Économie. Les entreprises face à la fraude avec l’IA : « Il y a une nécessaire prise de conscience »
Pour les experts-comptables, les fraudes générées par l’intelligence artificielle sont un sujet de préoccupation qui ne date pas d’aujourd’hui. La prise de conscience est cependant nécessaire.
Pour les experts-comptables, les fraudes générées par l’intelligence artificielle sont un sujet de préoccupation qui ne date pas d’aujourd’hui. La prise de conscience est cependant nécessaire.
B.I. et H.B. -
Aujourd’hui à 07:05
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« L’intelligence artificielle et son potentiel de production de faux documents, nécessite de notre part à tous une véritable prise de conscience », affirme Damien Charrier, président du Conseil national de l’Ordre des experts-comptables. Pour ces professionnels en charge de l’émission de documents financiers servant de base à l’imposition des sociétés et aux cotisations sociales, l’enjeu est crucial.
L’ampleur de la fraude IA dans les entreprises n’est pour l’instant pas encore quantifiable mais « à titre de comparaison près de 200 millions d’euros de fraudes à MaPrimRenov’ ont été détectés en 2025 par les agents de la DGFIP (contrôleurs du fisc) et nous-même… alors si on n’y prend pas garde avec l’IA… », s’inquiète Damien Charrier.
Plusieurs outils de contrôles mais les entreprises mal préparées
Pour les experts-comptables, il existe aujourd’hui plusieurs outils (comme l’identité numérique via Expert ID par exemple) pour s’assurer de l’authenticité d’un document ou d’une note de frais auquel « plus de la moitié des entreprises qui mandatent un expert-comptable font aujourd’hui appel », indique Damien Charrier. Le baromètre d’Allianz Trade(1) révèle, lui, que les entreprises sont plutôt mal préparées, surtout de manière « très hétérogène » en fonction de leur taille, selon le responsable assurance fraude. Il explique que souvent, « ces enjeux restent encore secondaires ». Si les entreprises ont commencé à mettre en place des outils de prévention de la fraude, elles doivent continuer d’insister sur les formations internes, ajoute Ilan Daian. Concernant les notes de frais, l’étude de Perk(2) pointe que la France est un peu plus touchée par ce type de fraude que certains pays, comme ceux anglo-saxons par exemple, du fait du manque de développement des systèmes de contrôle.
La mise en place de l’émission facturation électronique - et par conséquent le contrôle en direct de l’authenticité du document et de la bonne application de la TVA - au 1er septembre prochain pour les entreprises de taille intermédiaire et les grandes entreprises pourrait résoudre une bonne partie du problème, selon le président des experts-comptables. « Ne serait-ce qu’en développant les bonnes pratiques, les bons réflexes et en se disant que Intelligence artificielle ou pas, il sera plus difficile de tricher », se rassure Damien Charrier.
(1) Étude d’Allianz Trade réalisée avec Odoxa auprès d’un échantillon de 315 entreprises françaises et plus de 530 salariés, entre le 22 avril et le 4 mai 2026.
(2) Étude commandée par Perk à Censuswide et menée auprès de 1 000 salariés en France se déplaçant pour le travail au moins deux fois par an, entre le 15 et le 28 avril 2026.