Économie. « Tony Parker n’écoute que son intuition » : pourquoi son image d’entrepreneur est écornée
Il est de la trempe de ceux qui ne lâchent jamais rien. Sans doute Tony Parker, 44 ans, tient-il cette pugnacité très américaine de son père, Tony Parker Senior, né à Chicago. "Win or lose ? Win of course !" Tr...
Il est de la trempe de ceux qui ne lâchent jamais rien. Sans doute Tony Parker, 44 ans, tient-il cette pugnacité très américaine de son père, Tony Parker Senior, né à Chicago. "Win or lose ? Win of course !" Très tôt, "TP" a grandi avec cette valeur en bandoulière : "never give up" ["ne jamais abandonner", NDLR]. Elle l’aura emmené sur le toit du monde avec San Antonio. Chapeau l’artiste. Respect. Mais comme l’homme n’a jamais été rassasié, il n’est jamais passé par la case "repos". Dès 2009, il entrait dans le capital de l’Asvel, le club de basket-ball situé à Villeurbanne. Cinq ans et demi plus tard, il en devenait son président-propriétaire.
Né sous une bonne étoile (il aurait gagné environ 300 millions de dollars durant sa carrière), il ne mit pas longtemps avant de connaître, là aussi, le succès. Dix trophées en neuf ans. Chapeau président. Respect. Mais la route du business n’est pas rectiligne. Et, aujourd’hui, l’image du président-entrepreneur Tony Parker est bien moins reluisante que celle du génial joueur qu’il fut.
Un joueur de poker
Alors, certes, il a fait bouger les lignes. « Tony est un fonceur. Mais, quand on fonce, il y a souvent de la casse… », souligne un fin connaisseur du personnage. « C’est comme ça qu’il a construit sa carrière, en voulant faire mentir tout le monde. Il est resté dans ce mécanisme. Il joue un jeu psychologique avec vous, fait en sorte que, si vous voulez rester dans son cercle, il faut agir pour ne pas le décevoir », ajoute un autre membre de la famille "basket".
« Le mot qui lui colle parfaitement est "insaisissable". Il a une confiance absolue en lui. Écoute plus son instinct que quiconque. Tony est un joueur de poker ». Un entrepreneur lyonnais confirme. « Il n’écoute que son intuition et les chefs d’entreprises lyonnais qui le connaissent me disent qu’ils ne le comprennent pas. Ce n’est pas parce qu’on a été un immense champion que l’on devient un grand entrepreneur. Comme ce n’est pas parce qu’on a été un grand chef d’entreprise qu’on réussit en politique ». Un milieu où, là encore, on s’interroge. « Il s’est engagé sur des partenariats douteux et, à Lyon, son image est écornée ». Les épisodes "Smart Good Things", "Skweek" et, cet été, d’un « fonds » malaisien [trois partenaires de l'Asvel qui n'ont pas pu tenir leurs promesses financières, NDLR] sont passés par là. Comme l’abandon du vert historique ou la présence de "TP" à la finale de la Ligue des champions de football à Budapest avec un maillot du PSG sur le dos… pendant le match 3 du quart de finale contre Cholet.
Bientôt la vente de l’Asvel ?
« C’est un scandale. La déception est à la hauteur des espérances que Tony Parker avait suscitées », lance cet historique du basket lyonnais. Une image détériorée alors qu’elle est intacte auprès de la NBA (la ligue professionnelle nord-américaine de basket-ball) et de la Fiba (la Fédération internationale de basket-ball) ? « Il s’en moque ! Il a vécu toute sa vie avec des gens qui parlaient sur lui. Il a un instinct de survie qui ne le quitte jamais. Et s’il arrive à faire entrer l’Asvel en NBA Europe on ne pourra que reconnaître qu’il a eu raison » avance un interlocuteur, bluffé par la résilience de "TP". Plus que jamais déterminé après un été qui a vu son club baisser son budget de 60% (de 59 millions d’euros – le plus gros jamais présenté à Villeurbanne – à 24).
« Nous avons bien su rebondir », glisse-t-il du haut de sa double culture. En espérant certainement bientôt annoncer la vente de l’Asvel (les frères Buss, anciens propriétaires des Los Angeles Lakers, très intéressés, étaient à Lyon le 12 août selon nos informations), qu’il avait achetée deux millions d’euros et qui serait estimée « entre 60 et 100 millions » sur la route de la NBA Europe. Et signer un nouveau coup de génie à la hauteur de ceux qui firent sa gloire avec San Antonio ?