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Éducation. Commettre des fautes d’orthographe coûtera désormais (au moins) deux points au brevet et au bac

Un « minimum de deux points » sera attribué à la maîtrise du français lors de la correction des prochaines épreuves écrites du brevet et du baccalauréat général et technologique, dans toutes les disciplines, se...

Un « minimum de deux points » sera attribué à la maîtrise du français lors de la correction des prochaines épreuves écrites du brevet et du baccalauréat général et technologique, dans toutes les disciplines, selon les textes officiels et une grille d'évaluation publiés jeudi. « Grosso modo, si un élève a une mauvaise expression, il perdra d'office deux points quelle que soit la matière, y compris en mathématiques par exemple », a résumé le ministre Édouard Geffray dans un entretien au Figaro.

Une note de service, publiée au bulletin officiel spécial, fixe qu'« un minimum de deux points est accordé à la maîtrise de la langue dans chacune des épreuves », qui seront « dédiés à la maîtrise des normes orthographiques et syntaxiques ainsi qu'à la capacité à formuler clairement un raisonnement et à utiliser un vocabulaire juste et adapté ». Pour les épreuves « dont la dimension rédactionnelle est majeure », une copie « défaillante sur la plupart des aspects relatifs à la maîtrise de la langue ne peut avoir la moyenne ».

Une grille allant de « très insuffisant » (erreurs d'orthographe très fréquentes, lexique très pauvre) à « très satisfaisant » (erreurs rares, lexique riche) est annexée et commune à toutes les disciplines. Les deux points seront répartis par les correcteurs en fonction de cette grille, précise le ministère de l'Éducation.

« Faire davantage rédiger les candidats »

Depuis plusieurs mois, le ministre insiste sur l'importance de la maîtrise de la syntaxe, de la grammaire et de l'orthographe pour les élèves. Il avait annoncé début mai, à quelques semaines seulement des épreuves du baccalauréat et du brevet, vouloir une notation plus sévère prenant en compte le niveau de français, dans toutes les matières. Mais le tour de vis annoncé n'a quasiment rien changé aux pratiques de notation. Les textes du ministère enjoignent donc les professeurs à « préparer », « tout au long de l'année », les élèves « aux exigences de la maîtrise de la langue aux examens », « ce qui suppose de faire davantage rédiger les candidats en limitant le recours à des exercices de type “QCM” ou à des consignes de type “réponse courte” ».

Pour le premier syndicat des enseignants du collège et lycée, ces textes s'apparentent à d'un « coup de com' qui repose sur de la mauvaise foi, laissant entendre que les collègues étaient d'un laxisme coupable ». « L'essentiel pour faire progresser les élèves est ailleurs que dans la sanction de deux points à un examen, il faut se donner les moyens et le temps de travailler dans la durée pour faire progresser les élèves », a estimé la secrétaire générale du Snes-FSU, Sophie Vénétitay. Selon elle, « les grilles sont descriptives et ouvrent la porte à de véritables usines à gaz : comment les traduire concrètement ? Elles sont donc inopérantes ».

Des « sujets de référence » pour le brevet doivent par ailleurs être publiés « dans les prochains jours », selon Édouard Geffray. « Tout le monde a pu constater l'an dernier que les sujets de brevet étaient de plus en plus simples [...] L'objectif est que tous les professeurs commencent leur année en pouvant dire à leurs élèves : “Non, ce n'est pas moi qui suis trop exigeant. Ça, c'est le standard de l’épreuve” », assure-t-il au Figaro.