Edito. Les ados plus doués pour communiquer avec les dauphins que pour résoudre une règle de trois
Le dernier classement Pisa confirme la baisse du niveau scolaire des ados, déclenchant l’habituel ballet de réformes miracles de la classe politique. L’omniprésence des écrans et des réseaux sociaux est évidemment pointée du doigt...
Le dernier classement Pisa confirme la baisse du niveau scolaire des ados, déclenchant l’habituel ballet de réformes miracles de la classe politique. L’omniprésence des écrans et des réseaux sociaux est évidemment pointée du doigt...
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G.AU
Guillaume Aubertin
Créé le 11 septembre 2026 • 18:35
Mis à jour le 11 septembre 2026 • 18:35
Emma BUONCRISTIANI / PHOTOPQR/LE BIEN PUBLIC/MAXPPP
C’est officiel. Les jeunes de 15 ans ont l’air plus doués pour communiquer avec les dauphins ou en abréviations que pour résoudre une règle de trois. C’est ce que nous apprend cette semaine le classement Pisa, conçu par l’OCDE (1) pour évaluer les compétences des adolescents à travers le monde. Au-delà des chiffres, le premier enseignement à tirer de ce palmarès reste notre capacité collective à vouloir tout réformer à la moindre mauvaise note. Les plus chauvins s’émeuvent de voir la France figurer au 27e rang du classement, très loin derrière la Chine, Singapour et Macao qui squattent le podium.
À sept mois des présidentielles, l’étude a évidemment fait bondir la classe politique, qui ne rate jamais une occasion de jouer, elle aussi, au professeur, chacun y allant de sa petite proposition pour relever le niveau scolaire. Bien sûr que l’Éducation nationale manque de moyens. Mais de là à penser, comme Bruno Le Maire, qu’on peut inverser la tendance en commençant l’école à un an ? (et pourquoi pas in utero ?) Ou qu’il faudrait simplement doubler le salaire des enseignants et climatiser tous les établissements scolaires pour produire des petits génies à la chaîne ? L’affaire est bien plus complexe, l’équation hautement plus subtile.
Si le niveau mondial baisse, expliquent les auteurs de l’étude, c’est en partie à cause des effets du Covid ou de l’irruption de l’IA qui a bouleversé les méthodes de travail des jeunes. Mais cette érosion intellectuelle coïncide surtout avec l’explosion du temps passé sur les smartphones et les réseaux sociaux, le tout conjugué à l’effondrement de la lecture. Est enfin pointée du doigt la démission des parents, sans doute trop accaparés, eux aussi, par leurs écrans à l’heure des devoirs à la maison.
Les nations qui caracolent en tête du classement ne sont pourtant pas des communautés Amish coupées du monde numérique. Au niveau européen, on retrouve par exemple l’Estonie (6e), dont le modèle est souvent cité en exemple et dont on ferait peut-être bien de s’inspirer. Là-bas, les écoles bénéficient d’une plus grande autonomie. Il existe un programme national, comme chez nous. Mais celui-ci sert uniquement de base aux professeurs qui ont toute la liberté pour s’adapter aux besoins de leurs élèves. Tandis que la France compte près de 2 500 inspecteurs de l’Éducation nationale, l’Estonie arrive à s’en passer. Comme quoi, mieux vaut parfois sortir d’un cadre trop strict et avoir recours à un minimum d’innovation. Surtout en matière de pédagogie.
1. Organisation de coopération et de développement économiques.
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