Économie. Volkswagen confirme envisager jusqu’à 100 000 suppressions d’emplois dans le monde
Le PDG de Volkswagen, Oliver Blume, a déclaré lundi à ses employés que 50.000 emplois supplémentaires pourraient être supprimés au sein du géant automobile, selon une note interne, confirmant des informations p...
Le PDG de Volkswagen, Oliver Blume, a déclaré lundi à ses employés que 50.000 emplois supplémentaires pourraient être supprimés au sein du géant automobile, selon une note interne, confirmant des informations parues précédemment dans la presse allemande.
« La prochaine étape consiste à ramener nos frais généraux à un niveau compétitif », avance M. Blume. « Comme la moitié de nos frais généraux provient des coûts de personnel, un calcul théorique, en supposant que les coûts de main-d'œuvre restent inchangés, aboutirait à la suppression d'environ 50.000 emplois dans le monde », a-t-il ajouté, cité dans le document. Cela confirme les craintes du puissant syndicat IG Metall, qui a organisé la semaine dernière des manifestations à la suite d'informations parues dans la presse selon lesquelles le plus grand constructeur automobile européen pourrait supprimer 100.000 emplois – au lieu des 50.000 convenus précédemment – et fermer quatre usines allemandes.
Le syndicat IG Metall a organisé des manifestations la semaine dernière face aux annonces. Photo Sipa/Jan Woitas
Des « solutions intelligentes »
Dans cette note, M. Blume a déclaré vouloir souligner que des « solutions intelligentes » étaient préférables à la fermeture d'usines, mais a ajouté que l'avenir de ces quatre sites ne pouvait être garanti. « La vérité est également qu'en l’état actuel des choses, nous ne pouvons pas confirmer que les usines d'Emden, Hanovre, Zwickau et Neckarsulm seront en mesure de fonctionner de manière compétitive jusque dans les années 2030 », a-t-il déclaré.
Le plus grand constructeur automobile européen subit une pression intense due aux droits de douane américains, à la baisse des marges bénéficiaires sur les voitures électriques et, surtout, à la concurrence acharnée en Chine, le plus grand marché automobile mondial, dont les exportations vers l'Europe ne cessent de croître. La direction du groupe, qui englobe dix marques dont Volkswagen, SEAT, Audi et Porsche, et les représentants du personnel se sont réunis jeudi pour évoquer les plans de réduction des coûts, sans annoncer de décision formelle dans l'immédiat.
Milliers de manifestants
La direction du groupe et les représentants du personnel se sont réunis jeudi pour évoquer les plans de réduction des coûts, sans annoncer de décision formelle dans l'immédiat. Selon des informations dans l'entourage du groupe, M. Blume n'est pas parvenu à obtenir une majorité au conseil de surveillance pour son projet baptisé « Group Target Picture ».
Le même jour, des milliers de salariés ont manifesté devant les usines du groupe pour protester contre les plans d'économie que le syndicat IG Metall qualifie de « brutaux ». « Celui qui s'en prend aux salariés et à la codécision prend le risque de déclencher un conflit (social) majeur », avait déclaré Thorsten Gröger, négociateur d'IG Metall, devant les portes du site historique de l'entreprise à Wolfsburg. Le syndicat avait notamment fustigé la méthode consistant à laisser circuler sans commentaire des informations dans la presse faisant état de suppressions massives d'emplois, et exigé que le PDG prenne publiquement position.
Dans la note de service publiée lundi, M. Blume a affirmé à ses employés que ces fuites dans les médias n'étaient pas prévues et qu'il s'en trouvait « personnellement agacé ». « La divulgation de telles informations confidentielles et sensibles déstabilise non seulement notre personnel, mais elle nuit également à l’entreprise », a-t-il ajouté