernier, avait suggéré que l'armée israélienne élimine 30 à 40 Palestiniens chaque nuit.
Ministre en charge des prisons, il se vante d’avoir réduit l'alimentation de prisonniers palestiniens au minimum du minimum.
Et aujourd’hui donc il est l'homme en vue...
Les sondages lui promettent 8% des voix et une dizaine de sièges à la Knesset. Ce qui pourrait lui permettre selon les résultats ou bien de peser lourd dans une future coalition, ou bien de devenir un des leaders de l’opposition. Il a fait campagne en présentant son plan pour vider Gaza. Il propose d’envoyer 250.000 gazaouis à l’étranger dès l’année prochaine, puis le reste de la population de Gaza, soit deux millions de personnes dans les six ans qui viennent. Il parle d’un plan pour une immigration “volontaire”, mais dont l’objectif final est bien de récupérer toute la bande de Gaza. Sans ses habitants.
Un autre nouveau parti très radical, dirigé par un ancien général, Ofer Winter, propose lui aussi d’organiser l'émigration “volontaire” de tous les Gazaouis. Et les sondages prévoient l'entrée de ce nouveau parti au parlement.
Ils ne sont pas les seuls à défendre des positions très dures sur Gaza.
En fait cela fait presque l’unanimité. Gadi Eizenkot, celui qui est présenté comme le futur vainqueur, le général anti Netanyahu, qui pourrait bien être le prochain premier ministre, est lui même un faucon. Ancien chef d'état major de l'armée, il défend une ligne dure à Gaza. Il prône un usage “disproportionné” de la force pour décourager les ennemis d'Israël.
Sur la colonisation en Cisjordanie il est plus critique et nuancé, mais sur Gaza il est sans pitié.
On pourrait dire la même chose de l’autre formation qui va peser à l’avenir. Le parti “Ensemble” crédité d’une quinzaine de sièges à la Knesset. Il est dirigé par deux anciens premiers ministres. L’un d’entre eux Naftali Bennet, est un ancien chef de cabinet de Netanyahu, très nationaliste, qui prône l’élimination complète du Hamas et l’occupation à long terme de la moitié au moins de la bande de gaza.
En réalité, la politique menée par Netanyahu à Gaza depuis trois ans, a peu fait débat dans cette campagne.
Seul le dernier représentant de la gauche Yaïr Golan reproche à Netanyahu de “sacrifier les civils palestiniens” et je cite, “de tuer des bébés”. Mais à part lui aucun candidat n’a voulu prendre le risque d'apparaître faible vis-à-vis du Hamas… Ce qui a donné cette campagne à droite toute”.