Éducation. Des promesses de revalorisation : les salaires des enseignants au cœur de toutes les attentions
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Des promesses de revalorisation : les salaires des enseignants au cœur de toutes les …
Le niveau de rémunération des enseignants reste au cœur des débats, entre critiques syndicales et promesses de revalorisation à l’approche de la présidentielle.
Delphine Bancaud -
Aujourd’hui à 20:00
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Les chiffres ont été largement commentés. Les enseignants gagnaient en moyenne 3 090 euros net en 2024 (+4,3 % en un an en tenant compte de l’inflation), selon une étude du service statistique du ministère de l’Éducation nationale (Depp) publiée fin août. Des données que les syndicats appellent à relativiser. D’abord parce que cette moyenne rassemble des profils très différents : professeurs agrégés, enseignants certifiés (titulaires du Capes) et professeurs des écoles. Elle mélange aussi des rémunérations correspondant à des moments très différents de la carrière. Or, l’âge moyen des enseignants est de 45 ans, ce qui contribue mécaniquement à tirer la moyenne vers le haut.
« Il serait plus intéressant d’observer le salaire médian qui serait alors beaucoup plus faible », souligne Julie Duhamel, secrétaire nationale du SE-Unsa. Autre élément à prendre en compte selon la syndicaliste : « Une partie de la rémunération observée dans la note de la Depp repose sur des heures et des missions supplémentaires. » Du travail en plus que les enseignants assument pour compléter leur rémunération. « Car pour nombre d’entre eux, le salaire de base n’est plus suffisant pour vivre correctement de son métier », estime-t-elle. D’autant que, comme l’explique Nicolas Wallet, secrétaire général de la FSU-SNUipp : « Depuis juillet 2023, aucune revalorisation du point d’indice [qui sert de référence au calcul des salaires des fonctionnaires, NDLR], n’a eu lieu alors que, selon la Banque de France, l’inflation cumulée sur la période est de 5,9 %. »
Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, dénonce quant à elle un « déclassement salarial des enseignants » : « Un professeur qui est cadre A de la fonction publique gagne 900 euros de moins que les autres cadres de la fonction publique. » Et les enseignants français sont toujours moins bien lotis que certains de leurs voisins : « En comparaison avec la moyenne des autres pays de l’OCDE, les enseignants français ayant 15 ans d’expérience sont rémunérés 17 % de moins dans le primaire et près de 14 % de moins dans le second degré », indique Matthieu Drouhin, secrétaire national du SE-Unsa.
Des promesses de candidats à la présidentielle
Alors que l’amélioration des salaires constitue l’un des leviers susceptibles de renforcer l’attractivité du métier, les deux anciens Premiers ministres engagés dans la course à l’Élysée, Gabriel Attal et Édouard Philippe, ont joué la surenchère sur le sujet la semaine dernière. Gabriel Attal souhaite « que le traitement des enseignants soit revalorisé de 200 euros net par mois, jusqu’à 500 euros net pour les milieux de carrière », a-t-il déclaré au Monde. Édouard Philippe propose, lui, « une augmentation de 20 % de la rémunération moyenne des enseignants » au cours du prochain quinquennat, dans un entretien au Figaro. De son côté, Raphaël Glucksmann, candidat à la primaire organisée par le PS et son mouvement, Place publique, propose d’augmenter le salaire des enseignants d’au moins 10 %, a-t-il affirmé dimanche. La hausse pourra « monter jusqu’à 25 % », par exemple « pour un enseignant en milieu de carrière dans le primaire », a-t-il ajouté. La mesure coûterait six milliards d’euros, a-t-il estimé.
Dans un rapport publié ce lundi, le Haut-commissariat à la stratégie et au plan préconise aussi de profiter de la baisse démographique pour réduire la taille des classes et revaloriser les salaires des enseignants. La semaine dernière, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a reconnu lui que des efforts devaient encore être faits sur le sujet. « Il y a un chantier majeur, c’est la rémunération de la première moitié de carrière. Car la rémunération des professeurs progresse assez peu pendant les 25 premières années et régulièrement et sensiblement ensuite », a-t-il déclaré dans une interview accordée au groupe EBRA (dont fait partie notre journal) et à huit autres titres de la presse régionale. Un chantier qui reviendra à son successeur. En attendant, les syndicats s’inquiètent notamment des moyens qui seront consacrés au Pacte (dispositif mis en place en 2023 prévoyant une rémunération supplémentaire en échange de mission en plus) pour l’année 2026-2027.